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MARTES, 7 DE MARZO DE 2017

Liberté pour Santiago, prisonnier injuste de San Sebastian Bachajon; Chiapas

Trad @ Carolita
Santiago
Liberté pour Santiago, prisonnier injuste de Bachajón
Aux Adhérents de la Sexta de l’Ejido San Sebastián Bachajón
À l’Armée zapatiste de Libération Nationale EZLN
Aux Assemblées de Bon Gouvernement
Au Congrès National Indigène CNI
À la Sexta
Aux médias Libres, autonomes et alternatifs
À celles et ceux qui luttent depuis en bas et à gauche
Depuis le Groupe de Travail No Estamos Todxs nous élevons la voix pour notre compañero de lutte Santiago Moreno Pérez, indigène Tzeltal de 55 ans, prisonnier dans le CERESO Nº17 de Playas de Catazajá, originaire de la Communauté La Pimienta, municipalité de Chilón, membre de l’organisation de l’Ejido de San Sebastián Bachajón, Adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandona de l’EZLN, qui reste séquestré derrières les murs depuis plus de 8 ans par le système pourri et corrompu de justice mexicain.
Arrêté en Février 2009, le compañero Santiago avait un poste dans l’organisation comme conseiller de la surveillance autonome et il comptait plus de 10 ans en marchant dans l’organisation et en résistant en défense de la terre et du territoire de l’ejido contre les mégaprojets que le mauvais gouvernement veut imposer dans la région. La nuit des faits, ils ont été signalés et accusés, aussi bien lui que son fils Sebastián, par un groupe de partisans appartenant au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), comme responsables de la mort d’une personne de la Pimienta. Les partisans de la communauté se sont assemblés pour le lyncher, mais sa mort a été évitée en le remettant à la prison en échange de lui enlever toutes ses propriétés.

Les derniers mois ont été spécialement durs pour le compañero Santiago, en décembre dernier nous avons reçu avec tristesse la nouvelle du décès de son épouse, la situation qui est déjà d’une dureté extrême pour le compañero emprisonné de ne pas pouvoir être auprès d’elle ni d’embrasser sa famille dans ces moments-là, additionné à la difficulté qu’il supporte ne pas pouvoir réaliser le deuil implicite des adieux.
De plus nous partageons le souci pour la situation d’orphelinat obligatoire que la société carcérale impose à ses enfants, en les éloignant d’eux de façon totalement injuste et arbitraire, puisqu’eux aussi ont des ordres d’ appréhension en suspens à exécuter pour le même délit qui a condamné leur papa.
Nous savons que la prison punit non seulement derrière les barreaux, et le châtiment s’étend également aux familles, aux amis et aux compañeros et compañeras de l’organisation. En ce sens, Santiago a sollicité un déplacement dans la prison d’Ocosingo pour faciliter les visites de sa compañera sans pour autant occasionner une dépense économique. Le déplacement a été autorisé, mais il n’a jamais été effectué de la part de l’Institution Pénitentiaire. Dans ce contexte la dernière conversation s’est produite entre eux.
D’un autre côté, aussi bien l’incarcération que la situation personnelle et familiale, et tout ce que cela supporte, provoque des séquelles sur la santé physique et psychologique de notre comp@ Santiago. Derrière les murs on refuse aux prisonniers l’attention et l’accès à la santé physique et psychologique, cependant et malgré les barrières et le contrôle résigné, nous réussissons à accompagner et à soutenir Santiago dans ce sens.
Le processus juridique de notre comp@ Santiago est plein d’irrégularités. Depuis que sa sentence a été prononcée et recourue en 2009, se sont succédés les rapports de prison formelle de la part du Juge de première instance du Ramo Pénal du District de Catazajá. Pour chaque rapport contre la liberté de notre compañero, la protection correspondante a été acceptée en exigeant le remplacement d’un jugement avec des garanties.
L’une des irrégularités les plus graves dont Santiago a été victime au début du processus juridique a consisté en ce qu’on lui adjugé un traducteur qui avait des liens familiaux avec les plaignants qui l’ont signalé comme auteur du crime. Les prisons du Chiapas sont remplies d’indigènes et de pauvres qui, pour ne pas parler castillan et pour ne pas avoir d’argent pour couvrir les frais d’un avocat de confiance n’ont pas eu d’accès au processus dû et ont été obligés à travers des tortures et des tromperies de signer des déclarations auto-accusatrices. Le cas de Santiago est l’un d’eux, avec la circonstance aggravante qu’il existe des motifs clairement politiques de l’enfermer.
Ce prochain 3 Mars 2017 , à 10 heures dans le Tribunal de Playas de Catazajá, est fixée l’application à travers laquelle on procédera à l’interrogatoire de Melchorio Pérez Gómez qui a fait office de traducteur dans le procès contre notre compañero Santiago Moreno Pérez.
C’est pour ce motif que nous faisons appel pour faire le bouche à oreille, pour soutenir et que chacun depuis depuis son retranchement appuie notre comp@ Santiago Moreno Pérez, prisonnier injuste dans le CERESO Nº17 de Playas de Catazajá, pour défendre une vie digne dans la rébellion, pour l’autonomie de son peuple et pour résister et lutter pour un avenir pour tous(toutes).
Encore une fois, la répression, la mort, le châtiment et les murs de la prison servent d’outil pour casser le tissu social organisant un peuple qui se refuse à remettre ses terres, et avec ceux-ci son mode de vie, pour un projet touristique d’élite destiné à la jouissance supposée de certains.
Nous nous permettons de ne pas nous tromper, nous ne les trompons pas. Le délit de notre compañero a été, et il est, de défendre la vie face à ceux qui l’arrachent pour construire des trains (trenecitos), des hôtels de luxe et des terrains de golf sur une terre qui est source de vie, d’alimentation et d’histoire du peuple. Le délit pour lequel actuellement trois compañeros de Bajachón (Santiago Moreno Pérez, Emilio Jimenez Gómez et Esteban Gómez Jimenez) sont emprisonnés ainsi que deux compañeros (Juan Vázquez Guzmán et Juan Carlos Gómez Silvano) ont été assassinés.
Avec lui, avec ceux-ci, et avec beaucoup d’autres, nous partageons la digne rage qui nous couvre toutes et tous, la même lutte, l’engagement qui nous unit comme compañerxs, l’injustice à laquelle nous nous affrontons, le rejet de l’institution pénitentiaire comme forme de contrôle, de ségrégation raciale, de contrainte, d’atomisation, de destruction des tissus sociaux et familiaux, de mort.
Le compañero Santiago Moreno Pérez n’est pas seul, ici nous suivons, à côté de lui.
Nos compañeros prisonniers de Bachajón ne sont pas seuls, ici nous suivons à côté d’eux.
A BAS LES MURS DE TOUTES LES PRISONS
Le 1 er Mars 2017 San Cristobal de las Casas
Groupe de Travail No Estamos Todxs

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Des ejidatarios de Bachajón s’unissent avec 15 autres communautés pour arrêter une bande criminelle

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Communiqué de l’ejido San Sebastián Bachajón

Mardi 14 juin 2016

EJIDO SAN SEBASTIAN BACHAJON ADHÉRENTS À LA SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONA. CHIAPAS, MEXIQUE.

À l’EZLN
À la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandona
Au CNI
Aux médias libres
Aux défenseurs et défenseuses des droits de l’homme
À la société civile nationale et internationale.

Comp@s, nous voulons vous faire connaître la situation qui est vécue sur notre territoire, car ceci est un exemple clair de ce qui nous a affecté par le passé dans des situations similaires.

La nuit du Dimanche 12 juin, sur le tronçon carrossable de la Municipalité de Tumbalá, dans la zone nord du Chiapas, un groupe de prés de 10 personnes ont assailli et ont assassiné un jeune paysan de 22 ans, nommé Medardo Astudillo Arcos, de la communauté de Cuctiepa.

Les communautés Ch’oles et Tseltales de la région, informés qu’il n’y aura pas de justice de la part de l’état, à cause de la complicité des forces policières avec le mauvais gouvernement et la délinquance, nous décidons de nous organiser en une forme autonome et nous mobilisons environ 800 hommes pour la poursuite et la capture de la bande criminelle, qui grâce aux témoins qui se trouvaient dans la zone ont pu être identifiés comme Miguel Pérez Cruz, Antonio Pérez Cruz, Medardo Pérez Cruz, entre autres, et il y a eu des confessions de ce que le seul responsable a été Mariano Silvano Gómez.

L’opération a été réalisée par 15 communautés de différentes municipalités, entre lesquelles nous nous trouvions la municipalité de Bachajon, adhérents à la 6ta. La déclaration de la Forêt Lacandona que nous avons vue comme nécessaire pour nous unir face à la délinquance organisée, pour éviter que le mauvais gouvernement utilise ce type de situations et la présente à la société civile, avec l’aide des moyens massifs de communication, comme un résultat de l’insécurité régnante et de la division entre des peuples autochtones, en plaidant pour l’intervention policière et militaire dans les territoires qui se trouvent au centres des intérêts gouvernementaux.

D’autre part, nous dénonçons qu’à cause de ces intérêts, le mauvais gouvernement en complicité avec les forces policières de la région, a utilisé des conflits similaires pour inculper des membres de l’organisation indigène de Bachajón, en les arrêtant injustement, comme c’est le cas d’Emilio Jiménez Gómez et d’Esteban Gómez Jiménez.

L’intervention organisée des communautés Ch’oles et Tseltales pour arrêter les criminels, en se servant des usages et des coutumes et des manières des polices communautaires, est un exemple de justice autonome qui ne résout pas seulement les nécessités de sécurité de la région, mais aussi celles du tourisme, qui transite chaque jour sur ces routes en direction de destinations comme Agua Azul, Palenque et la péninsule yucatèque.

Comp@s, nous continuerons de vous maintenir informés sur la situation.

Plus jamais un Mexique sans nous !

¡Zapata vive!

¡Hasta la victoria siempre!

Liberté pour les prisonniers politiques !

¡Juan Vázquez guzmán vive, la lucha de Bachajón continue!

¡Juan Carlos Gómez Silvano vive, la lucha de Bachajón continue!

¡Plus de spoliation des terres indigènes !

¡ La police d’état hors de notre territoire !

¡ Présentation immédiate des compagnons disparus et assassinés de l’école normale Rául Isidro Burgos d’Ayotzinapa !

¡ Vive la digne lutte des compañeros et compañeras Choles de l’ejido Tila!

¡ Vive la digne lutte des compañeros et compañeras de San Francisco Xochicuautla!

¡ Vivent les peuples en lutte pour leur autonomie et la liberté !

¡ JUSTICE POUR AYOTZINAPA, ACTEAL, ABC, ATENCO !
EJIDO SAN SEBASTIAN BACHAJON, ADHERENTS A LA SIXIEME DECLARATION DE LA FORET LACANDONA.

 

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Prisonniers de San Sebastian Bachajón -Chiapas

 

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Les compagnons et compagnes de Bachajón vivent dans la région située au nord de l’État du Chiapas, une région riche en ressources naturelles. Ils luttent pour la défense de leur terre et de leur territoire dont le gouvernement essaie de les spolier pour réaliser ses projets de mort (MegaProjets).

Durant toutes ces dernières années, les compagnons et compagnes de Bachajón ont résisté à la vague d’agressions du mauvais gouvernement contre leur lutte, assassinant, détruisant, blessant, séquestrant les compagnon-n-es de Bachajón. Malgré toutes ces agressions, les ejidatarios et les ejidatarias sont toujours debout dans la lutte. « Nous autres indigènes, nous luttons pour demeurer ce que nous sommes, pour construire notre propre forme de vie et conserver notre territoire en le protégeant des convoitises de ceux d’en haut »

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Le Compagnon Emilio Jiménez Gómez est tzeltal, monolingue ; il vit de son travail dans les champs (semis et récolte du maïs, des haricots, des courges). Emilio est membre des « Ejidatarios organisés » de l’Ejido de San Sebastián Bachajón, adhérents à Sexta déclaration de la Selva Lacandona.

Emilio Jiménez Gómez est détenu pour s’être organisé avec son peuple pour défendre sa terre et son territoire. Le 14 juillet 2014, un groupe d’individus membres du parti politique PRI de la communauté de Xanil, avec l’aide de la police de l’État, l’ont arrêté et emmené au CERESO N°17 El Bambú à Playas de Catazajá dans la commune de Palenque Chiapas. Le compagnon est accusé d’avoir agressé un étranger, lequel dans sa déposition affirme qu’Emilio n’est pas la personne qui l’a agressé.

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Le compagnon Esteban Gómez Jiménez est tzeltal, monolingue ; il vit d’agriculture.

Esteban a été injustement arrêté le 12 juin 2012 pour s’être engagé dans la défense de la terre et du territoire. « Ils m’ont emprisonné parce que je me suis organisé et que je défend la Terre Mère » (lettre de Esteban le 14 juillet 2015). Esteban est un compagnon qui est membre des « Ejidatarios organisés » de l’Ejido de San Sebastian Bachajón, adhérents à la Sexta.

En 2013, Esteban a été accusé d’agression par Manuel Gómez Jiménez (membre du parti politique PRI / Vert écologiste au moment des faits). Une fois détenu, deux délits supplémentaires lui ont été attribués : homicide et port d’arme (le port d’arme étant un délit relevant de la juridiction fédérale).

Actuellement, Esteban est détenu au CERESO No 14 El Amate à Cintalapa de Figueroa, Chiapas à environ huit heures de trajet de sa famille. Esteban se trouve dans une situation dangereuse en raison du haut niveau de violence qui existe à l’intérieur de la prison.

Le compagnon Esteban s’est engagé dans le travail de prise de conscience des prisonniers et prisonnières qui veulent s’organiser.

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Le compagnon Santiago Moreno est tzeltal de la communauté La Pimienta, commune de Chilon, Chiapas ; monolingue, agriculteur, de 56 ans, membre des « Ejidatarios organisés » de l’Ejido de San Sebastían Bachajón, Adhérents à la Sexta. Santiago a été arrêté en février 2009 alors qu’il accomplissait un travail pour son organisation ; il était responsable du Conseil de surveillance autonome de l’Autre Campagne, il a été dénoncé par un groupe d’individus membre du parti politique PRI et accusé d’homicide. Santiago Moreno Perez est détenu au CERESO No 17 El Bambú à Playas de Catazajá à Palenque, en raison de son engagement en défense de la terre et du territoire.

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Les compagnons Emilio, Esteban et Santiago luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul).

 

 

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3e commémoration de la mort de Juan Vazquez Guzman, Bachajón

mardi 26 avril 2016

 

“Depuis Paris (France), nous vous envoyons une salutation fraternelle et combative dans le cadre du 3e anniversaire de l’assassinat de notre défunt compañero Juan Vazquez Guzman, avec le souvenir tant de son exemple et de ses paroles comme du fait que, trois ans plus tard, les responsables du crime restent toujours impunis et que l’injustice continue à régner au Mexique et dans le monde entier.”

En mémoire de Juan Vázquez Guzmán (1980 – 2013) :

Juan Vazquez guzman vive !

Juan Vázquez Guzmán était le porte-parole des adhérents de la Sexta de la région de San Sebastián Bachajón au Chiapas (Mexique), en résistance contre la spoliation de leur territoire et de leurs terres collectives par le gouvernement de l’Etat et les multinationales du tourisme, qui cherchent à prendre le contrôle des fameuses « cascades d’Agua Azul ».

La nuit du 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán est assassiné sur le pas de sa porte par un tueur à gage, victime de 6 impacts de balles.

A l’heure actuelle, le crime reste toujours impuni.

dernier entretien de Juan Vazquez Guzman

Quelques photos de la cérémonie en sa mémoire, ce 24 avril 2016

Communiqué envoyé depuis Paris pour l’occasion :

PARIS, AVRIL 2016

Aux adhérents de la Sexta de l’ejido de San Sebastián Bachajón

Aux familles des défunts Juan Vazquez Guzman et Juan Carlos Gomez Silvano

Aux familles des 3 prisonnier.e.s de San Sebastián Bachajón

Depuis Paris (France), nous vous envoyons une salutation fraternelle et combative dans le cadre du 3e anniversaire de l’assassinat de notre défunt compañero Juan Vazquez Guzman, avec le souvenir tant de son exemple et de ses paroles comme du fait que, trois ans plus tard, les responsables du crime restent toujours impunis et que l’injustice continue à régner au Mexique et dans le monde entier.

Personne n’est sûr de qui a commis ce crime, mais nous nous doutons bien que cela a à voir avec les mauvais gouvernements et leurs forces répressives et mortifères, et dans cette souleur nous reconnaissons également la douleur et la lutte des proches et des familles qui, en France aussi, ont vu l’un des leurs tomber sous les balles ou sous les coups de la police dans la plus totale impunité, comme c’est le cas d’Amine bentounsi, de Wissam El-Yamni, de Rémi Fraisse, de Lamine dieng et tant d’autres.

Nous avons également pris connaissance du fait que trois des vôtres continuent à être incarcérés depuis des années pour avoir défendu leurs terres et leur territoire, et que le gouvernement cherche à les condamner à l’oubli et à l’isolement. Raison pour laquelle nous voulons manifester le fait que nous sommes à vos côtés dans la lutte pour la libération d’Esteban Gómez Jiménez, emprisonné à Cintalapa de Figueroa, Chiapas (amate #14), de Santiago Moreno Pérez et d’ Emilio Jiménez Gómez, emprisonnés à Playas de Catazaja, Chiapas (cerss #17), ainsi que toute notre solidarité avec leurs familles et leurs proches (…).

Depuis Paris, nous vous adressons une grande salutation et nous réitérons que nous sommes à vos côtés dans la lutte pour la défense de votre territoire, pour la construction de l’autonomie et contre le capitalisme et toutes les injustices. Tandis que eux continuent à détruire, nous nous continuerons à construire et reconstruire d’autres mondes, depuis en bas à gauche.

Juan Vazquez Guzman est vivant, la lutte de San Sebastian Bachajon continue !

Juan Carlos Gomez Silvano vive, est vivant, la lutte de San Sebastian Bachajon continue !

Non aux crimes des gouvernements et de leurs polices !

Liberté pour Esteban Gómez Jiménez, Santiago Moreno Pérez, Emilio Jiménez Gómez !

Prisonnier.e.s à la rue, à bas les murs des prisons !

Non à la spoliation et aux mégaprojets, policiers et militaires hors de là !

Réapparition vivants des disparu.e.s !

¡JUSTICE POUR ACTEAL, ABC, ATENCO ET AYOTZINAPA !   Signatures : Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL – Paris), syndicat Confédération Nationale du Travail- France (CNT-f), Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan) et Terre et Liberté pour Arauco.

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Quelques nouvelles des 3 prisonniers de Bachajón

mardi 5 avril 2016

Au cours des dernières années, de nombreux ejidatarios de San Sebastián Bachajón adhérents à la Sexta ont été emprisonnés ( jusqu’à plus d’une centaine en 2011). L’usage des assassinats ciblés et des accusations mensongères pour obtenir l’emprisonnement des opposants politiques aux intérêts des caciques locaux est une constante dans la région nord du Chiapas, tout comme la torture des personnes arrêtées pour leur faire “avouer”.

Les cas des trois prisonniers de San Sébastián Bachajón encore emprisonnés aujourd’hui sont symptômatiques de cet état des faits.

folleto Bacha lecture web:   http://cspcl.ouvaton.org/IMG/pdf/bacha_presos.pdf

folleto presos Bacha A5:    http://cspcl.ouvaton.org/IMG/pdf/bacha_presos-bklt.pdf

Lettre d’Emilio Jiménez et de Santiago Moreno, en solidarité avec tous les prisonnier.e.s en lutte

7 février 2016

A tous les compañeros et compañeras de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), du Congrès National Indigène (CNI), de la Sixième déclaration de la Selva Lacandona, aux médias libres.

Nous sommes des prisonniers originaires de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration de la Selva Lacandona (Sexta) : moi, Emilio Jimenez Gómez qui suis emprisonné depuis 2 ans, et moi, Santiago Moreno Pérez, depuis 7 ans, les 2 injustement emprisonnés au sein du Centre pénitenciaire CERESO numéro 17 de Playas de Catazajá, Chiapas.

Nous en avons marre d’être enfermés, mais lorsque nous allons sortir nous allons continuer à lutter, parce qu’il n’y a pas d’autre option. Nous nous solidarisons et demandons de l’entraide aux autres prisonniers et prisonnières qui luttent depuis en bas à gauche afin d’obtenir la liberté de tous et toutes, raison pour laquelle nous vous demandons d’être attentifs aux prisonnières et aux prisonniers.

Nous sommes ensemble aux côtés des compas de San Pedro Tlanixco, et nous demandons à toutes et tous que nous mettions du coeur à l’ouvrage et qu’on soit au fait des processus légaux en cours des prisonniers, et de leur lutte pour qu’ils sortent rapidement.

Nous disons aux compañeros prisonniers de San Pedro Tlanixco qu’ils mettent du coeur à l’ouvrage depuis l’intérieur de la prison, qu’ils ne se rendent pas et qu’ils continuent à lutter pour leur communauté, pour la défense de leurs eaux et de la terre, tout comme nous le ferons nous aussi depuis San Sebastián Bachajón. Nous voulons pas que personne ne vienne et nous retire ce qui est à nous depuis toujours, car nous avons des enfants et c’est l’héritage que nous leur laisserons, raison pour laquelle nous ne voulons pas qu’on nous spolie et c’est pour cela que nous défendrons la terre-mère et les peuples qui veillent sur elle.

Nous vous saluons et les remercions tous et toutes, que vous cheminiez à nos côtés dans la lutte pour la liberté et pour la défense de notre terre-mère.

ZAPATA EST VIVANT, LA LUTTE CONTINUE !

JUSTICE POUR AYOTZINAPA, C’EST EN VIE QU’ILS LES ONT EMBARQUÉS, C’EST EN VIE QUE NOUS VOULONS LES REVOIR !

JUAN VAZQUEZ GUZMAN EST VIVANT, LA LUTTE CONTINUE !

¡JUAN ANTONIO GOMEZ SILVANO EST VIVANT, LA LUTTE CONTINUE !

JUSTICE POUR NOS COMPAÑEROS !

PRISONNIERS POLITIQUES, LIBERTÉ !

Emilio Jimenez de Bachajon-514e5Emilio Jiménez

Santiago Moreno Bachajon-dd1f6Santiago Moreno

Esteban Gómez appelle à lutter pour sa libération

16 février 2016

A La Sexta Nationale et Internationale

Aux compañeros du Mouvement pour la Justice du quartier “El Barrio” de New York

Aux médias libres et alternatifs

Aux prisonniers politiques du Mexique

Moi qui écrit cette lettre, Esteban Gómez Jimenez, me retrouve emprisonné dans le centre pénitentiaire CERESO numéro 14, appelé “El Amate”, accusé de braquage, port d’arme et homicide. Je suis en prison depuis déjà deux ans, on m’a arrêté le 12 janvier 2014. Je vous fait savoir que je suis innocent et vous enjoint à me venir en aide afin d’obtenir ma libération.

Conclusion :

Appeler à la solidarité nationale et internationale pour obtenir ma libération Ils m’ont enfermé pour le fait de m’organiser et de défendre la terre-mère.

Salutations à tous les prisonnier.e.s politiques du Mexique

Bien à vous

Esteban Gómez Jimenez

ESTEBAN-Gomez de Bachajon dfba1

Esteban Gómez

http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1117

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3 prisonniers de Bachajon sont enfin libres!

Trois prisonniers de San Sebastían Bachajón ont été libérés
http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1063
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Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez
Hernandez, trois jeunes originaires de San Sebastían Bachajón, détenus à
Yajalon au Chiapas (Prison N°12) depuis le 16 septembre 2014, ont été
libérés le mardi 18 août de cette année en application d’une décision de
justice (amparo) qui reconnaît les détentions illégales et les tortures
qu’ils ont subi de la part de la police municipale de Chilón.

Leur arrestation et leur torture sont à replacer dans le contexte de
l’assassinat par un commando paramilitaire de Juan Carlos Gomez Silvano le
21 mars 2014, responsable local des autorités autonomes de Bachajón sur
les terres récupérées dites de “Virgen de dolores”, et membre de la
famille de deux des détenus. Très vite, l’enquête avait révélé la
participation d’au moins un membre de la police municipale de Chilón dans
son assassinat, jugé tout d’abord par la communauté puis remis et
incarcéré par la suite par les autorités officielles. Il semble que ce
soit en représailles que son frère, son cousin et un de leurs amis aient
été arrêtés par cette même police municipale, dans la nuit de la fête du
cri de l’indépendance, le 16 septembre 2014.

D’autres habitants de San Sebastian Bachajon restent cependant toujours
incarcérés, tels que Esteban Gomez Jimenez, incarcéré depuis 2013 à la
prison del Amate, Santiago Moreno Perez, incarcéré depuis 2009 et Emilio
Jimenez Gomez, incarcéré depuis juillet 2014, tous les deux à la prison de
Playas de Catazará. Le 2 mai 2015 un adhérent à la Sexta de l’ejido voisin
de San Geronomo Bachajón, Delmar Feliciano Méndez, 17 ans, mourrait
également noyé après avoir tenté d’échappé à deux patrouilles de cette
même police municipale de Chilón.

Quant aux coupables de l’assassinat de Juan Vazquez Guzman le 24 avril
2013, ils courent toujours, et une partie des terres communales de la
communauté reste toujours spoliée par le gouvernement fédéral, qui
souhaite mettre en place un énorme projet touristique et immobilier à
l’entrée des cascades d’Agua Azul, sur une extension territoriale
correspondant aux terres collectives de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Plus bas, la traduction du communiqué émis le 19 août dernier par les
adhérents à la Sexta de l’ejido de San Sebastían Bachajón

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Depuis l’ejido de San Sebastían Bachajón adhérent à la Sixième déclaration
de la jungle Lacandone.

Chiapas, Mexique.
Le 19 août 2015.

Au Commandement Général du Comité Révolutionnaire Indigène de l’Armée
Zapatiste de Libération Nationale,
À l’assemblée de Bon Gouvernement,
Au Congrès National Indigène,
Aux compagnon-e-s adhérent-e-s à la Sixième déclaration de la jungle
Lacandone,
Aux médias de communication massifs et alternatifs,
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité,
Au Mouvement Justice pour le Quartier de New York,
Aux défenseurs des droits humains nationaux et internationaux,
Au peuple du Mexique et du monde.

Les compagnons prisonniers politiques de San Sebastían Bachajón, Juan
Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez Hernandez,
détenus à Yajalon au Chiapas (Prison N°12), ont été libérés le mardi 18
août de cette année en application de la décision de justice (amparo) qui
reconnaît les détentions illégales et les tortures qu’ont subies nos
compagnons. Ainsi nous exigeons la libération d’autres prisonniers
injustement détenus, Esteban Gomez Jimenez détenu à Cintalapa de Figueroa
(Prison N°14, El Amate), Santiago Moreno Perez et Emiliano Jimenez Gomez,
détenus à Plages de Catazaja Chiapas (Prison N°17) et la libération des
autres prisonniers du Mexique et du monde.

Liberté immédiate pour les défenseurs de l’eau de la tribu Yaqui, Mario
Luna et Fernando Jimenez détenus injustement, et en général pour tous et
toutes les prisonniers politiques du pays.

Nous rendons responsable le mauvais gouvernement, les forces fédérales et
étatiques des faits récents qui se sont produits dans la communauté de
Santa Maria Ostula, où le 19 juillet dernier, les forces fédérales sont
entrées dans cette communauté en ouvrant le feu et en tirant contre des
civils désarmés, et ont assassiné un enfant de 12 ans, Edilberto Reyes
Garcia.

Avant cet homicide le compagnon Cemei Verdia Zepeda a été détenu. Ce
dernier avait été nommé par sa communauté Premier Commandant Général de
Santa Maria Ostula.

Nous dénonçons les responsables qui ont laissé en liberté les deux auteurs
intellectuels de l’assassinat du maître d’école et compagnon zapatiste
Galeano. L’auto-dénommé Juge, Victor Manuel Zepeda Lopez, de la cours
pénale de Comitán de Dominguez au Chiapas, a rendu le 12 août de cette
année un verdict innocentant Messieurs Carmelino Rodriguez Jimenez et
Javier Lopez Rodriguez, alors qu’eux et leurs complices de la
CIOAC-Historique savent qu’ils sont coupables d’avoir organisé le crime
contre le compagnon Galeano.

Compagnons et Compagnonnes, nous voulons dire à la communauté indigène
Otomi San Francisco Xochicuautla, Municipalité de Lerma dans l’État de
Mexico que vous n’êtes pas seuls car nous sommes attentifs à votre lutte,
c’est pourquoi nous avons la rage que le méchant gouvernement veuille vous
enlever vos terres par la violence et la répression de la même façon qu’il
veut nous enlever nos terres.

Depuis San Sebastían Bachajón, nous demandons aux compagnons et
compagnonnes du Mexique et du monde que selon leur temps et leurs modes
d’action, ils lèvent leurs voix pour San Francisco Xochicuautla en ces
moments importants pour leur lutte pour la défense de leur territoire et
leurs sites sacrés, que le mauvais gouvernement veut détruire pour
construire des autoroutes sans se préoccuper de la nature.

Justice pour les compagnonnes et compagnons assassinés pour avoir défendu
la liberté, la paix et la vie.

Depuis la zone nord de l’État du Chiapas au Mexique, nous vous envoyons
une accolade et un salut combatif des femmes et des hommes de San
Sebastían Bachajón.

Jamais plus un Mexique sans nous.

Terre et Liberté
Zapata est en vie !
Jusqu’à la victoire, toujours !
Prisonniers Politiques, Liberté !
Juan Vázquez Guzmán est en vie, la Lutte de Bachajón continue !
Juan Carlos Gómez Silvano est en vie, la Lutte de Bachajón continue !
Non au pillage des territoires indigènes !
Présentation immédiate des compagnons disparus d’Ayotzinapa !
Vive la digne lutte des compagnons et compagnonnes de l’ejido de Tila !
Justice pour Ayotzinapa, Acteal, ABC, Atenco !

Ejido de San Sebastían Bachajón

Traduit par les trois passants / correction Myriam
( https://liberonsles.wordpress.com/2015/08/25/chiapas-trois-compagnons-prisonniers-de-bachajon-ont-ete-liberes/ )

bachajonvive

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Bachajon rend hommage à Juan Vazquez assassiné il y a 2 ans

Le 24 avril dernier, hommage était rendu chez lui á Juan Vázquez Guzmán, ancien porte-parole de la lutte menée par les adhérents de la Sexta de  la communauté tzeltale de Bachajon (Chiapas), assassiné il y a deux ans sur le pas de sa porte de 6 coups de feu.

@sietenubes

Juan avait alors 33 ans, et était le pere de 2 enfants, aujourd’hui agés de 6 et 8 ans. Il laisse á beaucoup la marque indélébile de son éternel sourire et, plus que tout, l’exemple d’un engagement et d’une conviction
sans failles dans la lutte, non seulement pour la défense des terres collectives de son village, San Sébastian Bachajon, mais aussi, plus largement, pour la défense d’un monde composé de nombreux mondes, contre
les ravages occasionnés par le tourisme de masse, les autoroutes, et tous les grands projets de réaménagement capitalistes.

Ses paroles et ses analyses des dangers pesant sur sa communauté restent lumineuses, et méritent d’etre écoutées et partagées pour continuer á inspirer la lutte…
voir ce bel entretien ici:

D’autres vidéos gardant trace de sa mémoire sont compilées ici:

En solidarité avec la lutte de Bachajon et en hommage a Juan Vazquez Guzman, une lettre, reproduite plus bas, signée par différents individu.e.s et collectifs francophones, a été remise le 24 avril dernier aux adhérents de la Sexta de San Sébastian Bachajon et á sa famille aprés la cérémonie. Merci de la rediffuser dans vos réseaux…

Il est cependant important de rappeler auparavant que, deux après, les assassins de Juan Vazquez Guzman n’ont toujours pas été inquiétés, et que la répression contre les adhérents à la Sexta de Bachajon est toujours
aussi dure depuis:

– Le 21 mars 2014 de l’année dernière, un autre habitant de Bachajon vivant sur les terres récupérées dites de “Virgen de dolores”, Juan Carlos Gomez Silvano, était assassiné.

– Le 16 septembre 2014, le frère de Juan Carlos, Juan Antonio Gómez Silvano, son cousin Mario Aguilar Silvano, et un ami á eux, Roberto Gómez Hernández, étaient arrêtés, torturés et incarcérés par la police municipale locale, dont l’implication de certains membres dans l’assassinat de Juan Carlos Gomez Silvano a été reconnue au niveau judiciaire.

Avec Santiago Moreno Perez, incarcéré depuis 2009, Esteban Gomez Jimenez, incarcéré en 2013, et Emilio Jimenez Gomez, incarcéré en juillet 2014, cela porte á 6 le nombre de prisonniers de la Sexta de San Sébastian
Bachajon actuellement incarcérés.(suivre la campagne pour leur libération auprès des 3 passants)

– Depuis la dernière tentative de la Sexta de San Sébastian Bachajon, le 22 décembre 2014 dernier, de réoccuper le guichet d’accès aux cascades d’Agua Azul et toutes les terres avoisinantes que le gouvernement cherche à s’accaparer, des opérations policières de plusieurs centaines de flics ont á chaque fois été envoyées pour les en expulser, provoquant plusieurs blessés, et surtout un déploiement de forces permanent, recourant à la censure de l’information (voir les menaces proférés contre les médias libres, ici), ainsi qu’à la destruction et à l’incendie pour tenter de mettre un terme aux revendications de récupération des terres, comme cela a été le cas le 21 mars dernier.

Une vidéo du collectif de médias indépendant Koman Ilel, sous-titrée ici,
fait le point sur ces derniers événements:

Tout cela, dans un contexte où le gouvernement mexicain, depuis juillet 2014, multiplie les déclarations quant á la prochaine réactivation du projet de construction de complexes hôteliers dans la zone de Palenque/Agua Azul au travers d’un fonds d’investissement fédéral, la FONATUR, ainsi que du projet d’autoroute San Cristobal – Palenque. Dans cette dernière ville, l’aéroport, qui vient d’être agrandi et remodelé, s’apprête à recevoir des liaisons touristiques depuis tout le Mexique au travers d’EasyJet, une des principales compagnies de charter mexicaine.

La lutte assumée par Juan Vázquez Guzmán contre les grands projets touristiques et autoroutiers est donc plus que jamais d’actualité…

La solidarité contre la répression, et l’alliance des mondes en lutte contre ce système est, elle aussi, toujours aussi nécessaire.

La lucha vive

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¡Juan Vázquez Guzmán reste vivant dans nos cœurs!
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Aux adhérents de la Sexta de l’ejido (terres collectives) de San Sébastián Bachajón

A l´EZLN, aux bases de soutien zapatistes et au conseil de bon gouvernement zapatiste « cœur de l’arc en ciel de l’espoir » du caracol IV Tourbillon de nos paroles

Au Congrès National Indigène et à toute la Sexta

A la famille de Juan Vazquez Guzman

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Compañeras et compañeros:

Alors que la répression contre les habitants des terres collectives de San Sébastian Bachajón est chaque fois plus forte, de notre côté, nous constatons comment les entreprises transnationales du tourisme et le gouvernement mexicain cherchent à tout prix à investir au Chiapas, pour pouvoir démultiplier leurs gains.

Nous voyons comment, dans nos pays, les agences touristiques et la publicité cherchent à vendre des voyages à Palenque, aux cascades d’Agua Azul et à la forêt tropicale Lacandon, qu’ils présentent comme une espèce de « paradis perdu ». Pour cela, les multinationales du tourisme profitent du malaise des employés des villes occidentales qui vivent tout le temps dans un environnement de béton, sans « milpas », sans jardins, ni montagnes ni animaux sauvages, noyés dans le stress et l’ennui de la vie urbaine. Beaucoup d’européens achètent très cher ces voyages de deux semaines vers le Mexique, le Chiapas, Palenque et les cascades d’Agua Azul, sans savoir ce qui s’y passe véritablement, ni se rendre compte que si on nous vend du rêve si facilement, c’est que dans les grandes métropoles occidentalisées, on nous dépossède de nos vies et de notre environnement.

Les grands investisseurs, le gouvernement du Chiapas, la FONATUR, le gouvernement fédéral mexicain et tous leurs valets corrompus se rendent bien compte du bénéfice qu’ils peuvent tirer de cette condition, et en conséquence, ils cherchent à tout prix à s’emparer des terres tropicales des communautés tzeltales des alentours de Palenque et d’Agua Azul, pour pouvoir y construire des hôtels et des parcs aquatiques, car ils ont calculé que cela leur rapporterait des millions.

Mais, grâce à la lutte de San Sebastián Bachajón, grâce à celle contre la construction de l’autoroute San Cristobal-Palenque, grâce à la lutte des compas zapatistes de Bolón Ajaw et de beaucoup d´autres communautés, nous sommes de plus en plus nombreux à nous rendre compte de la vérité qui se cache derrière ces fausses publicités.

Nous nous rendons compte que pour construire leurs nouveaux hôtels, c’est vos terres, vos territoires, vos cascades, vos ruines et vos ressources naturelles que les gouvernements et les entreprises transnationales du tourisme cherchent à vous spolier.

En France, depuis nos réalités et depuis nos luttes, nous avons une pensé émue pour Juan Vásquez Guzmán, qui a tant fait pour diffuser ce qui se passe à San Sebastián Bachajón et pour dénoncer toutes ces tentatives d’expropriation. Nous nous rappelons notamment le forum organisé au CIDECI en novembre 2012, où ont été tout autant dénoncées les expropriations et
les mégaprojets à l’œuvre a Bachajón, à Tila et dans d’autres parties du Chiapas, que les opérations de police en France à Notre Dame des Landes pour imposer la construction d’un aéroport sur 1500 hectares de terres agricoles, ou bien la répression et l’expropriation du Val de Susa en Italie, où ils veulent perforer les montagnes sur 50 km pour imposer la ligne de chemin de fer d’un train à grande vitesse.

Nous nous rappelons la douleur et la rage d´impuissance que nous avons ressenti, quand nous avons appris, le 24 avril 2013, que Juan Vásquez Guzmán avait été assassiné sur le pas de sa porte de six coups de feu. Et la colere que nous avons toujours, que ce crime reste impuni.

Tout autour de nous, nous voyons aussi comment le système et ses polices assassinent des gens du peuple en toute impunité, comme cela a lieu bien trop souvent en France dans les banlieues. Comme cela s’est passé pour Lamine Dieng, Ali Ziri, Amine Bentounsi, Wissam el Yamni, Youssef Kaïf et tant d’autres. Comme cela s’est passé aussi le 26 octobre 2014 dernier, avec le jeune Rémi Fraisse, que la police a assassiné pour avoir manifesté contre un projet de barrage et de destruction d’une forêt dans le sud-ouest de la France.

À 2 ans de l’assassinat de Juan Vázquez Guzmán, le 24 avril 2013. À un an de l’assassinat de Carlos Gómez Silvano, lui aussi originaire de San Sebastián Bachajon, le 21 mars 2014, et de celle du compa zapatiste Galeano, originaire de la Realidad, le 2 mai 2014. À plus de 6 mois de la répression et de la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa. A quatre mois du festival mondial des résistances et rébellions contre le capitalisme, où vous avez annoncé la reprise des terres dont vous aviez été dépouillés par le gouvernement mexicain, et un mois après l’expulsion cruelle et l’incendie des bâtiments du tout nouveau siège régional de la Sexta á San Sebastián Bachajón, le 21 mars passé, nous vous disons:

Compas. Bien que nous soyons loin, et qu’il soit difficile de réussir à empêcher l’avancée de la machine de mort et de destruction, et bien que les paroles ne puissent pas guérir la douleur d’un assassinat infâme…Sachez que vous n’êtes pas seuls, et que votre douleur fait partie de notre douleur.

Sachez que votre lutte est aussi la nôtre, parce que nous luttons pour ces autres mondes où nous pourrons tous vivre dans l’égalité, sans injustice, sans expropriation, sans assassinats, sans violences policières, sans disparitions forcées, sans patrons ni gouvernement qui nous oppriment.

Sachez donc que pour nous, la récupération de vos terres et votre victoire contre le gouvernement sera partie de notre victoire collective!

Dans ces moments difficiles, nous vous faisons parvenir tous les encouragements que nous pouvons. Toute la tendresse que nous possédons, tous nos témoignages de sympathie face à l’injustice, et toute notre digne rage aussi.

Vous n’êtes pas seules compañeros et compañeras!

Depuis nos luttes et nos depuis propres tranchés :

Vive la lutte de San Sebastián Bachajón!
¡Juan Vázquez Guzmán reste vivant dans nos cœurs!

Signataires.

Collectifs : MutVitz13 (Marseille), assemblée du 23 avril 2015 des
habitant.e.s de la “Zone A Defendre” de Notre-Dame des Landes, Forum
Cívique Europeen, Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en
Lutte (Paris), Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques
(Paris), Terre et Liberté pour Arauco (Paris), colectif Paris-Ayotzinapa,
Colectif Chiapas d’Ariège, syndicat SUD Education, Union Syndicale
“Solidaires”, colectif “Bon Pied bon oeil”, association “Espoir Chiapas”.

Individus: Siete Nubes, Denise Alamillo, Jazmin rosas, Claudine Pes, Denis
Pes, Gilbert Bize, Anne Andrés, Francoise Planchard, Remo veyrand, Pilette
Groladys, Guillermo De la rosa Castolo, Laude Andrieu, Jorge Mandugano,
Fernando Fernández R., Albergó sancha, Annette Bellano

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Soutien international pour Bachajon

Déclaration mondiale en solidarité avec nos compañer@s de San Sebastián Bachajón et leur digne lutte en défense de leurs terres et leur territoire.

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trad@SieteNubes

Nous les signataires, refusons, dénonçons et condamnons avec la plus grande fermeté les actes de répression commis par les trois niveaux de gouvernement mexicains, par la force publique de l’Etat du Chiapas et par leurs sous-fifres locaux, contre nos compas dhérent.e.s à la Sexta membres des terres collectives de l’ejido de San Sebastián Bachajón, Chiapas, Mexique.

La date du 21 mars a une grande signification pour l’organisation des peuples autochtones au Mexique. Le 21 mars 2015, c’était le 16e anniversaire de la « consultation » zapatiste, durant laquelle 5000 représentants de l’EZLN ont couvert toute la république mexicaine afin
d’inviter la société civile à donner son avis sur quatre questions relatives aux Accords de San Andrés sur les droits et la culture autochtones. Cette consultation n’est qu’un exemple de la leçon que nous ont donné les zapatistes sur ce qu’est la démocratie véritable. Mais pour les villages tseltales de Bachajón, la situation a été très différente; leurs droits à la libre détermination en tant que peuples autochtones ont été violés de manière réitérée, tout comme le droit à la consultation pleine et entière au sujet des projets concernant leur territoire, et les seules consultations que ceux d’en haut et leurs laquais ont offertes, n’ont été que de simples tromperies et simulations.

Le 21 mars 2015, c’était aussi le premier anniversaire de l’assassinat de Juan Carlos Gómez Silvano, coordinateur régional de l’organisation dans la communauté « Virgen de Dolores ». Ce n’est sûrement pas un hasard si c’est ce jour-là, à 8h du matin, que plus de 600 éléments des forces publiques ont incendié le siège régional San Sebastián, avec la participation du commissaire officiel des terres collectives de Bachajon Alejandro Moreno Gómez, et du conseiller de vigilance Samuel Díaz Guzmán. En conséquence, nos compañer@s ont été violemment expulsé.e.s de leurs terres récupérées, et le mal gouvernement a une fois de plus violé ces mêmes accords de San Andrés.

Nous rappelons que le 9 janvier 2015, près de 900 éléments des forces de police fédérales et de l’Etat du Chiapas ont violemment expulsé les compañeras et compañeros qui gardaient et protégeaient les terres leur appartenant, qui avaient été récupérées de manière pacifique le 21 décembre 2014, au bénéfice du peuple de Bachajón.

Les membres des terres collectives de l’ejido Bachajón adhérents de la Sexta maintiennent fermement leur résistance, raison pour laquelle, afin de continuer et de renforcer la lutte, ils avaient commencé, le 29 janvier dernier, à construire sur ces terres leur siège régional de San Sebastián, afin d’en faire un lieu de travaux, d’ateliers et de partages.

Légalement et de manière légitime, ces terres appartiennent aux membres des terres collectives de l’ejido d’origine indigène tzeltale San Sebastián Bachajón, et sont protégées par un recours juridique. Cependant les trois niveaux gouvernement ont une fois de plus décidé d’agresser et de réprimer les membres des terres collectives de l’ejido afin de les expulser, en violation totale des droits des habitants autochtones.

Il est de notoriété publique que le gouvernement et les grandes entreprises cherchent à spolier les territoires des peuples autochtones afin de construire sur place une grande opération immobilière de tourisme de luxe. Comme cela a été signalé auparavant, les droits des peuples tzeltales de San Sebastián Bachajón à l’approbation libre, préalable et documentée de tout projet installé sur leur territoire ont été ignorés en ce qui concerne ce mégaprojet, et cette partie de leurs terres ancestrales leur a été expropriée sans la permission ni le consentement des membres des terres collectives de l’ejido. Cela signifie que les actes de spoliation du 9 et du 21 mars dernier étaient illégaux, et constituent d’évidentes violations des droits humains des communautés.

Les droits des peuples autochtones respectifs à la construction de leur autonomie et à l’usage et l’entière jouissance de leur territoire sont reconnus et établis par les traités nationaux et internationaux signés par le Mexique : la déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail, l’article 2 de la Constitution Politique des Etats-Unis du Mexique, et les déjà mentionnés Accords de San Andrés.

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Nous exigeons qu’un terme soit mis immédiatement à la violation de ces droits. Nous exigeons également les pleines garanties et le respect de tous les droits propres aux peuples autochtones de l’ejido de San Sebastián Bachajón, et particulièrement leurs droits à la vie, à la liberté et au respect de leur intégrité physique et personnelle.

Nous sommes également indignés que deux compañeros des médias libres aient été agressés par le groupe du commissaire officiel de l’ejido de San Sebastián Bachajón, Alejandro Moreno Gómez. Nous resterons vigilants et attentifs, et suivrons de près les évènements en cours sur place, afin de réagir suite à tout type d’agression. Nous rendons les trois niveaux de gouvernement et les autorités officielles de l’ejido responsables de la sécurité et de l’intégrité des membres des terres collectives de l’ejido, et de tout acte de violence, de harcèlement ou d’intimidation qui pourrait avoir lieu.

Nous offrons toute notre solidarité à nos compañeras et compañeros qui luttons pour le bien-être de leurs peuples et en défense de leurs terres et de leurs territoires, de leurs ressources naturelles et de la terre-mère. Nous lançons un appel à tous les gens généreux à ce que des actions de solidarité et de camaraderie soient réalisées, afin de soutenir et d’accompagner la digne lutte du peuple de Bachajón.

¡Juan Vázquez Guzmán Vive, la Lucha de Bachajón sigue!

¡Juan Carlos Gómez Silvano Vive, la Lucha de Bachajón sigue!

Non à la spoliation des territoires autochtones !

Signatures:

*Groupes y Collectifs:*

Agencia Prensa India (API), México

ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista)

Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelona, Catalunya

Associazione Ya Basta! Milano, Italia

Caracol mundo-eco de latido en solidaridad, Austria

Caracol Solidario, Besançon Francia

Caracol Zaragoza, Estado Español

Casa Nicaragua, Lieja, Bélgica

Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ- Estado Español

Centro de derechos humanos de los pueblos del Sur de Veracruz “Bety Cariño” AC, México

CGT – Estado español

Colectivo de Aprendizaje y Enseñanza Zapatista Reino Unido

Colectivo Contra la Tortura y la Impunidad A.C., México

Colectivo Educación para la Paz y los Derechos Humanos A.C

Colectivo Votán Zapata, Coyoacan, México

Colectivo Zapatista, Manchester, Inglaterra

Comitato Chiapas “Maribel” – Bergamo, Italia

Comité de Apoyo a Chiapas de Oakland, CA, Estados Unidos

Comité de la Palabra Verdadera del Suroeste de Inglaterra, Reino Unido

Comité Tierra y Libertad de Lille, Francia

Coordinadora Valle del Chalko, Edo. De Méx., México

CSPCL (Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha),  Paris, Francia

Decolonial Food For Thought, Los Angeles, Estados Unidos

Digne Rage Collectif, Francia

Espoir Chiapas, Francia

Grupo CafeZ, Lieja, Bélgica

Grupo Solidaridad con Chiapas, Dorset, Reino Unido

Grupo Solidaridad con Chiapas, Edimburgo, Escocia

Grupo Solidaridad con los Zapatistas – Essex, Reino Unido

Grupo Solidaridad con México, Londres, Reino Unido

Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Alemania

KIPTIK, Bristol, Reino Unido

La Adhesiva, Barcelona, Catalunya

La Asamblea Veracruzana de Iniciativas y Defensa Ambiental (LAVIDA) Xalapa. Veracruz, México

La plataforma vasca de solidaridad con Txiapas, Pais Vasco

LA Sexta en Surponiente-DF, México

Les trois passants, Paris, Francia

MASA (MesoAmerica Solidarity Action), Liverpool, Reino Unido

Movimiento por Justicia del Barrio, Nueva York, Estados Unidos

Mujeres y la Sexta, México

Mut Vitz 13, Marsella, Francia

Nodo Solidale (Italia y México)

Oye Latino on Wellington Access Radio, Nueva Zelanda

Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid, Estado español

Proceso de articulación de la sierra de santa Marta, sur de Veracruz, México

Red de mujeres de la tierra unidas por un futuro y un mundo mejor AC, México

Red de Solidaridad Zapatista del Reino Unido

Red Global por la Paz en México, Tokio, Japón

Resistencias Enlazando Dignidad-Movimiento y Corazón Zapatista, México

Servicio paz y Justicia (SERPAJ), Morelos, México

Servicio de Traducción Zapatista del Reino Unido

Shades of Silence, Estados Unidos

Somos los Otros NY, Estados Unidos

TXIAPASEKIN, Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas, País Vasco

Wellington Zapatista Support Group, Nueva Zelanda

UK Zap Sol, Reino Unido

*Individu-e-s:*

Alberto Ariana Mariano, México

Pietro Ameglio, Servicio paz y Justicia (SERPAJ), Morelos, México

Abraham Antonio Alonso Reyes, México, D.F

Cynthia Astudillo

Hugo Blanco, Perú

Raquel Carrillo, Tijuana, México

Marlene Castañeda, México, D.F.

Enriqueta G. Chávez López, México

Paulin Chávez Rojas, México

Susana M. Clares Fuente, México

Jessica Davies, Reino Unido

Rosalba Dávila Ortiz, Puebla, México

Gerson de Lima Oliveira, Porto Alegre, Brasil

Rosa de Santiago Fernández, Colima, Col., México

Jair De Zouza Faria, Río de Janeiro, Brasil

Francisco José Díaz Marcilla, Lisboa, Portugal

Joandy Diego, Colorado, Estados Unidos

Juliette Doman, MASA (MesoAmerica Solidarity Action), Liverpool, Reino Unido

Rogelio Estrada Serafín, Chihuahua, Chih., México

Gustavo Esteva, México

Michael Farley, MASA (MesoAmerica Solidarity Action), Liverpool, Reino Unido

Ángela Fernández, Mérida, Yucatán, México

Iris S. Fiala, Austria

Davey Flynn, Inglaterra

Myriam Fracchia, Servicio paz y Justicia (SERPAJ), Morelos, México

Aranza Galván Abrego, Celaya, Gto., México

Milton Gómez Membrila, Colima, Col., México

Víctor Manuel Gutiérrez Torres, Xalapa, Veracruz, México

Jorge Herrera, Nueva Zelanda

Malú Huacuja del Toro, escritora mexicana

James Jackson, MASA (MesoAmerica Solidarity Action), Liverpool, UK

Karla Jiménez Cano, Puebla, Pue., México

Sensei Gregory C. Lewis, Estados Unidos

Ricardo Lagunes Gasca, México, D.F.

Ninón Llano Guibarra, La Paz, Bolivia

Tomas Alberto Madrigal, multi-medios Karani

Vianey Magallón Martínez, Bahía de Banderas, Nayarit, México

Gabriel Magallón Reyes, Bahía de Banderas, Nayarit, México

José Manuel Martín, Zamora, Mich., México

Juan Carlos Marmolejo Álvarez, Coahuayana, Michoacán, México

Gerardo Medina Reyes, Zamora, Michoacán, México

Hector Mejia, Torreon, Coahuila, México

Alejandro Mendoza

Erik Montero Espinosa, México, D.F.

Zeb Moon, Colombia

Verónica Munier, México

Violeta Neponuceno Valencia, Tlapa, Gro., México

Óscar Ojeda, México, D.F.

Alin Palacios Fonseca, Guanajuato, México

Eleanor Parry, MASA (MesoAmerica Solidarity Action), Liverpool, Reino Unido

Hilda Pérez Alejandre, Querétaro, Qro., México

Alexandra Pita González, Colima, México

Guillermo Popoca Boone, México

Susana Ramírez, Zamora, Mich., México

María de Jesús Ramírez Magallón, México

María Isabel Ramírez Magallón, México

Mónica Cecilia R. Andrade. Puebla, México

José Ramírez Magallón, México

María Refugio Magallón Mejía, México

Rita Robles, México, D.F.

Víctor Romo de Vivar Gayol, Zamora, Mich., México

Gabriela Ruiz Manzur, Copenhague, Dinamarca

Haydeé Sánchez, México, DF.

Teresa Santos Durán, Santo Domingo, Rep. Dominicana

Zeus Tepeyolotl Martinez, México, D.F.

Ana Torres, México, D.F.

Miriam Elizabeth Toscano Dolores, Colima, Col., México

Ana Valadez Ortega

Carolina Valdés, Colima, Col. México

Abraham Eduardo Vallejo Moreno, Colima, Col., México

Irene Vázquez Magallón, Puebla, Pue., México

Alejandra Vázquez Mendoza, Zamora, Michoacán, México

Norma Vázquez Torres, Colima, Col., México

Rosa Villanueva Ramírez, Washington, USA.

Luisa Villanueva Villalobos, Los ángeles, Ca., Estados Unidos

Julie Webb-Pullman, Ciudad de Gaza, Palestina

Lourdes Zepeda, Colima, Col., México

Raul Zibechi, Uruguay



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Voix depuis la prison : Juan Antonio Gómez Silvano

by liberonsles

bachajonres2Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques.

Lettre envoyée par le GT No Estamos Todxs, Chiapas, mois d’avril 2015

Prison Nº12 Yajalón, Chiapas

Compagnons et compagnonnes de la Sexta International, recevez une salutation cordiale depuis la prison de Yajalón, Chiapas.

Je m’appelle Juan Antonio Gómez Silvano, je suis adhérent à la Sexta, je suis injustement emprisonné depuis le 16 septembre 2014. Cela fait 7 mois que je suis ici, enfermé. Des délits de tentative d’homicide et port d’arme ont été fabriqués de toute pièce à mon encontre, alors que je ne connais pas les armes à vraie dire. C’est pour cette raison, compagnons et compagnonnes, que je vous demande de faire quelque chose pour nous [ aussi pour Mario Aguilar Silvano, prisonnier de San Sebastián Bachajón arrêté pour la même chose que moi et qui appartient également à la même organisation].

C’est parce que nous avons la même couleur que la terre qu’ils nous emprisonnent et nous maltraitent, moi j’ai été torturé et tabassé dans l’enceinte du Ministère publique.

Depuis la prison nº12 Yajalón, Chiapas.

Recevez une salutation cordiale.
C’est tout compas, s’il vous plaît je vous demande de diffuser ce petit message.

Merci compagnons et compagnonnes,

Signé par le prisonnier politique Juan Antonio Gómez Silvano

 

 Le contexte:

Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

bachajonlib1Juan Antonio Gómez Silvano, ainsi que ses compagnons de lutte Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin…

…Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat…

Le 24 avril 2015, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Cliquez ici pour lire l’article complet + les Dernières nouvelles ( Vidéos – Témoignages des habitants de Bachajon, Chiapas dont Juan Vázquez avant de se faire assassiner, sous-titres en  français)

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A 2 ans de l’assassinat de Juan Vazquez Guzman

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 24 Avril 2015

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JUAN VAZQUEZ GUZMÁN

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A 2  ANS DE SA MORT 

Leer en Castellano
Aujourd’hui à San Sebastian Bachajon aura lieu une commémoration pour Juan Vázquez Guzmán pour se rappeler de sa digne lutte dans ses terres. La cérémonie se déroulera dans la maison de famille où une messe sera célébrée à partir de 3.00pm.

Juan Vazquez Guzman était le porte-parole des adhérents de la Sexta de la région de San Sebastian Bachajon au Chiapas (Mexique), en résistance contre la spoliation de leur territoire et de leurs terres collectives par le gouvernement de l’Etat et les multinationales du tourisme, qui cherchent à prendre le contrôle des fameuses “cascades d’Agua Azul”.

La nuit du 24 avril 2013, Juan Vazquez Guzman est assassiné sur le pas de sa porte par un tueur à gage, victime de 6 impacts de balles.

A l’heure actuelle, le crime reste toujours impuni.

 

Les enjeux du conflit à Bachajon
@Guillaume Goutte
“les habitants de San Sebastián Bachajón, qui refusent de se voir exproprier ainsi sans ne rien faire, veillent sur leurs terres via un petit guichet à l’entrée des magnifiques cascades d’Agua Azul, dont la beauté n’est pas sans exciter l’appétit touristico-économique de l’État. C’est donc un nouveau bras de fer entre les indigènes et l’État chiapanèque”
Assassinat de Juan Vazquez Guzman
@Libéronsles
“Juan a été pris dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui le 24 avril 2013, il a été atteint de cinq balles qui l’ont tué immédiatement (…) il est évident qu’il s’agit d’un assassinat politique à cause des multiples intérêts entrepreneuriaux, politiques et économiques dans cette zone.”
Cinq lumières dans le brouillard du conflit de Bachajon
@Masde131
“le conflit et les divisions qui existent aujourd’hui à l’intérieur de l’ejido coïncide avec le moment du lancement du projet de Centre Intégralement Planifié de Palenque et s’intensifie avec l’expulsion de terre, du 2 février 2011 par un groupe armée “

 

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JUAN VAZQUEZ GUZMAN VIT!

LA LUTTE CONTINUE!

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Blog de Bachajon 
Actualité de Bachajon 

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Comp@s de Bachajon annoncent le rejet de leur appel

20150208_175157_Mx_Chiapas_Bachajon_w1024_par_ValK

A la Commandance Générale du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale
Aux Conseils de Bon Gouvernement
Au Congrès National Indigène
Aux compañer@s adhérent-e-s à la Sexta, Déclaration de la forêt Lacandon
Aux médias de communication massifs et alternatifs
Au Réseau Contre La Répression et Pour la Solidarité
Au Mouvement pour la Justice du Quartier de New York
Aux défenseurs des droits de l’homme nationaux et internationaux,
Au peuple du Mexique et du Monde,

Icha spatil a wotanik ta ha pisilik jmololabex, ants winiketik macha`tik nokòl skoltabel slum skinalik, lìh ya jkabeyexkoyik ta nael jkoopkotik yuun te jkoltabel te jkinalkotik sok ya jna`kotik te skuxlejal jmololkotik Emiliano Zapata te laj yak skuxlejal yuun te skinal sok skotayel slumal.

Salut à tous compañeros, femmes et hommes qui sont dans la lutte pour la terre, ici nous vous partageons notre parole sur la défense de la terre et nous nous rappelons la mémoire de notre Général Emiliano Zapata qui a donné sa vie pour la terre et la liberté pour les peuples.

Nous continuons à lutter contre la politique du mauvais gouvernement, assassin, corrompu, et rat qui n’aime pas notre organisation c’est pour ça qu’il a brûlé notre siège régional de San Sebastian avec le soutien du Commissaire des terres comunale Alejandro Moreno Gomez et le conseiller à la sécurité Samuel Diaz Guzman conjointement avec 600 policiers de l’État du Chiapas de même que le 9 avril sont arrivés dans la communauté de Xanil, le Procureur Agraire d’Ocosingo avec le Lic. Juan Rene et le sous-secrétaire de Yajalon du nom de Alpuche, conseiller des paramilitaires de Paix et Justice où ils ont fait une réunion avec les priistes-verts de Alejandro Moreno Gomez afin de chercher des accords sur comment en terminer avec notre organisation car ils disent qu’ils ne veulent plus qu’il y ait une organisation dans la communauté, car ils aiment bien être avec le gouvernement comme ses laquais et ses maquignons, donner la terre, méprisant l’autonomie et la vie des peuples indigènes.

Ça nous donne la rage de voir comme ces mauvais représentants des communaux qui se sentent propriétaires de nos terres communales et qui, pour des miettes, vendent leur dignité. Notre organisation sait que le mauvais gouvernement a l’eau à la bouche avec tous les biens naturels de notre territoire, c’est pour cela qu’il cherche la division pour nous assassiner et nous mener en prison, où le peuple est le seul à perdre et le gouvernement, ses entrepreneurs nationaux et étrangers, sont ceux qui gagnent parce qu’ils dépouillent la terre.

Nous en avons marre que ce putain de gouvernement cherche comment nous baiser, mais le peuple ne va pas rester muet, et nous allons défendre coûte que coûte, nous ne voulons pas que ce mauvais gouvernement continue à abuser du peuple, trompant le peuple et se moquant du peuple, que meure ce mauvais gouvernement, QUE MEURE PEÑA NIETO ET SON PANTIN VELASCO COELLO.

Nous avons connaissance que le Troisième Tribunal Collégial de Tuxtla Gutiérrez a rejeté notre appel 274/2011 déposé en mars 2011, car il a préféré l’accord qu’avaient signés les priistes avec ce rat de Juan Sabines Guerrero et les magistrats du tribunal  disent que l’accord respecte les droits humains de la communauté et que c’est dans son intérêt. Ces magistrats sont des traîtres à la patries, corrompus et racistes, ils se vendent au gouvernement pour rester avec leurs culs assis dans leurs grands bureaux, avec leurs grandes voitures et maisons blanches comme celle de peña nieto car ils se foutent du peuple.

Il n’existe pas de démocratie ni de loi dans ce pays séquestré par les putains de politiques corrompus, qu’ils s’en aillent tous, le peuple doit se réveiller et lutter pour défendre les terres, la dignité et la vie. Notre organisation continuera de défendre notre terre mère en l’honneur de nos ancêtres qui nous ont appris à défendre et ainsi que l’ont défendue les compañeros Juan Vazquez Guzman et Juan Carlos Gomez Silvano.

Nous exigeons la liberté immédiate des prisonniers politiques du Mexique et du Monde et de nos compañeros prisonniers Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano, Roberto Gómez Hernández, Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez et Esteban Gomez Jimenez.

Lih ta ya`hkolal slum kinal chiapas, ants winiketik yuun San Sebastian Bachajon yaj jtikonbeyex cotik spatil a wotanik ta pisilik.

Depuis la zone nord de l’État du Chiapas, les femme et hommes de San Sebastian Bachajon nous vous envoyons de combatives salutations à tous.

Mayuk bin hora jun mexico, te me mayukonkotike’

Plus jamais un Mexique Sans nous

Terre et liberté
Zapata vit !
Jusqu’à la victoire toujours !
Prisonniers politique, liberté !
Juan Vazquez Guzman Vit, la Lutte de Bachajon continue !
Juan Carlos Gomez Silvano Vit, la Lutte de Bachajon continue !
Non à la spoliation des territoires indigènes !
Présentation immédiate des compañeros disparus d’Aytozinapa !
Vive la digne lutte des compañeros et compañeras choles des terres communales de Tila !
JUSTICE POUR AYOTZINAPA, ACTEAL, ABC, ATENCO !


600 policiers incendient le siège de Bachajon

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Ejido San Sebastian Bachajon,

Adhérents à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandon, Chiapas, Mexique, le 21 mars 2015

A la Comandance Générale Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN),

Aux Juntas de Buen Gobierno (JGB)

Au Congrès National Indigène,

Aux Comp@s adhérents à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandon,

Aux médias de communication massifs et alternatifs,

Au Réseau Contre la Répression et Pour La Solidarité,

Au Mouvement de Justice pour le Quartier de New York,

Aux défenseurs des Droits de l’Homme, nationaux et internationaux,

Au peuple du Mexique et du monde,

Companeros et companeras nous dénonçons qu’en ce jour du 21 mars 2015, vers 8 heures du matin, plus de 600 éléments des forces policières ont incendié notre siège régional San Sebastian avec la participation du Commissaire des Terres communales Alejandro Moreno Gomez et le Conseiller de Vigilance Samuel Diaz Guzman. De nouveau, cela démontre que la police est une police de mort et de corruption du mauvais gouvernement, son mépris pour le peuple et les droits de l’homme car son ambition a pris le dessus sur notre territoire pour spolier la terre, l’eau et tout ce qui existe dans notre territoire, pour gagner de l’argent comme si c’était une marchandise.

Nous rendons responsables les chefs paramilitaires de peña nieto et manuel velasco pour la violence à San Sebastian Bachajon et des violations des droits de l’homme, pour mort et répression contre les femmes et hommes de notre organisation qui ne vendent pas leur dignité pour des miettes. Nous rejettons les supercheries du mauvais gouvernement qui diffame notre lutte, et fabrique des délits contre l’organisation qui défend la terre mère. Ensemble avec le Commissaire des Terres Comunales Alejandro Moreno Gomez et le Conseil de Vigilance Samuel Diaz Guzman ils ont bloqué la route d’Ocosingo à Palenque à hauteur du croisement avec Agua Azul pour faire accuser notre organisation de bloquer le chemin, et puis, ces laquais du mauvais gouvernement ont coupé des arbres et nous savons qu’ils voulaient fabriquer des délits d’écocide pour mettre en prison les autorités autonomes de notre organisation.

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Nous annonçons ne pas faire partie de ces actions organisées et soutenues par le mauvais gouvernement conjointement avec le commissaire des terres communales qui ne cherchent que la manière de tordre la loi pour nous maintenir en prison et nous expulser du territoire pour des projets de méga-entreprises qui ne bénéficient qu’à ceux d’en haut.

Avec notre organisation, après la spoliation violente du 9 janvier 2015, nous avons fondé le siège régional San Sebastina pour continuer à protéger les terres et exiger le retrait du mauvais gouvernement, et nous continuerons car nous sommes originaires de ces terres et nous ne permettrons pas que le mauvais gouvernement vienne commander le peuple.

Nous nous rappelons aujourd’hui, avec une digne rage, de notre companero tombé, Juan Carlos Gomez Silvano, coordinateur de l’organsation dans la communauté Virgen de Dolores et pour le prochain mois, le deuxième anniversaire de notre companero tombé Juan Vazquez Guzman, secrétaire général de l’organisation, pour sa mémoire, la lutte continue à San Sebastian Bachajon.

Nous exigeons le retrait de la force publique de nos terres spoliées depuis février 2011 et de la commission Nationale des aires naturelles protégées.

Nous exigeons la liberté de nos prisonniers politiques, Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez Hernandez et des companeros prisonniers injustements Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez et Esteban Gomez Jimenez.

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Depuis la zone nord de l’état du Chiapas, les femmes et hommes de San Sebastian Bachajon nous vous envoyons des saluts combatifs.

Plus jamais un Mexique sans nous.

Terre et Liberté! Zapata Vit!

Jusqu’à la victoire, toujours!

Prisonniers politiques : liberté!

Juan Vazquez Guzman vit, la lutte de Bachajon continue!

Non aux spoliations des territoires indigènes!

Présentation immédiate des companeros disparus d’Ayotzinapa!

Justice pour AYOTZINAPA ACTEAL ABC ATENCO!

 

Photos: +Val K.
Trad: EspoirChiapas, Valk



Les Compas de Bachajon dénonce les persécutions du Gouvernement 

Bachajon dénonce la persécution et les mensonges à l’encontre des indigènes et de leur organisation. 

Trad&Photos: @ValkDEPUIS L’EJIDO SAN SEBASTIAN BACHAJON, ADHÉRENT À LA SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONA. CHIAPAS. MEXIQUE. Le 14 février 2015.

Au Commandement Général du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale
Aux Assemblées de Bon Gouvernement
Au Congrès National Indigène
Aux camarades adhérant-e-s à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone
Aux médias de communication de masse et alternatifs
Au réseau contre la Répression et pour la Solidarité
Au Mouvement de Justice pour le District de New York
Aux défenseurs des droits de l’homme nationaux et internationaux
Au peuple du Mexique et du monde

Compagnons et compagnes nous portons à votre connaissance que le mauvais gouvernement fait preuve de stratégie avec ses hypothétiques entrepreneurs touristiques pour créer une ambiance de persécution contre les communautés autochtones, et particulièrement contre notre organisation avec de faux cas d’agression sur la route et de délinquance organisée afin de diffamer notre lutte comme si nous étions des voleurs ou bandits des routes, pour cette raison ils envoient de plus en plus de police dans notre région de San Sebastian qui est près du croisement de Agua Azul sur la route d’Ocosingo à Palenque, parce qu’il ne se trouve aucun moyen de mettre fin à notre défense de notre territoire alors que nous voyons de plus en plus de frères et sœurs ejidatarios qui ouvrent leurs yeux face à la politique du mauvais gouvernement ce qui laisse de plus en plus seuls le Commissaire de l’ejido Alejandro Moreno Gomez et le Conseiller à la sécurité Samuel Diaz Guzman, comme à leur habitudes de mauvais gouvernements auxquels ils appartiennent.
Ce mauvais tour du mauvais gouvernement de nous accuser de faux crimes, d’agressions et de délinquance organisée est le même qu’en 2009 et 2011 quand ils ont incarcéré des compagnons prisonniers politiques défenseurs de la terre, mais nous n’avons pas peur des menaces du gouvernement, nous exigeons que les trois niveaux du mauvais gouvernement respectent les personnes et les communautés organisées parce que nous ne cesserons jamais de défendre la terre et les droits en tant que peuple.
Nous exigeons le retrait des forces publiques de nos terres dépossédées depuis février 2011 et de la commission nationale des zones naturelles protégées.

Nous exigeons la liberté pour nos prisonniers politiques Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernandez et les camarades injustement emprisonnés Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez et Esteban Gomez Jimenez.
Depuis la zone nord de l’État du Chiapas femmes et hommes de San Sebastián Bachajón envoyons nos salutations militantes.
Jamais plus un Mexique sans nous.
Terre et Liberté ! Vive Zapata !
Jusqu’à la victoire toujours !
Prisonniers politiques : Liberté !
Juan Vázquez Guzmán Vit, La Lutte de Bachajón continue !
Juan Carlos Gómez Silvano Vit, La Lutte de Bachajón continue !

Pas de dépossession des territoires autochtones !

Présentation immédiate des compagnons disparus d’Ayotzinapa !

JUSTICE POUR AYOTZINAPA, ACTEAL, ABC, ATENCO !

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Visite d’une brigade nationale et internationale à San Sebastián Bachajón:

Le siège régional est sous menace d’expulsion

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Les membres des terres collectives de l’ejido de San Sebastián Bachajón organisés pour la défense de leurs terres sont confrontés à la menace de l’évacuation forcée dans les prochains jours du nouveau siège régional.

Les membres des terres collectives liés aux partis politiques de la municipalité ont annoncé que si, dans un délais de dix jours – qui devrait terminer ce mardi 10 février- les forces publiques n’ont pas procédé à l’évacuation, eux-mêmes vont le mettre en œuvre. C’est ce qu’ont expliqué les compas du réseau contre la répression et pour la solidarité (RvsR) et de différents autres collectifs ayant participé entre les 6 et 8 février dernier à une brigade d’observation à San Sebastián Bachajón.

Durant un moment de partage, les différents brigadistes ont informé les différents médias libres présents ce lundi 9 février à San Cristobal de las Casas sur la situation actuellement traversée par la lutte de l’ejido de San Sebastián Bachajón, ainsi que de leurs expériences et leurs rencontres avec les compas des terres collectives de Bachajón.

Ci-dessous l’audio de la compartición:

http://komanilel.org/wp-content/uploads/2015/02/Brigada-de-Observaci%C3%B3n-Bachajon.mp3

L’accompagnement des membres des terres collectives de Bachajón par la brigade d’observation

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La brigade était composée de 33 personnes de différents pays et de 4 médias libres de différentes localités du Mexique. Durant trois jours, les participants ont accompagné les membres des terres collectives en lutte,les gens participaient aux commission de cuisine et de sécurité, et, au-delà du fait d’aborder le conflit à partir d’entretiens sur différentes thématiques, un questionnaire fut mis en place pour pouvoir témoigner de la situation actuelle des membres des terres collectives et différentes fresques ont été peintes sur les murs du bâtiment du nouveau siège régional. Le peu de temps de partage a servi aussi bien à ce que les brigadistes tout comme les tzeltales puissent partager leurs expériences, et se rencontrer dans un contexte plus quotidien et de proximité. De même, les proches de prisonniers politiques de la lutte et les proches de Juan Vázquez Guzmán et Juan Carlos Gómez Silvano (assassinés durant les deux dernières années) partagèrent également leurs situations et leurs émotions avec les brigadistes. Un autre moment fort fut la remise par le Réseau contre la répression et pour la Solidarité d’une banderole au siège régional, portant comme consigne : « Justice et liberté pour Bachajón,compañeros vous n’êtes pas seuls, la Sexta Vive ».

Les membres des terres collectives souhaitent la bienvenue et expliquent le processus historique de la lutte.

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Durant la bienvenue, les compas de San  Sebastián  Bachajón se mirent en ligne pour recevoir la brigade. Ce moment fut l’occasion pour les brigadistes de se présenter, et pour les membres des terres collectives de faire un petit récapitulatif historique du processus de lutte pour la défense des terres collectives de l’ejido de San  Sebastián. Le récit expliqua notamment comment démarra le conflit en 2004, quand la Commission Nationale des Aires Protégées (la CONANP) modifia et viola les limites de la zone appartenant soi-disant au gouvernement national, réduisant le territoire des membres des terres collectives en conséquence. Un an plus tard, les membres des terres collectives décident conjointement avec le commissaire des terres collectives d’alors, d’installer un guichet à l’entrée de la route d’entrée aux cascades d’Agua Azul, gérée par toute la communauté de manière transparente. En 2007 toutefois, une nouvelle autorité en charge des terres collectives de l’ejido, liée aux partis politiques, est imposée de manière illégitime. Cet état de fait pousse les membres des terres collectives de l’ejido non liés aux partis à créer leur propre commissaire en charge des terres collectives, avec sa propre commission de contrôle. La répression gouvernementale se met alors en place, au travers d’incarcérations et d’assassinats. C’est ainsi que les compas expliquèrent la situation à l’origine de la récupération des terres du 21 décembre dernier, de leur expulsion postérieure, du blocage de route consécutif, et de la construction du siège régional.

Rencontre avec les familles des prisonniers politiques et des assassinés.

Durant la visite de la brigade, des proches de Juan Vázquez Guzmán et de Juan Carlos Gómez Silvano sont également venus parler aux compaéneros, et leurs exprimer leurs sentiments. Les proches des prisonniers politiques ont eux aussi expliqué comment les forces publiques avec la complicité des autorités leur ont construit des délits afin d’incarcérer les gens qui n’étaient pas de leur faveur. C’est par exemple le cas d’ Esteban Gómez Jiménez,, incarcéré à prison d’El Amate, et qui se retrouve imputé d’homicide, vol avec violence, port d’arme et délinquance organisée. Ainsi qu’Emilio Jiménez Gómez,accusé de vol avec violence envers un étranger qui ne l’a pourtant jamais jugé coupable, avant d’avoir à signer des documents pour la police qu’il était pourtant incapable de lire. Le cas des trois compas emprisonnés à Yajalón, accusés d’avoir tiré sur quelqu’un durant la célébration du cri de l’indépendance dans leur communauté. Enfin, le cas de Santiago Moreno Perez fut évoqué, emprisonné depuis 5 ans et accusé d’homicide. La brigade recueillit de plus les cas de Juan Antonio Gómez Silvano et Mario Aguilar, détenus dans la communauté autonome de Virgen de Dolores, avec un mandat de dépôt pour tentative d’homicide volontaire. Les deux furent torturés par la police, et menacés.
Traduction de :
http://komanilel.org/2015/02/09/informe-brigada-de-observacion-sobre-la-situacion-en-san-sebastian-bachajon/

Video en español, Brigada a San Sebastían Bachajón
https://www.youtube.com/watch?v=M3sDb-Ibf_8

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Retour sur 1 mois et demi de lutte des comp@s de Bachajon

Mexique / Chiapas : #Bachajón: résistance indigène contre un mégaprojet touristique

par Ricardo Lagunes et Jessica Davies: http://www.jornada.unam.mx/2015/02/07/opinion/013a1pol

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La digne lutte des peuples autochtones tzeltal de l’ejido* de San Sebastián Bachajón, adhérents  [en grande partie – ndt] à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, dans la défense de leur territoire ancestral, la culture, la tradition et de l’identité, est devenue en quelquechose de presque légendaire. Ils ont souffert de l’assassinat de deux de leurs dirigeants communautaires: Juan Vázquez Guzmán, le 24 avril 2013, et Juan Carlos Gómez Silvano, 21 mars 2014, ainsi que la violence, la torture, l’emprisonnement injuste, la disparition forcée , les attaques, les menaces, le harcèlement, l’intimidation et la présence continue de la police, mais sa digne résistance contre la dépossession de leurs terres pour la construction d’un mégaprojet touristique demeure.

le 21 Décembre 2014, plus de 400 ejidatarios ont récupéré pacifiquement les terres d’usage courant dont ils avaient été dépouillé illégalement le 2 Février 2011 par les “trois niveaux de gouvernement” et leurs partisans locaux. La date de la reprise est très symbolique: le deuxième anniversaire de la marche silencieuse des zapatistes et le jour de l’inauguration du Festival mondial de la Résistance et Rebeldías, organisée par le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nacional (EZLN).

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Au coeur de la terre volée par le gouvernement passe la route d’accès au centre d’écotourisme des cascades spectaculaires de Agua Azul, située dans la ville de Tumbalá, entouré par une belle, riche faune forestière et des ressources naturelles. Par conséquent, les gouvernements et les entreprises privées sont impatients de profiter de ces terres et installer un projet touristique d’élite, des hôtels de luxe, terrains de golf et une autoroute. Mais l’usage des terres communes appartient éthiquement et pénalement aux propriétaires fonciers que sont les peuples autochtones.

Les terres de Bachajón sont légalement protégées par la suspension du plan accordé en appui “274/2011”. La décision juridique de cet appel doit être prise dans les prochaines semaines et est très susceptible d’être favorables à la protection des droits collectifs des indigènes autochtones. Surtout, les propriétaires ont choisi de passer par des moyens légaux et pacifiques, cherchant toujours le dialogue au sein des communautés locales.

Pendant 18 jours et nuits, 500 femmes, hommes, jeunes et vieux ont formé des cordons pour surveiller par rotation leur territoire récupéré. Ils ont reçu plusieurs menaces et intimidation, et il ya une crainte constante d’une attaque et d’une expulsion par la police et les groupes paramilitaires contrôlés par l’élu Alejandro Moreno Gómez et le conseiller à la sécurité Samuel Díaz Guzmán.

Dans la matinée du 9 Janvier 2015; plus de 900 membres des forces étatiques et fédérales ont violemment expulsé les ejidatarios, forçant beaucoup à fuir vers les collines et les forêts. Dénonçant l’attaque, les villageois ont confirmé que cela ne fait que renforcer leur conviction de continuer leur lutte et leur résistance.

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 Le 11 Janvier 2015, les Indiens de San Sebastián Bachajón, en signe de protestation et de résistance pacifique, ont bloqué la route Ocosingo-Palenque, au croisement de la cascade de Agua Azul. La police de l’Etat du Chiapas a tiré sur les ejidatarios pendant 20 minutes, en utilisant des armes de gros calibre ainsi que des balles de caoutchouc. Trois personnes ont été blessées. Malgré cela, après une heure de résistance, les indigènes de Bachajón repoussèrent les forces gouvernementales et maintiennent toujours leur présence à ce jour.

Les ejidatarios et leurs compagnons du monde entier ont déclaré qu’ils rendent responsables les trois gouvernements de toute atteinte à leur vie et à leur sécurité dans leurs actions pour la défense de la terre. Actuellement ils demeurent dignes dans leur lutte et appellent à la solidarité et aux actions nationales et au soutien international. Un exemple de ces actions est le Forum mondial qui a eut lieu le 18 Janvier dans le CIDECI Unitierra à San Cristobal de Las Casas au Chiapas.

bachajon10Dans une déclaration le 10 Janvier 2015, les ejidatarios ont dit sans détour ce qui motive leur combat: “Nous voulons dire au mauvais gouvernement (…) que notre terre n’est pas à vendre; dans notre territoire, ils ne feront pas leur grand projet d’écotourisme et d’autoroutes, nous n’allons pas permettre que les communautés soient déplacées et que cela augmente la pauvreté seulement pour que vous vous enrichissiez au détriment de notre souffrance”.

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VIERNES, 30 DE ENERO DE 2015

Bachajon denonce des coups de feu, et créé son siège régional

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Aux Juntas de Buen Gobierno,

A la comandancia Générale Comité Clandestin Révolutionnaire Indigènes de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN)

Au Congrès National Indigène

Aux Companer@s adhérents à la Sexta Declaration de la Forêt Lacandon,

Au médias de communications massifs et alternatifs,

A la Red contra La Represion y por la Solidaridad,

Au Mouvement de Justice pour le Quartier de New York

Aux défenseurs des droits de l’homme, nationaux, et internationaux

Aux peuples du Mexique et du monde.

Compañeras et compañeros nous mettons à votre connaissance que nous continuons de faire des travaux de résistance pour défendre notre peuple et territoire des spoliations du mauvais gouvernement, pour cela nous construisons un siège régional San Sebastian Bachajon pour que ce soit un lieu de travail, ateliers, et d’échanges. Ce siège depuis la journée d’aujourd’hui, commence ses travaux, nous l’avons construite à un kilomètre entre le croisement d’Agua Azul et la limite avec la municipalité officielle de Tumbala.

Nous exigeons du mauvais gouvernement que ses polices partent des terres spoliées depuis le 2 février 2011, car les terres sont du peuple et nous n’allons pas permettre qu’il les quitte pour ses intérêts économiques.

Nous exigeons du Commissaire Ejidal Alejandro Moreno Gomez et son conseiller de sécurité Samuel Diaz Guzman qu’ils ne continuent pas de vendre leur dignité pour l’argent, tout comme l’a fait l’ex commissaire Francisco Guzman Jiménez. Nous dénonçons que ces mauvais représentants officialistes sont en train d’organiser aux groupes de Juan Alvaro Moreno de Xanil, et Manuel Jiménez Moreno de Pamala, pour faire des tirs dans la nuit avec des armes de haut calibre.

Et ainsi donc, ils ont des réunions privées avec le délégué de Chilon Francisco Demeza Hernandez et Carlos Jiménez Trujillo, député local, pour planifier l’expulsion des companer@s qui gardent le siège régional, et ceux qui font payer le droit d’entrée des cascades d’Agua Azul, et nous responsabilisons les trois niveaux du gouvernement pour n’importe quelle types d’attaque ou affrontement qui se passerait.

Depuis la zone nord de l’état du Chiapas, les femmes et hommes de San Sebastian Bachajon nous envoyons nos salutations combatives à tous les peuples, communautés et organisations qui sont en résistances, plus jamais un Mexique sans nous

Cordialement,

Terre et Liberté! Zapata Vit!

Hasta la victoria Siempre!

Prisonniers politique, Liberté!

Juan Vázquez Guzmán Vit, la lutte de Bachajon continue!

Juan Carlos Gómez Silvano Vit, la lutte de Bachajon continue!

Non à la spoliations des territoires indigènes!

Présentation immédiate des companeros disparus d’Ayotzinapa!

Justice pour Ayotzinapa, Acteal, ABC, Atenco!

 

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Cinq lumières dans le brouillard du conflit de Bachajon

 Première lumière: Le projet “Cancun Chiapanèque”

ImageProxy (6)Un “Cancun Chiapanèque”, “l’entrée au monde maya”, “the mayan route, the end of the era, for you, a new journey”: zone nord de l’état du Chiapas, un point crucial pour les plans de développement économique du gouvernement étatique. En 2007, la presse s’est donné l’envol de l’annonce du CIPP (Centre Intégralement Planifie Palenque), qui stagne depuis 8 ans. Les cascades de Agua Azul, la Foret Lacandon, les plages de Catazaja (sur les rives du fleuve Usumacinta), les cascades de Misol Ha, le temple archéologique de Palenque; tout est prétendue être connecté dans un réseau de méga projets. A partir de l’idée d’entreprendre un développement d’hôtels, d’un parc thématique, d’un terrain de golf, de zones commerciales, de complexes résidentielles, c’est ajouté l’aéroport de Palenque (inauguré en 2014) et l’autoroute de San Cristobal-Palenque. En joignant toutes ces infrastructures au moins 7 municipalités serait affecté directement: Catazaja, Chilon, Ocosingo, Salto del Agua, Tumbala et Palenque.

*http://sil.gobernacion.gob.mx/Archivos/Documentos/2010/10/asun_2690699_20101014_1287105872.pdf  (Point d’accord du Senat sollicitant l’information sur le méga projet et ses avancés déjà en 2010)

*http://www.cnnexpansion.com/obras/pulso-de-la-construccion/chiapas-se-perfila-como-el-nuevo-cancun  Note de CNN expansion: La presse s’est donné l’envole

*http://www.masde131.com/2014/10/de-la-raza-a-la-resistencia-los-perjuicios-de-la-carretera-san-cristobal-palenque/

*http://www.cgtchiapas.org/sites/default/files/mexicoparadiseindisputeft.com_.pdf

Entre les projets et la réalité, entre les désirs des corporations hôtelières, constructrices, et la nature abondante de la région, sont présents les territoires ancestraux et les ejidos* des peuples indigènes, en particulier des tseltals de Bachajon. 

Deuxième Lumière: Terre ejidale et défense du territoire

Il suffit de parcourir la nouvelle de Balun Canan* pour palper le méprit structurel, colonial et la lutte pour la terre qu’a vécus le peuple tseltal depuis 522 ans. Après la révolution mexicaine de 1910, les paysans ont su se doter de terres à travers la figure communale de l’ejido. Après le soulèvement armé de l’Armée Zapatiste de Libération National (EZLN) en 1994, les indigènes de tout le Chiapas ont réussi à récupérer des mains des grands propriétaires terriens plusieurs autres terres.

Aujourd’hui, ces ejidos et biens communaux existent encore. Certains sont des forets, d’autres sont utilisés pour le bétail, la culture de maïs, le café.

Les tseltales de San Sébastian Bachajon ont eu le formulaire de base de son ejido déjà bien tard, dans les années 1980, lequel est constitué de près de 70.000 hectares, ce qui en fait l’un des ejido le plus grand du pays. Comme dans tout ejido, la décision sur l’avenir de toute parcelles de terres correspond uniquement à l’Assemblée général des ejidatarios*. La figure du Commissaire Ejidal (qui aujourd’hui est représenté par Alejandro Moreno Gomez), a pour unique charge celle de l’exécution des décisions de la dite Assemblée.

Le conflit et division qui existe aujourd’hui à l’intérieur de l’ejido coïncide avec le moment du lancement du projet de Centre Intégralement Planifie Palenque et s’intensifie avec l’expulsion armée du 2 février 2011 par un groupe de la communauté de Pamala dirigé par Manuel Jiménez Moreno et de la communauté de Xanil dirigé par Juan Alvaro Moreno, et appuyé par un déploiement de police étatique et fédéral d’à peu près 800 éléments. De plus en mars 2011 l’ex Commissaire ejidal de San Sébastian Bachajon, Francisco Guzman Jiménez signe l’accord d’une table composé de membres du cabinet de l’ex gouverneur Juan Sabines Guerrero et de représentants de la communauté Agua Azul pour céder une partie du territoire au Gouvernement de l’Etat du Chiapas et à la Commission Nationale des Aires Naturelles et Protégées (CONANP), qui construira un guichet d’entrée sur les terres d’usage commun de San Sébastian Bachajon dans la zone limitrophe avec la municipalité de Tumbala, sur le chemin qui conduit aux cascades. Tout cela c’est réalisé sans consultation ni consentement libre, préalable et informé.

Là même où se trouve la terre expropriée, les ejidatarios, femmes, enfants et anciens, adhérents a la convocation faite par l’EZLN de la Sixième Déclaration de la Foret Lacandon, maintiennent leur propre guichet d’entrée aux cascades.

En février 2014, l’ejido tsotsil de Los Llanos dans la municipalité de San Cristobal de Las Casas, Chiapas interposent un appel juridique contre l’autoroute qui prétend nuire à son territoire, tel que l’annonça publiquement en novembre 2013, le secrétaire General du Gouvernement, Eduardo Ramirez Aguilar. En aout 2014, s’est réalisée une assemblée dans l’ejido voisin de San Sébastian Bachajon, San Jeronimo Bachajon, qui donne un répétitif non à l’implantation de l’autoroute San Cristobal-Palenque. Surgit alors le Mouvement en Défense de la Vie et du Territoire. Le 12 octobre l’ejido Los Llanos célèbre le jour de la résistance des peuples originaires en compagnie des autres peuples et organisations en résistance, entre celles-ci est présente la communauté de San Sébastian Bachajon.

Troisième Lumière: Agressions et violence de l’Etat

ImageProxy (9)Juan Vazquez Guzman, porte-parole et coordinateur des Adhérents de la Sixième Déclaration de la Foret Lacandon, a été assassiné le 24 avril 2013. Les autorités non arrêté personne, ni ont enquêté sur sa mort. Juan Carlos Gomez Silvano, coordinateur des Adhérents de la Sixième Déclaration de la Foret Lacandon, a été assassiné le 21 mars 2014. Plus de 120 intégrants des adhérents de la Sixième ont été arrêté par la police municipal et étatique a diffèrent moment depuis que c’est fondé l’organisation en 2007. En ce moment, ils recensent 3 prisonniers politiques incarcérés dans le Centre Etatique pour la Réinsertion Sociale des Inculpes numéro 12 à Yajalon, Chiapas: Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández.

http://www.masde131.com/2014/09/y-ahora-apresan-y-torturan-a-tres-tzeltales-de-chiapas-tambien-del-congreso-nacional-indigena/  Apresan y torturan a tzeltales de Chiapas

http://www.masde131.com/2014/10/tejido-testimonial-de-cuatro-indigenas-presos-en-chiapas/  Tejido testimonial de cuatro presos indígenas en Chiapas

Le 21 décembre 2014, dans le contexte de l’inauguration du Festival des Résistances et des Rebellions Contre le Capitalisme, les adhérents de la Sixième décident de récupérer le territoire où ils maintiennent le guichet d’entrée. Ils sont délogés le 9 janvier par plus de 800 policiers. La fin de semaine passée ils décident [le 11 janvier 2014], encore une fois, de récupérer le guichet en bloquant la route Ocosingo-Palenque au niveau du carrefour de Agua Azul. Ils réussissent, mais ils sont attaqués par des balles en caoutchouc et arme à feu de gros calibre.

Des hélicoptères survolent le lieu et les maisons des adhérents, en les prenant en photos. A ce moment, en accord avec l’information qu’ils ont diffusées, la police et les personnes proches au commissaire ejidal encercles les cascades. 

Quatrième Lumière: La défense légale à côté de la défense territoriale

On ne les a jamais consultés, personne ne leur a demandé leur avis, s’ils sont d’accord ou non avec les méga projets mentionné. L’autonomie sur leur territoire ancestral qu’ils exercent a encore moins été respectée. La défense légale de Bachajon, en plus de prendre en compte le thème agraire, se trouve dans la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail, la Déclaration des Nations-Unis sur les Droits des Peuples Indigènes et la Loi pour le Dialogue, la Conciliation et la Paix Digne au Chiapas, qui attribuent aux peuples le droit à la préalable consultation, libre et informée, le droit au territoire et à ses ressources naturelles, à la libre détermination, entre autres.

Mariano Moreno Guzmán, ancien de la communauté et fondateur de l’ejido, ex-commissaire ejidal qui a réussi à intégrer le formulaire de base de l’ejido, a le rôle de “représentation substitué” dans le jugement de l’appel 274/2011 face au Juge Septième du District de Tuxtla Gutierrez, Chiapas. Le 29 septembre dernier le Troisième Tribunal Agrégé de Tuxtla Gutierrez a résout l’appel de révision 224/2014 contre le non-lieu du jugement 274/2011, et a décidé de le remettre à la Cour Suprême de Justice de la Nation pour qu’il exerce sa faculté d’attraction, signalant entre autres choses le suivant:

“Configuré correctement du à ce que son action juridique cherche a défendre les droits collectifs de sa population face à la complicité qu’a encouru le Commissaire ejidal avec les actes d’expulsions des autorités du gouvernement fédéral et de l’Etat du Chiapas. Des aspects éminents sont exposés comme le refus et le manque d’accès à la justice des peuples indigènes, le respect à ses droits à la consultation, à attribuer le libre consentement préalable et informé”.

La seconde salle de la Cour Suprême de Justice avec le projet de la ministre Chiapanèque Luna Ramos a décidé le 19 novembre 2014 de ne pas prendre le cas, ce qui le ramènera au Troisième Tribunal agrégé de Tuxtla Gutierrez pour qu’il procède à résoudre l’affaire des violations aux droits des peuples indigènes exposées.

Cinquième Lumière: Contre information et médias libres à Bachajon

ImageProxy (10)Divers médias de communication du Chiapas sont allé à Bachajon pour réaliser des documentaires, reportages et analyses sur ce qu’il s’y passe. Des sites internet comme Koman Ilel, Kolectivo Zero et Pozol, ainsi que Subversiones et Radio Zapote (en plus du réseau de tejemedios et autres [en français: Espoir Chiapas, CSPCL et Libérons-les] ont diffusés des communiqués, des vidéos avec témoignages et des photos depuis le lieu des faits. De même, les mêmes adhérents à la Sixième de Bachajon en coordination avec le Mouvement pour la Justice du Barrio de New-York, lequel s’est solidarisé avec l’ejido depuis 2011, maintiennent un blog où sont diffusés leurs dénonciations, leurs pétitions et leur point de vue: https://vivabachajon.wordpress.com/

Masde131 a réalisé il y a un an le documentaire suivant qui prétend mettre en contexte “le combat pour la vie et la mort qui se créé autour des cascades de Agua Azul” (la lucha por la vida y la muerte que se genera alrededor de las cascadas de Agua Azul.).

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Forum Mondial contre les expulsions rurales et urbaines


Par TrabaLe Dimanche 18 janvier 2015 des centaines de personnes se sont réunies dans les enceintes de l’Université de la Terre, au CIDECI àSan Cristobal de Las Casas, pour le forum convoqué par les comp@s de Bachajon, expulsé depuis le 9 janvier des terres qu’ils avaient récupérées une vingtaine de jours auparavant.
Ces derniers ont invité les comp@s de la ZAD de Notre Dame Des Landes, celles/ceux du mouvement NO TAV en Italie, ainsi que des membres de la communauté de Xochicuautla, et de Banavil.
Dimanche 18 janvier 2015, forum mondial contre les expulsions rurales et urbaines au  CIDECI de San Cristobal de las Casas, Chiapas.
San Sebastian Bachajon
Une companera commence par remercier le public, nombreux, de sa présence. Elle donne ensuite la parole aux compas de la communauté San Sebastien Bachajon, adhérente à la sexta déclaration de la selva Lacandone. Ils sont trois. Ils vont parler à tour de rôle. Le premier lit un communiqué rappelant les faits. Le 21 décembre, les hommes et les femmes de la communauté ont récupéré leur terres et ont occupé le péage menant aux cascades d’Agua Azul.
Le 9 janvier, le mauvais gouvernement a envoyé pres de mille policiers pour les expulser. Le 11 janvier, pour se faire entendre, ils décidèrent de bloquer la route Ocosingo-Palenque un axe très fréquenté par les touristes en route vers les temples mayas ou vers les cascades très touristiques de Agua Azul.
Les policiers attaquèrent et blessèrent deux personnes.
Le 12 janvier, une brigade internationale de soutien s’est mis en place avec l’appui de médias libres.Il termine son discours en disant Terre et Liberté. La lutte de Bachajon continue.
Un autre compa poursuit en tzetzal. Une traduction en espagnol se fait en suivant. Il fait un petit historique depuis 2007. Il raconte les prisonniers politiques et les expulsions successives. Il commente la répression systématique que la communauté subit depuis des années avec la mort de Juan Vasquez Guzman et un autre compas.
Pourtant, la lutte continue. Jamais, ils ne renonceront. Ils se solidarisent avec la lutte pour la présentation en vie des 43 disparus d’Ayotzinapa. Par la suite, une vidéo sur la communauté permet de mieux comprendre cette communauté en résistance.
Enfin, une vidéo sur les derniers évènements à été présentée au public.
No Tav
La rencontre se poursuit avec une vidéo sur le méga-projet d’une ligne de train à grande vitesse entre l’Italie et la France au cœur des Alpes, imaginée dès les années 70. Ce projet inutile détruirait toute la nature environnante. Une opposition au projet s’est alors mise en place, le NO TAV. A partir de 2009, le mouvement et tous les militants sociaux furent réprimés par les forces publiques et une criminalisation de l’action sociale.En 2011, un campement s’est organisé pour empêcher les travaux. Ils furent expulsés rapidement. Une grande marche de protestation s’est alors organisée. Les persécutions policières continuèrent.  Mais le mouvement ne renonce. La lutte continue.Mouvement pour la Justice dans le QuartierJuan, militant du mouvement pour la justice dans le quartier (Movimiento por justicia en el barrio) se présente comme migrant mexicain vivant à New-York. Une petite vidéo appuie ses paroles. Ils luttent pour leur dignité. En 2004, suite aux menaces d’expulsion de leurs maisons, un groupe de migrants mexicains décidèrent de s’organiser pour résister. Ils s’inspirent de la lutte zapatiste et ont adhéré à l’Autre Campagne de 2006. Ils formèrent des comités pour partager leur lutte et s’opposer aux projets de spéculation immobilière. En 2007, ils ont organisés des rencontres à New-York et des consultations populaires. Ils sont en train d’inventer un zapatisme urbain. Une autre forme de faire de la politique, en bas à gauche comme disent les zapatistes. Cette organisation se veut aussi relais sur toutes les injustices et exactions qui se passent au Mexique. Ils ont menés une campagne de d’information et soutien à San Salvador Atenco, organisation qui luttait contre un méga-projet d’aéroport  qui subit une féroce répression. Leur devise : Démocratie Liberté et Justice. Aujourd’hui, ils se mobilisent pour la communauté de San Sébastien Bachajon.
Juan reprend la parole et remercie le public.ZAD, Notre Dame des Landes
Puis vient le tour des comp@s de la ZAD (Zone à Défendre) de Notre-Dame-des-Landes qui se présentent tou-te-s les quatre sous le nom de Camille, représant-e-s non-mandaté-e-s. La première remercie les participants. Elle raconte leur lutte contre un projet d’aéroport près de Nantes. En fond, sur l’écran, une carte situe la France. Une autre carte présente la zone envisagée pour implanter cet aéroport. Ce projet est porté par Vinci, une multinationale ainsi que par le gouvernement français. Une autre compas reprend l’historique depuis les années 70, naissance du projet, et des photos défilent. Le projet végète jusqu’aux années 2000. Durant cette pause, la faune et la flore ont pu se développer. La biodiversité devenue unique, il était impensable de construire un aéroport à cet endroit. Ce projet touchant une quinzaine de fermes, les habitants décidèrent de créer une association de défense: l’ACIPA.
La mobilisation a augmenté et dès 2005 des rassemblements ont lieu tous les étés. Une Coordination des opposants a dû se monter entre une cinquantaine d’assos et quelques partis politiques, avec des réunions très régulières dans une grange au cœur de la zone. Les médias libres au niveau français et européen se font relais de leur lutte. En 2009 suite à un Camp Action Climat et l’Appel des habitants, l’occupation devient un nouveau moyen de lutte. De nouveaux occupants arrivent et construisent des cabanes dans les arbres, ils organisent des potagers collectifs, une boulangerie… A ce moment là, une grande partie des français venait du milieu des squats et anarchistes et les internationaux venaient de luttes pour la défense des forêt… Un partage de savoirs et de connaissances se met en place. Les féministes sont bien représentées et il y a peu de rôles genrés : ils recherchent systématiquement la mixité et les femmes s’occupent autant de mécaniques ou de construction de cabanes que les hommes de cuisine.
Il y a aussi ceux qui luttent contre l’oppression animale comme les anti-spécistes. Il y a une cuisine collective et les repas sont à prix libres pour que l’argent ne soit pas un problème. Il y a une vraie culture de la récupération autant pour la construction que pour l’alimentation. Il ya une entraide financière entre ceux qui n’ont rien et ceux qui perçoivent une allocation comme le RSA.Ils ont une stratégie de lutte contre la police, ils refusent de donneur leur identité lors des contrôles de police et à chaque arrestation, ils sèment la pagaille et finalement cela fatigue la police qui pense qu’elle perd son temps. Il y a différentes actions pour freiner le projet en empêchant les travailleurs de faire leurs relevés, le sabotage des machines… Il y a eu une grande manifestation en mars 2012 et une grande solidarité sur le terrain. En 2012, certaines personnes décidèrent de faire une grève de la faim ce qui a permis d’avoir un accord pour ne pas expulser les habitants légaux de la zone.La ZAD est diabolisée par la presse « bourgeoise » en disant qu’ils sont sales et qu’ils profitent du système.En 2012, une tentative d’expulsion par la police fut un véritable échec grâce au soutien de millier de personnes qui amenaient à manger, des couvertures… Durant cette opération, trois maisons furent détruites. Des personnes se proposèrent de reconstruire les cabanes.Cette expérience de lutte inspire d’autre ZAD. Il y a en 18 aujourd’hui en France !En février 2014, ils organisent une grande marche à Nantes où il ya 40000 personnes et 520 tracteurs mais la police veut empêcher le passage en ville ce qui crée une émeute avec la destruction d’un peu de mobilier urbains. Il y eu beaucoup de blessés, 3 personnes perdirent leur œil à cause des tirs de la police. La presse de focalise sur la destruction matérielle et cela contribue à diviser le mouvement. Sur la base de photos floues, des personnes furent arrêtés et condamnées pour “participation à la casse” lors de la marche ! La répression est de plus en plus féroce.

En octobre 2014, un manifestant fut tué par un gendarme sur la ZAD du Testet dans le sud de la France. L’état a essayé de minimiser son rôle mais cela montre la dangerosité des armes policières. Des marches de protestions se sont organisés contre la répression de l’état.

La ZAD continue la lutte pour l’autonomie et contre le monde capitaliste, elle continue les expérimentations aussi.
L’état menace de revenir à la charge et ils restent mobilisés.

Lors du Festival Mondial des Résistances, un slogan dit “si le capitalisme est mondial, alors nos luttes doivent être mondialisées”.
Ils apprirent la lutte de la communauté de Bachajon en la visitant et se sentent proches d’eux. Ils ont beaucoup de choses en commun.
“Votre lutte est notre lutte et votre résistance est notre résistance.”

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Premier rapport de la « Caravane Sexta Internationale » suite à la visite de San Sebastián Bachajón.

Mercredi 14  janvier 2015.

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Bref résumé des faits survenus sur les terres communales de l’ejido de San Sebastián Bachajón depuis la récupération de leurs terres, le 21 décembre  2014.

Le 21 décembre 2014, durant l’inauguration du Festival mondial des résistances et des rébellions contre le capitalisme au Mexique, des compañeros adhérents à la Sixième déclaration de la Sexta Lacandone de l’ejido de San Sebastián Bachajón, situé au nord du Chiapas, ont annoncé que ce même jour à l’aurore, ils avaient procédé à la récupération des terres qui leur avaient été spoliées depuis le 2 février 2011 par le gouverneur du Chiapas Juan Sabines Guerrero et par Noé Castañón León, son secrétaire de gouvernement, en complicité avec le commissaire officiel des terres comunales de l’ejido, Francisco Guzmán Jiménez. L’invitation fut alors faite aux participants au Festival mondial à venir les soutenir et à manifester leur solidarité, en défense des terres récupérées.
Le 21 décembre à peu près 400 femmes, enfants, jeunes, hommes, femmes et anciennes et anciens de San Sebastián Bachajón réoccupèrent de manière pacifique les terres en usage communal dépendant de la surface octroyée à l’ejido de San Sebastián situées en bordure de la municipalité de Tumbalá, sur le chemin d’accès au centre écotouristique des Cascades d’Agua Azul, sur lesquelles le gouvernement du Chiapas et les institutions fédérales
avaient construit depuis un guichet d’entrée aux cascades, administrée par la Commission Nationale des Aires Naturelles Protégées (CONANP) et par le secrétariat des finances du Chiapas, ainsi qu’un Centre d’attention d’urgence de la Protection civile, et un soi-disant bureau de consultation médicale, complètement abandonné.

La résistance des compas contre la répression policière et paramilitaire est vieille de plus de six ans déjà. Au cours de cette période eurent lieu les assassinats extra-judiciaires de Juan Vázquez Guzmán et de Juan Carlos Gómez Silvano, et l’incarcération injuste de plus de 120 compañeros. Trois d’entre eux, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández sont toujours en prison, où ils ont été torturés par les instances de l’Etat du Chiapas. [Ajout du traducteur: les personnes incarcérées sont le frère, le cousin et un proche de Juan Carlos Gómez Silvano, assassiné le vendredi 21 mars 2014. Suite aux enquêtes ultérieures à son assassinat, un policier municipal se trouve incarcéré.  En représailles, la police municipale locale a procédé à l’arrestation et la torture des trois personnes mentionnées, suspectes d’être à l’origine des plaintes pour l’assassinat de leur proche].

Ces actes de répression de la part des autorités gouvernementales n’ont pas pour autant entamé leur conviction à récupérer leurs terres ; au contraire, la douleur due à la perte des compañeros abattus n’a fait que renforcer leur conviction: « Pour toutes les injustices causées par le mauvais gouvernement qui préfère nous voir morts, en prison, ou vivant
dans la misère et la marginalisation, parce qu’ils nous dépouillent de notre terre pour l’offrir aux grandes entreprises et aux politiciens corrompus et qu’ils deviennent encore plus riches alors que nos communautés meurent de faim… C’est pour ces raisons, que les communautés de notre organisation ont décidé en assemblée de procéder aujourd’hui à la
récupération des terres spoliées par le mauvais gouvernement. »
(Communiqué de San Sebastián Bachajón, 21 décembre 2014).

Durant les jours suivant le début de l’occupation, différentes menaces d’expulsion et de répression furent envoyées par les forces publiques et différents groupes paramilitaires agissant en coopération avec le commissaire officiel des terres communales de l’ejido Alejandro Moreno Gómez, ainsi que Samuel Díaz Guzmán son conseiller à la surveillance des terres. Le 30 décembre, des représentants du gouvernement du Chiapas exigèrent aux ejidatari@s de la Sexta de se retirer des terres récupérées pour permettre de cette manière que puisse avoir lieu un dialogue entre les compas et les ejidatari@s liés aux autorités officielles. Cette exigence fut accompagnée de menaces d’expulsion et d’arrestation en cas de refus d’abandonner les terres récupérées.

fuera fuerza publica
Face à ces menaces, les compañer@s de Bachajón décidèrent de maintenir le contrôle des terres récupérées, tout en laissant le flux de touristes reprendre son cours normal. Des centaines de compañer@s couverts de passe-montagnes surveillaient alors l’accès aux cascades, ce qui n’avait pas l’air de gêner les touristes de passage. Aucun d’entre eux ne se
rendait compte que 24 heures sur 24, des compas cachés dans les arbres des deux côtés de l’autoroute surveillaient l’accès aux cascades. Chaque compa jeune, ancien, femme ou homme avait à effectuer des tours de garde de trois jours consécutifs sans dormir qui devaient avoir lieu tous les quinze jours. Durant les 18 jours de réoccupation, ce sont plus de 500 compañer@s des différents villages des terres communales de l’ejido qui se
sont succédé sur place.

Le 30 décembre, entre 40 et 50 personnes payées et organisées par le commissaire ejidal Alejandro Moreno Gómez bloquèrent les autoroutes San Cristóbal-Palenque et San Cristóbal-Chilón aux abords des villages de Temó et de Pamalá non seulement pour exiger l’intervention des forces publiques, mais aussi pour faire croire qu’il s’agissait d’un conflit
intra-communautaire qui ne correspondrait qu’aux conflits politiques internes de la communauté de Bachajón, et non pas aux intérêts du gouvernement et des entreprises touristiques.

Le 9 janvier, à 6h30 du matin, plus de 900 éléments des forces de pólice fédérales et de l’Etat du Chiapas expulsaient violemment les compañer@s de l’ejido San Sebastián Bachajón. Durant cette attaque, huit personnes de San Sebastián Bachajón furent temporairement portées disparues, trois ayant capturés avec pour intention de procéder à leur arrestation, mais toutes arrivèrent finalement à se libérer.

Dans un communiqué, les ejidatari@s dénoncèrent l’attaque le jour même. Le lendemain, les médias libres rendus sur place confirmèrent l’occupation des terrains par la force publique et notèrent la présence de 10 camions de police et de nombreux camions de couleur blanche pleins de policiers sur l’aire récupérée, et de deux autres camions stationnés près des installations locales du secrétariat de sécurité et de protection
citoyenne de l’Etat du Chiapas.
Les  ejidatari@s ont depuis dénoncé que des complices de la pólice de l’Etat avaient menacé les compañeros Jeremías Cruz Hernández et Francisco Jiménez Hernández, originaires du village de Xanil, situé sur les terres de l’ejido. Ces compañeros craignent aujourd’hui pour leur vie.

Dans un communiqué diffusé le 10 janvier, les ejidatari@s dirent que l’expulsion “ne rendait pas leur coeur triste, mais tout au contraire le remplit de plus de courage pour rendre plus fort le mouvement en défense de la terre et du territoire ». Ils demandèrent également à tous les compañer@s solidaires qu’ils restent attentifs aux faits parce que de fortes rumeurs circulaient disant que la police désignait les maisons des compas afin de les arrêter, et s’oorganisaient également pour procéder à l’expulsion du siège de l’organisation des compas, situé dans la communauté de Nah Choj.

Le 11 janvier dernier, les ejidatari@s revinrent occuper les terres. A 6h30 du matin, les compañer@s reprirent et bloquèrent le croisement de routes menant aux cascades d’Agua Azul. En réponse, la police de l’Etat bloqua avec des arbres l’accès autoroutier 500 mètres plus loin, et depuis leur barricade de fortune, tirèrent sur les ejidatari@s durant une
vingtaine de minutes. Deux d’entre eux furent blessés par des balles en caoutchouc. Un des ejidatarios, Juan Pérez Moreno, fut quant à lui blessé au bras gauche par une balle de gros calibre [et de nombresues cartouches de balles réelles furent retrouvées sur place par les compas]. Cependant les ejidatarios ne s’enfuirent pas face à l’ataque, et vers 7h30, ils
réussir à faire reculer la police.
[https://www.youtube.com/watch?v=P6SwtczPwmo]

Le jour suivant (12 janvier), un hélicoptère de la police survola la communauté de Xanil et prit des photos des maisons des coordinateurs de la résistance. Au même moment, des groupes de paramilitaires de la communauté de Pamalha dirigés par Manuel Jimenez Moreno et de la comunauté de Xanil, dirigés par Juan Álvaro Moreno, Jeremías Cruz Hernandez et Francisco Jimenez Hernandez, se dirigèrent en direction des territoires spoliés
apparemment afin de renforcer les agressions policières contre les adherent.e.s de la Sexta. [https://www.youtube.com/watch?v=WNwyjD0ghxg] Ce même jour, arriva la « Caravane de la Sexta Internacionale en soutien à San Sebastián Bachajón », incluant des membres de différents pays: Colombie, France, Etats-Unis et Mexique.

En ce moment les compañer@s mantiennent le blocus, bien qu’hier ils aient décider de passer d’un blocage total de la circulation à un blocage intermittent. Ils nous demandent d’être attentifs face à de nouvelles attaques du blocage, et que nous diffusions toutes et tous la parole de leur digne lutte, par tous les moyens possibles.

Caravane « Sexta Internationale »
Trad. Siete NubS

plus d’informations en français:

https://vivabachajon.wordpress.com/en-frances/
https://liberonsles.wordpress.com/

https://www.youtube.com/watch?v=P6SwtczPwmo

https://www.youtube.com/watch?v=WNwyjD0ghxg

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+ de 50 organisations et individus dénoncent les attaques contre les comp@s de Bachajon

 

BachajonAux Conseils de Bon Gouvernement et á l’Armée Zapatiste de Libération National
Aux Bases d’Appuis Zapatiste
Au Congrès National Indigène
Au Festival Mondial des Résistances et des Rebellions
Aux compagnonEs adhérents a la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona
Aux Medias Libres et Indépendants
Aux défenseurs des droits de l’homme
Aux peuples du Mexique et du monde

Frères et sœurs,
Compagnons, Compagnonnes,

Le matin du 9 janvier, presque 1000 éléments de la police fédérale et étatique ont délogé les habitantEs de l’ejido de San Sebastian Bachajon d’une partie de son territoire. Ces terres avaient été récupérées le 21 décembre 2014 par les habitantEs de l’ejido, après que le mauvais gouvernement les avaient volées de manière violente le 2 février 2011.

De plus, pendant cette opération policière, 8 personnes de l’ejido ont été embarquées, mais ont réussi à retourner sain et sauf avec leur compagnonEs quelques heures plus tard.

La récupération du territoire des très touristiques cascades d’Agua Azul a été pacifique, cherchant le dialogue avec toute la communauté. En aucun cas les compagnonEs ont utilisé la force. A aucun moment le mauvais gouvernement n’a voulu faciliter le dialogue entre les différents partis, son unique réponse a été d’envoyer trois fois plus de policiers que de compagnonEs protégeant leurs propres terres.

Le gouvernement du Mexique vole les terres des paysans pour l’implantation de mégaprojets. Là-bas, ce mégaprojet s’appelle “Centre Intégralement Planifié de Palenque” (CIPP). Le mauvais gouvernement veut implanter dans cette zone des hôtels de luxe, des terrains de golf, une autoroute, d’où sa volonté de déloger et harceler le peuple de Bachajon.

Il n’y a jamais eu de consultation des habitantEs de l’ejido de San Sebastian Bachajon pour ce projet, comme le prévoient la Convention 169 de l’OIT et les Accords de San Andres, uniquement de la répression et de l’expulsion. Depuis 2011, le gouvernement et les entreprises veulent imposer leur mégaprojet, ignorant ses propres lois et un appel judiciaire obtenu par les habitantEs de l’ejido en faveur de leur territoire.

Qui accepterait de voir ses terres pillées sans son consentement? Qui aimerait voir sa terre détruite et saccagée pour le bénéfice de quelques millionnaires? Ni au Chiapas, ni dans aucune autre partie du monde où existe encore la dignité, celle qui ne s’achète ni ne se vend, encore moins se déguise en soi-disant “progrès”, qui est un déguisement de plus dans l’accumulation capitaliste.

Le gouvernement du Mexique et du Chiapas se moque des peuples originaires, provoquant des guerres et des expropriations, se félicitant d’actions de répression comme cette expulsion. Nous avons vu le secrétaire du gouvernement se vanter d’avoir “récupéré” le guichet d’entrée, mais de quoi est-il donc fier? D’avoir rendu un service aux capitalistes qui vivent de la richesse du Mexique ?

Nous dénonçons la répression des trois niveaux du mauvais gouvernement, qui refuse de laisser vivre en paix le digne peuple de Bachajon, qui cherche des formes de vie autonomes et alternatives au modèle capitaliste. Nous rappelons et dénonçons que le harcèlement gouvernemental a amené aux assassinats de deux compagnons de l’organisation locale: Juan Vazquez Guzman, le 24 avril 2013, et Juan Carlos Gomez Silvano, le 21 mars 2014. Le mauvais gouvernement utilise aussi la prison pour persécuter les habitantEs organiséEs de l’ejido. Nous rappelons la détention injuste de: Santiago Moreno Pérez, Emilio Jiménez Gómez et Esteban Gómez Jímenez; ainsi que celles de Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, les trois derniers ayant été torturés par la police municipale de Chilon le 16 septembre 2014.

Nous restons vigilantEs quant à l’évolution de la situation, ce ne sera pas une expulsion qui arrêtera la lutte de Bachajon et de toutEs celles et ceux qui dans le monde défendent la vie et la nature face à la mort et la destruction. Il est un fait notoire que personne ne peut ignorer, où que ce soit dans le monde: le gouvernement mexicain assassine, réprime et usurpe.

Juan Vázquez Guzmán Vit, la Lutte de Bachajón continue!
Juan Carlos Gómez Silvano Vit, la Lutte de Bachajón continue!
Non au pillage des territoires indigènes!
Liberté aux PrisonnierEs Politiques!
S’il touche à l’unE, ils nous touchent toutEs !
Frente Civico Tonalteco y el Consejo Autonomo Regional de la Zona Costa de Chiapas, 
Maderas del Pueblo del Sureste, Ac, Mexico
Red Latinoamericana de Lille, Francia

Proyecto 20zln, italia
ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista)
 
CGT – Estado español 
Comitato Chiapas “Maribel” – Bergamo, italia
Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Alemania 
Solidaridad directa con Chiapas, Suiza. 
Red de Solidaridad con los Zapatistas del Reino Unido:
Colectivo Zapatista, Manchester
Colectivo de Aprendizaje y Enseñanza Zapatista del Reino Unido
Grupo Solidaridad con Chiapas, Dorset
Grupo Solidaridad con Chiapas, Edimburgo
Grupo Solidaridad con México, Londres
Grupo Solidaridad con los Zapatistas – Essex
KIPTIK, Bristol
Servicio de Traducción Zapatista del Reino Unido
Lento Pero Avanzo, Canada
Alternative libertaire, Francia
Ass. Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai,
Assocaciacion Espoir Chiapas / Esperanza Chiapas, Francia
Kolectivo BoCa En BoCa, Chiapas, Mexico
Kolectivo Zero, Chiapas, Mexico
Espacio Social y Cultural la Karakola, Mexico
Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ-
Associazione Ya Basta! Milano, Italia
Colectivo Azcapotzalco adherente a la Sexta, La Voz del Anáhuac, 

Biblioteca Popular, Mexico
Kolectivo Pozol, Chiapas Mexico
Collectif bon pied bon œil, Francia
 
Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid 
Union syndicale Solidaires, Francia
Fédération SUD éducation, Francia
Caracol Solidario, Francia
L’Adhesiva Barcelona
Movement For Justice In El Barrio, Nueva York, Estados Unidos
La Pirata:
*Nodo Solidale (Italia y México)
*Colectivo Zapatista de Lugano (Suiza)
*Nomads (Italia y Berlin)
*Adherentes individuales
Mut Vitz 13, Marseille, Francia,
Les 3 passants, Paris, Francia
Grupo de Trabajo No Estamos Todxs

Grains de Sable (Francia-Mexico)
Colectivo Ik’
Beatriz Amor Vicepresidente APDH La Costa Buenos Aires-Argentina

Carole radureau, Francia
Ignacio Perez Perez
Adriana Garcia Ruiz
Héctor Miguel Sánchez Rodríguez, Mexico
Lidiana Moreno Moreno
Juan Velasco Torre
Ernesto Torre Torre
Dionicio Escobedo Escobedo
Martin Ribera Torres.
Ector Mendoza Xochila.
Ernestina Rivera torres.
Alcachofa yano yanos
Antonio lucreci perez
Rogelio torre Rapid
Manuel Vadidio Doret.
Monica. Sfre. Medoza.
Marcos Vazquez Vaxquez.
Juan Gutierez Gutierrez 

Eduardo Gutieres Torrez
Patrocino Hemir Torrrez
Alfredo Sanchez Lupillo
Carmela Mened Mened.
Chofis torrrez torrez.
Alberto Ruiz Ruiz
Margarita Ruiz Ruiz.
Eva. Llanos llanos.
Pascual toledo Toledo
Antonio Alvarez Alvarez
Beatris mojante Ruiz.
Xochil. Ruiz Petex
Tebeca Metello Montello
Ernesto Ponse. Ruiz.
Enrique Leon Ponce.
Jacobo Ronis Ruiz .
Octavio Ruiz Oryrga.
Unberto cholik cholik.
Fernando chikay chikay.
Oscar ruiz cikay .
Eucevio ruiz llanos

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 Appel à la Solidarité avec San Sebastian Bachajon

13 janvier 2015,  liberonsles

bachajonlib

Appel du Congrès National Indigène à la Solidarité avec le terrain communal de San Sebastian Bachajon

À la Sexta Nationale et Internationale
Aux peuples du Mexique et du Monde

Le 21 décembre dernier, nos frères et sœurs, des femmes, des hommes et des enfants de la communauté indigène tseltal de San Sebastián Bachajón ont récupéré leurs terres. Ce sont des terres d’une grande richesse naturelle qui se trouvent à l’entrée des Cascades d’Agua Azul ; des terres dont le mauvais gouvernement a essayé de les expulser afin d’imposer ses projets de mort. Mais nos frères, qui connaissent bien le gouvernement, savent qu’il veut les faire disparaître en tant que peuples et communautés indigènes . Ils n’ont jamais permis ni ne permettront que le mauvais gouvernement construise ses hôtels et ses autoroutes, qu’il appelle prétentieusement le Cancún du Chiapas.

Par des menaces de groupes armés et par le biais d’ordres d’appréhension, il a essayé d’arrêter la défense digne et nécessaire que mènent nos frères [de Bachajon]. Comme si ne lui suffisait pas la douleur qu’il a déjà causée, aujourd’hui, 9 janvier 2015, vers 6h30, environ 800 policiers de l’État ont envahi le campement de nos frères. Ont suivi une expulsion violente et la disparition pendant quelques heures de huit membres de la communauté.

Nous rendons responsables de toute agression contre nos frères et sœurs les trois niveaux du gouvernement [municipal, fédéral et de l’État] parce que ce sont eux qui dirigent les attaques à l’encontre de nos frères et à l’encontre du peuple mexicain. Nous connaissons bien ces leaders paramilitaires qui ont un nom et un prénom, ce sont Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et ses assistants tels que Leonardo Guirao.

Nous, le Congrès National Indigène, lançons un appel à tous les compagnons et compagnonnes qui cheminent et ont cheminé avec nous à rester attentifs face à la difficile situation que les frères du terrain communal de Bachajón sont en train de vivre aujourd’hui. Nous lançons un appel à nous solidariser selon nos temps et nos géographies avec nos frères de Bachajón et avec d’autres peuples et communautés qui forment le Congrès National Indigène. Nous avons pu constater ces jours-ci l’escalade des agressions de la part du mauvais gouvernement contre ceux qui participent au CNI [Congrès National Indigène]. Nous ne pouvons pas laisser dans l’oubli l’agression qu’ont subie les frères qui revenaient du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Ils prétendent nous faire peur, nous incarcérer comme ils l’ont fait avec nos frères Yaquis, nous faire disparaître comme ils l’ont fait avec nos frères d’Ayotzinapa, nous assassiner comme ils l’ont fait avec nos frères nahuas de Santa María Ostula, et nous réprimer comme aujourd’hui ils le font avec nos frères tseltales.

Nous leurs disons une fois pour toutes que nous n’allons pas cesser notre lutte pour la vie et contre le capitalisme.
« Plus jamais un Mexique sans nous »
Congrès National Indigène
Mexique 9 janvier 2015.

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D’autres communiqués circulent en appelant à la solidarité nationale et internationale, surtout suite aux derniers événements qui ont eu lieu ce dimanche 11 janvier :

Dernier communiqué urgent du terrain communal de San Sebastián Bachajón

Par le biais d’une série d’actions planifiées pour récupérer les terres et la cassette de péage qui le mauvais gouvernement nous a expropriés le 9 janvier dernier en utilisant la force publique, nous avons procédé ce dimanche 11 janvier 2015 au blocage du carrefour des cascades d’Agua Azul.

Face à cette action le gouvernement [de l’État du Chiapas] de Manuel Velasco Coello a donné l’ordre aux forces de police de nous réprimer et de dissoudre le blocage, en usant de balles de gomme et de balles réelles qui ont laissé deux compagnons blessés.

Nous émettons ce communiqué afin de vous faire connaître les faits, d’exiger le repli de la force publique et l’arrêt de la répression contre les peuples indigènes qui luttent contre le pillage des mauvais gouvernements, ainsi que d’appeler à votre solidarité envers nos frères.

Nous sommes conscients que les prochaines heures sont cruciales, la situation de tension s’accroît du fait que les forces de l’ordre continuent d’être présentes dans la zone en nous intimidant et en nous harcelant.

Terrain communal de San Sebastián Bachajón

Ndt : Selon certains médias libres, en réponse aux faits qui ont eu lieu à San Sebastián Bachajon, une caravane solidaire d’accompagnement composée d’adhérents nationaux et internationaux à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone partira en direction de San Sebastián Bachajón dans les prochaines heures.

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Mexique: La police tire à balles réelles autour d’un mégaprojet touristique.

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Depuis le 21 décembre 2014, les indigènes tzeltales du plus grand ejido (terre comunale) du Chiapas, San Sebastian Bachajon, avaient récupéré une partie de leurs terres que le gouvernement occupait depuis février 2011.

Le 9 janvier, 1000 policiers de l’état du Chiapas mais aussi la police fédérale sont venus en force pour expulser la centaine de paysans occupants. Durant plusieurs heures ils ont retenu de manière illégale plus de 8 personnes qui ont finalement pu s’échapper. Le 11 janvier, alors que de manière pacifique les comp@s reprennaient possession de la route, la police est arrivée et à tiré avec des balles de caoutchouc, puis avec des balles réelles. On parlerait d’au moins 3 blessés. Toute la soirée des hélicoptères circualient au dessus de la zone, et une sorte de chasse à l’homme avait lieu sur place.

Le 21 décembre, donc, plus de 300 indigènes, la plupart adhérents à la Sexta de l’EZLN, étaient arrivés pacifiquement à San Sebastian Bachajon pour récupérer leurs terres. Celles-ci se trouvent sur la route d’accès aux très touristiques cascades d’Agua Azul.

300 Tseltales récupèrent leur terre à Bachajon

Immédiatement les indigènes avaient publié un communiqué annonçant que la prise avait été faite pacifiquement, et proposait une ouverture du dialogue avec les habitants de la zone.

Les companeros de Bachajon sont en lutte depuis plusieurs années contre le gouvernement qui cherche à imposer un mégaprojet sur cette zone, leur spoliant leur terre nourricière et leur empêchant de perpétuer leur autonomie selon coutumes et traditions. Outre l’idée de construire un mégacentre touristique avec terrain de golf, hôtel de luxe et installation de tout genre en pleine forêt tropicale, le gouvernement veut aussi construire une autoroute qui passerait sur les terres Tzeltales.

Le 21 décembre était une date symbolique puisque celle-ci marquait le début du Festival Mondial des Résistances et Rébellions contre le Capitalisme, organisé par l’EZLN et le Congrès National Indigène. Celui-ci a reunit des milliers de personnes, de différents collectifs, comité, organisations et peuples du monde entier, des échanges particulièrement pertinent autour des différentes luttes locales et mondiales contre le capitalisme et ses méfaits. Le festival terminait le 3 janvier. C’est donc à peine 5 jours plus tard que le gouvernement a lancé son offensive.

Retour sur les faits

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo – Touristique « Cascades d’Agua Azul » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Depuis 2011, l’organisation de Bachajon a subit diverses attaques avec, entre autre, l’assassinat de deux de ses leaders, Juan Vázquez Guzmán et  Juan Carlos Gómez Silvano, ce dernier retrouvé tué par plus de 20 balles.

Plus de 8 personnes sont en prison pour des crimes qu’elles n’ont pas commis.

Cette nouvelle répression du gouvernement fait craindre des disparitions voire d’autres morts ! Une action urgente a été mise en place par différents collectifs et organisations des droits de l’homme pour envoyer des cartes aux autorités du Chiapas et du Mexique pour que cesse cette répression.

 

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ACTION URGENTE: Pour garantir la vie des comp@s de Bachajon

Face à la forte répression du gouvernement contre les habitants de la communauté (ejido) de San Sebastian Bachajon, depuis le 9 janvier nous vous invitons à envoyer vos messages, cartes ou fax aux autorités du Mexique et du Chiapas

Proposition de message:

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Alto al hostigamiento contra el pueblo indígena de San Sebastián Bachajón !

Desde (poner el lugar o pais)

Exigimos se garantice la vida e integridad personal de las mujeres,

hombres y niños de San Sebastian Bachajon. Asi como privilegiar el diálogo

y evitar todo acto de represión en contra de nuestros compañeros y compañeras

que estan luchando y defendiendo los derechos que les corresponden.

Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena

de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los

Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional

del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

signature

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secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx
uejasoacnudhmexico@ohchr.org
oacnudh@ohchr.org
cidhoea@oas.org
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Traduction du texte :
Depuis (mettre le lieu d’envoi, par exemple la France)
Nous exigeons que la vie et l’intégrité personnelle des femmes, des hommes et des enfants soient garanties. Nous exigeons que le dialogue soit privilégié afin d’éviter tout acte de répression contre nos compagnons et compagnonnes en lutte pour la défense des droits qui leur reviennent. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

 

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Expulsion du terrain communal de Bachajon

by liberonsles

bachajondeslExpulsion des compagnonnes et compagnons du terrain communal de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste

Aujourd’hui (9 janvier 2015) vers 6h30, plus de 900 agents de la police fédérale et étatique ont expulsé nos compagnons et compagnonnes qui défendaient les terres récupérées depuis le 21 décembre dernier.

Le mauvais gouvernement, en la personne du secrétaire de gouvernement Eduardo Ramirez Aguilar, se vente du fait qu’ils ont déjà récupéré la cassette de péage comme si c’était leur propriété ou leur territoire. Leur véritable intérêt est de nous expulser de nos terres, ils n’ont pas honte, ces corrompus traîtres à la patrie, mais malgré leur mauvaise politique notre lutte ne s’achève pas, parce que nous n’allons pas permettre qu’ils continuent de nous dépouiller de nos terres comme ils le souhaitent. Nous allons continuer nos actions en défense de notre terre mère.

Nous portons à votre connaissance que nos compagnons et compagnonnes mentionné-es ci-dessous sont actuellement portés disparus et nous rendons responsables de leur intégrité physique et psychologique le mauvais gouvernement, le Commissaire Alejandro Moreno Gomez et le conseiller de surveillance Samuel Díaz Guzman.

Les compagnons et compagnonnes portés disparus sont :
1. Mariano Pérez Álvaro
2. Miguel Jiménez silvano
3. Juan Deara Perez
4. Antonio Gómez Estrada
5. Manuel Gómez Deara
6. Juan Gomez Estrada
7. Pascual Gómez Álvaro
8 Martín Álvaro Estrada

Nous vous tiendrons au courant de la suite, pour l’instant c’est tout compagnons et compagnonnes, nous vous prions de rester attentifs et de diffuser cette information autour de vous.

Des salutations combatives

Terrain communale de San Sebastian Bachajon

Nous venons d’être informés que les 8 compagnons ont été retrouvés saines et sauves.

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios etejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentants officiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano etRoberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Plus d’infos sur Bachajon

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Carte de Soutien pour les compas de Bachajon

Espoir-ChiapasEl 27 de diciembre del 2014

Compañeras, Compañeros

Hermanas, hermanos,

A vous, tous nos remerciements !
Quand nous avons appris que vous aviez récupéré les terres que le mauvais gouvernement vous avait prises il y a près de 3 ans, le 2 février 2011, ainsi que la caisse pour accéder aux cascades d’Agua Azul, le cœur nous a brûlé d’espoir. De cet espoir que vous nous enseignez : que, oui, c’est possible !

Oui, on peut battre le pouvoir imposé, un pouvoir qui veut en finir avec les peuples en lutte pour la liberté, la justice, la terre… la Vie. Non, les grands projets touristiques ne valent pas plus que la terre !

Cela nous a aussi éclairés avec sagesse en constatant comment vous avez effectué cette récupération, votre rapprochement avec d’autres habitants de la zone, le choix de la date : début du festival mondial des résistances, et commémoration de la marche silencieuse historique des frères zapatistes, il y a 2 ans, à l’occasion du changement de Baktun dans le calendrier maya.

Et vous le méritez pour des 6 compañeros injustement emprisonnés.

Vous le méritez pour la perte des compañeros Juan Carlos Gómez et Juan Vázquez Guzmán qu’impunément le gouvernement assassine dans sa tentative de tuer cette lutte légitime, en pensant une fois de plus qu’il n’y avait que par quelques-uns que vos idées allait se réaliser.

Vous le méritez pour toutes ces années de lutte.

Vous le méritez parce que vous êtes les propriétaires légitimes de ces terres.

Et surtout, vous le méritez pour votre lutte digne, qui essaie de vaincre ce système de soumission au moyen de la non-justice, de la mort.

Vous n’êtes pas seuls.

C’est à travers votre lutte que nous luttons, que nous apprenons et que nous partageons. À notre manière et par différentes luttes, nous soutenons et nous nous solidarisons avec beaucoup de luttes au Mexique et dans le monde. Nous nous considérons partie prenante parce que nous y mettons notre temps, notre vie et notre détermination. Comme vous, nous sommes sûrs et convaincus de la juste voie digne pour la Vie dans laquelle nous nous retrouvons.

Nous partageons votre rage.

C’est avec indignation que nous apprenons la formation de groupes armés, par les mêmes semeurs de haine, dont le but est de piétiner votre action digne.

Nous sommes sûrs de votre lutte. Et nous pouvons même affirmer que nous sommes nombreux à vous soutenir, d’un bout à l’autre de la planète. Nous resterons attentifs, dans l’attente de toute information, et prêts à agir. Vous n’êtes pas seul.e.s, compañeras et compañeros.

Nous pensons que la preuve est faite qu’ils ont peur, qu’ils voient votre force, et donc la preuve que vous marchez d’un pas assuré.

Nous vous appuyons, nous nous sentons unis à vous.

Nous nous solidarisons, et le prochain pas que nous ferons sera de diffuser encore plus votre lutte. Il sera de continuer à la partager, en dénonçant les stratégies machiavéliques de ceux de là-haut.

Nous sommes près, tout près.

Nous vous disons ‘N’ayez pas peur !’, parce que, par votre exemple et par votre importance, il en vient beaucoup d’autres derrière.

Pas un pas en arrière face aux processus de mort !

Vous n’êtes pas seuls !

Vive Bachajon !

Vive Juan Carlos Gómez !

Vive Juan Vásquez Guzmán ¡

Association Espoir Chiapas / Esperanza Chiapas

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Action urgente pour le terrain communal de Bachajón

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Le terrain communal de San Sebastian Bachajon, adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone, Chiapas, Mexico
le 22 décembre 2014.

Action urgente

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul  » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentantsofficiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Les compagnons de Bachajon font un appel à la solidarité. Vous pouvez dès maintenant envoyer les exigences suivantes :

Texte (écrit par les compagnons) à envoyer si vous le souhaitez aux mauvaises autorités :

secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx
uejasoacnudhmexico@ohchr.org
oacnudh@ohchr.org
cidhoea@oas.org

texte en espagnol à envoyer

Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos se garantice la vida e integridad personal de las mujeres, hombres y niños que resguardan las tierras recuperadas el 21 de diciembre de 2014. Asi como privilegiar el diálogo y evitar todo acto de represión en contra de nuestros compañeros y compañeras que estan luchando y defendiendo los derechos que les corresponden. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

(signature, organisation,collectif, individu)

Traduction du texte :
Depuis (mettre le lieu d’envoi, par exemple la France)
Nous exigeons que la vie et l’intégrité personnelle des femmes, des hommes et des enfants qui à présent gardent les terres qui ont été récupérées le 21 décembre 2014. Nous exigeons que le dialogue soit privilégié afin d’éviter tout acte de répression contre nos compagnons et compagnonnes en lutte pour la défense des droits qui leur reviennent. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Appel envoyé par plusieurs sources (médias libres), dont voici quelques-unes :

Komanilel
Pozol Colectivo
Enlace zapatista, communiqué de Bachajon

♦Plus d’infos sur Bachajon + vidéos – Antécédents

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Action urgente contre l expulsion des compas de Bachajon de la cabine de péage de Agua Azul

 

Accion Urgente: Menace d expulsion des compas de bachajon apres la recuperation de la cabine de peage

MANTA BACHAJÓN RECUPERA SU TERRITORIO
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ACTION URGENTE
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dernieres nouvelles:
Informez vous par Koman Ilel
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Jusqu a 8h du matin aucun incident n a été recensé.
 Cependant des gens ont été convoqué par le commissaire ejidal officiel et son conseil de surveillance. On craint que
cette réunion prépare une expulsion immediate des compas.
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Dans le passé il y a eu plusieurs expulsions parfois par le biais
de groupe armés et tres violent. On reste donc tres vigilant
et demandons a tout le monde de rester attentif a la situation
.
Nous vous invitons a envoyer des cartes au adresses ci dessous pour signaler que vous etes attentifs et contre toute expulsion des compas de bachajon
.
Voici une liste de demande a envoyer:
1. Se garantice la vida e integridad personal de las mujeres, hombres y niños que resguardan las tierras recuperadas el 21 de diciembre de 2014.
2. Privilegiar el diálogo y evitar todo acto de represión en contra de nuestros compañeros y compañeras que estan luchando y defendiendo los derechos que nos corresponden.
3. Respeto a nuestra autonomía y libre determinación como pueblo indígena de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos,  el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.
Enrique Peña Nieto
Presidente de México
Residencia Oficial de “Los Pinos”
Col. Chapultepec, México D.F., C.P.
11850, México
Fax: +52 55 5093 4901
Correo-e vía sitio web:
Twitter: @EPN
Miguel Ángel Osorio Chong
Secretario de Gobernación
C. Abraham González No.48, Col. Juárez,
Del. Cuauhtémoc C. P. 06600, México, D. F.
Tel. (55) 5728-7400 ó 7300.
Jesús Murillo Karam
Procurador General de la República
Paseo de la Reforma 211-213, Piso 16
Col. Cuauhtémoc, Del. Cuauhtémoc, C.P.
06500 México D. F.
Tel: (52.55) 53460000 ext. 0108
Fax: (52.55) 5346.0928
Twitter: @PGR_mx
Lic. Manuel Velasco Coello
Gobernador Constitucional del Estado de Chiapas
Palacio de Gobierno del Estado de Chiapas, 1er Piso
Av. Central y Primera Oriente, Colonia Centro, C.P. 29009
Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, México
Fax: +52 961 61 88088 – + 52 961 6188056; Extensión 21120. 21122;
Twitter: @VelascoM_
Lic. Oscar Eduardo Ramírez Aguilar
Secretario General de Gobierno del Estado de Chiapas
Palacio de Gobierno del Estado de Chiapas, 2do Piso
Av. Central y Primera Oriente, Colonia Centro, C.P. 29009
Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, México
Conmutador: + 52 (961) 61 2-90-47, 61 8-74-60; Extensión: 20003;
Twitter: @ramirezlalo_
Lic. Raciel López Salazar
Procuraduría General de Justicia de Chiapas
Libramiento Norte Y Rosa Del Oriente, No. 2010, Col. El Bosque
C.P. 29049 Tuxtla Gutiérrez, Chiapas
Conmutador: 01 (961) 6-17-23-00.
Teléfono: + 52 (961) 61 6-53-74, 61 6-53-76, 61 6-57-24.
Javier Hernández Valencia
Oficina del Alto Comisionado para las Naciones Unidas
Alejandro Dumas No 165,
Col. Polanco. Del. Miguel Hidalgo. C.P 11560, México D.F.
Tel: (52-55) 5061-6350; Fax: (52-55) 5061-6358
Twitter: @ONUDHmexico
Emilio Alvarez Icaza
Secretario Ejecutivo de la Comisión Interamericana de Derechos Humanos
1889 F Street, N.W. Washington, D.C., 20006 U.S.A.
Tel: 202-458-6002
Fax: 202-458-3992
Twitter:@CIDH

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Tseltales de Bachajon reprennent la caisse de péage de Agua Azul

21 Décembre 2014

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Aux Juntas de Buen Gobierno

A l´Armée Zapatiste de Libération Nationale

Au Congres National Indigene

Au Festival Mondial des Résistances

Aux Compañer@s adhérents a la Sixieme Déclaration de la foret Lacandon

Aux Médias de Comunication de masse et Alternatifs

A la Red Contra la Represion y por la Solidaridad

Au mouvement de Justice Pour le Barrio de New York

Aux défenseurs des droits de l´homme nationaux et internationaux

Au peuple du Mexique et du Monde

Compañeros et compañeras,

Notre peuple continue de lutter contre les spoliations et la répression du mauvais gouvernement qui cherche à nous quitter par tous les moyens notre territoire, nos ressources naturelles et la dignité comme peuple, mais Comme depuis tout le temps que notre peuple a été organisé

pour défendre et faire que la lutte se fasse plus grande le mauvais gouvernement ne peut pas arrêter avec notre lutte c´est pour cela qu´il nous attaque beaucoup, qu´il a assassiné Juan Vazquez Guzman le 24 avril 2013 et le compa Juan Carlos Gomez Silvano le 21 mars 2014, c´est

pour cela aussi que nous avons trois compañeros prisonnier a Yajalon, Chiapas, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández qui ont été torturé par la police Municipale de Chilon et le Ministère Publique Indigène d´Ocosingo, le licencié Rodolfo Gomez Gutiérrez qui lui a mis un pistolet sur la tête du compañero Mario Aguilar Silvano et aussi un sac sur sa tête.

Pour toutes ces injustices du mauvais gouvernement qui préfère  nous voir morts ou en prisons, vivre dans la misère et la marginalisation car il nous quitte nos terres pour les donner aux grandes entreprises et politiques corrompus pour qu’ils deviennent plus riche alors que nos communautés se meurent de faim, sans hôpitaux, ni écoles ils ne viennent que lorsque ce sont les campagnes

électorales et nous laissent des miettes pour divertir les gens et profiter de leur besoin. Nous refusons complètement cette mauvaise politique qui ne fait qu´utiliser et exploiter le  peuple et c´est pour ça que nos communautés en assemblée avons décidé de récupérer la journée d´aujourd´hui les terres qui nous ont été dépossédées par le mauvais gouvernement depuis le 2 février 2011 avec la complicité du commissaire ejidal de San Sebastina Bachajon en ce temps, Francisco Guzmán Jiménez alias el goyit et maintenant le fidèle disciple Alejandro Moreno Gomez et son conseiller de surveillance Samuel Diaz qui servent les intérêts du mauvais gouvernement et non pas du peuple.

Nous faisons responsables les trois niveaux du mauvais gouvernement représentés par les leaders paramilitaires Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et Leonardo Guirao Aguila de toute agression à nos compañeros et compañeras qui seront qui sauvegarderont les terres récupérées et qui légalement et légitimement revient au peuple tseltal de San Sebastian Bachajon et non pas

au mauvais gouvernement, c´est pour ça que nous exigeons qu´ils s´abstiennent de s´approcher avec ses polices ou paramilitaires.

Nous exigeons la libération de nos prisonniers a Yajalon JUAN ANTONIO GOMEZ SILVANO, MARIO AGUILAR SILVANO et ROBERTO GOMEZ HERNANDEZ; prisonniers dans la prison de  Playas de Catazajá SANTIAGO MORENO PEREZ, EMILIO JIMENEZ GOMEZ; prisonnier  en Amate ESTEBAN GOMEZ JIMENEZ.

Nous demandons a tous les compañeros et compañeras. Organisations, peuples et communautés du Mexique et du monde de se tenir au courant et leur solidarité avec notre lutte car ensemble nous pouvons vaincre la spoliation et la répression du mauvais gouvernement.

Nous manifestons notre rejet total aux mégas projets de spoliations aux peuples du Chiapas et de tout le pays c´est Pour cela que nous présentons toute notre solidarité aux compañeros et compañeras de l´ejido de Tila, Los Llanos, Candelaria, San Francisco Xochicuautla, La tribu Yaqui, les compañeros et compañeras de Puebla. Morelos, Tlaxcala, Oaxaca et tous les peuples qui résistent à la prison, la mort et la répression du mauvais gouvernement nous leur disons qu’ils continuent de lutter car ils ne sont pas seuls

Depuis la zone nord de l´état du Chiapas, les femmes et hommes de San Sebastian Bachajon nous vous envoyons De combatifs saluts

Plus jamais un Mexique sans nous

Cordialement

Terre et Liberte! Zapata Vit!

Hasta la victoria siempre

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LECTURA-COMUNICADO

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Bachajón – Chiapas : pour la libération de leurs prisonniers politiques

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Communiqué du terrain communal de San Sebastian Bachajon en résistance, pour la libération de leurs prisonniers politiques et pour l’apparition en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa!

Nous, les femmes et les hommes du village de San Sebastian Bachajon, saluons tous les villages et communautés en résistance qui défendent leurs territoires contre les projets de pillage menés par le mauvais gouvernement. Nous saluons et envoyons toute notre solidarité aux parents et aux compagnons des 43 étudiants (normalistas) d’Ayotzinapa disparus par le fait du mauvais gouvernement depuis le 26 septembre 2014, et nous exigeons leur immédiate présentation en vie (…)

Nos compagnons prisonniers politiques JUAN ANTONIO GOMEZ SILVANO, MARIO AGUILAR SILVANO et ROBERTO GOMEZ HERNANDEZ qui ont été torturés par le mauvais gouvernement et qui sont injustement privés de leur liberté depuis le 16 septembre 2014 pour avoir lutté pour la justice et la défense de leur territoire, ont été transférés le 2 octobre dernier à la prison  numéro 12 de Yajalón, Chiapas, où ils sont détenus pour des délits qu’ils n’ont pas commis et que les policiers municipaux de Chilón ont fabriqués par vengeance suite à l’emprisonnement obtenu par notre communauté Virgen de Dolores à l’encontre de leur compagnon Sebastian Méndez Hernández qui est incarcéré à la prison de l’Amate pour le meurtre de notre compagnon ex-coordinateur Juan Carlos Gómez Silvano. Le 24 octobre dernier, le recours contre la détention provisoire prononcée par le juge d’Ocosingo Omar Helería Reyes le 24 septembre 2014 pour les délits de tentative d’homicide, a été accepté. Nous exigeons la liberté immédiate de nos compagnons parce que les délits attribués ont été fabriqués et les preuves présentées sont illégales, le juge d’Ocosingo a seulement pris en compte la déclaration du commandant de la police municipale de Chilon et de deux de ses policiers pour la mise en détention provisoire.

Nous exigeons également la libération de notre compagnonSANTIAGO MORENO PEREZ, prisonnier depuis 2009 à Playas de Catazajá, accusé par les priistes de la communauté La Pimienta, car à l’époque de son arrestation il avait la charge du conseil de vigilance autonome de l’Autre campagne (aujourd’hui incluse dans la Sexta) et il a été accusé d’un délit fabriqué qu’il n’a pas commis pour le soustraire de sa fonction.

Notre compagnon EMILIO JIMENEZ GOMEZ prisonnier depuis juillet 2014 à Playas de Catazajá, accusé par les priistes de la communauté de Xanil pour l’agression d’un étranger alors que l’étranger lui-même a dit que le compagnon n’était pas la personne qui l’avait agressé, mais les priistes l’ont amené et fait prisonnier à Playas de Catazajá avec la complicité de la police étatique préventive. Notre compagnon ESTEBAN GOMEZ JIMENEZ prisonnier depuis 2013 à Playas de Catazajá et  aussitôt transféré à l’Amate, a été accusé par le priiste du parti vert écologiste Manuel Jiménez Moreno de la communauté de Pamalha, d’un vol qu’il n’a pas commis. Initialement détenu pour cela, d’autres délits lui ont été ajoutés par la suite.

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3 compas de Bachajon arrêtés et torturés au Chiapas.

Vous trouverez ici le communiqué des compañeros de la communauté de Virgen Dolores, de l’Ejido de San Sebastian Bachajon, (en savoir plus), dénonçant l’arrestation de 3 de leur compañeros, le 16.09 par les forces de police municipal de Chilon. Ces derniers ont été torturés durant leur détention pour les faire passer aux aveux.

Après avoir fixer une caution de 300 000 pesos, le juge a requalifié les faits de tentative d’homocide. Ils sont en effet accusé d’avoir tiré sur un policier, il y a deçà près d’un mois. L’organisation déclare que ceci n’est qu’une mascarade et cela ressemble plus à une vengeance personnelle, puisque les comp@s cherchent à définir les responsable de l’assassinat de l’un de leurs leaders.Juan Carlos Gomez Silvano,

Source @VivaBachajon

 

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Compañeras et compañeros,

Le 16 septembre 2014, à 4h00 du matin approximativement, 40 éléments de la police municipale de Chilon, sous les ordres du commandant Francisco Sanchez Guzman, ont détenu et torturé nos compañeros Juan Antonio Gómez Silvano, Mario  Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, les accusants d’avoir tiré contre un élément de la police municipale de Chilon du nom d’Alfredo Bernabé Aguilar Fuentes. Deux compañeros de l’organisation qui n’ont pas été détenu en ce moment ont réussit à arriver jusqu’à la communauté Virgen de Dolores pour nous informer de leur détention, et qu’ils avaient amener les compas dans un lieu inconnu.

A 6h du matin les familles des détenus et les autorités de l’organisation, nous sommes aller chercher les compagnons au commissariat de Chilon, mais ils ont nié qu’ils étaient là bas, nous sommes ensuite allés à Ocosingo, au Ministère Publique, où ils ont aussi nié qu’ils étaient là bas, ensuite nous sommes allés au palais de justice de la république à Ocosingo, mais ils nous ont aussi dit qu’ils ne savaient rien, nous leur avons dit que nous voulions leur donner quelque chose à manger et savoir comment ils étaient, il était 13h.

Comme aucune autorité du mauvais gouvernement nous disaient où ils se trouvaient, nous avons porter plainte pour détention, non communication, torture et possible disparition forcée. Les familles des trois détenus ont été à Yajalon, au commissariat pour continuer à chercher les compañeros vers 15h, mais ils n’ont pas donné non plus d’information et c’est pour cela qu’ils sont revenu à la communauté Virgen de Dolores à 18h, et les autorités nous sommes allés à la prison d’Ocosingo, mais là non plus nous ne les avons pas trouvés.

A 18h, des compañeros de l’organisation qui continuaient de chercher les 3 compañeros à Ocosingo, nous ont prévenu qu’ils se trouvaient dans les bureaux de la police Municipale d’Ocosingo et rapidement les familles ont apporté des aliments et sont arrivés à 20h, mais ils n’ont pas laissé passer les familles pour les voir, seulement les aliments, car eux ne pouvaient pas les voir.

 

Le 17 septembre 2014, à 10h du matin, nous avons pu voir les trois compagnons au ministère publique d’Ocosingo et c’est là qu’on a vu qu’ils avaient été frappés, nous avons voulu parler avec eux mais ils étaient entourés de policiers municipaux qui étaient autour de palais de justice, et ils ont seulement laissé passer les familles, mais pas les autorités, ils ont du donner leur déclaration mais sans traducteur ni avocats.

Grace aux informations des trois compañeros prisonniers nous avons su qu’ils ont été torturés par le Ministère Publique Rodolfo Gomez Gutiérrez qui lui a mit son pistolet sur la tête du compañero Mario Aguilar Silvano, et lui a mit un sac sur la tête lui obligeant à s’auto-accuser.

Dans la nuit de cette même journée, ils l’ont obligé à signer des documents sans qu’il sache le contenu, et ils ont aussi informé les 3 compagnons qu’ils pouvaient sortir avec une caution, c’est pour ça que les compañeros ont pu se communiquer avec les compañeros de Virgen Dolores pour qu’ils viennent au Ministère Publique d’Ocosingo, vers 23h, mais là, ils n’ont pas voulu les prendre en compte et un gardien leur a dit que se sera jusqu’au lendemain à 7h du matin, qu’ils allaient les recevoir.

Le 18 septembre 2014, a été la journée où les familles ont pu parler avec le Ministère Publique Octavio Lopez Martinez, et il leur a dit qu’ils allaient fixer une caution à hauteur de 35 000 pesos pour chacun. En même temps, sont arrivés des membres du centre des droits de l’homme frayba et un médecin pour certifier la torture de nos compagnons dans les bureaux de la police municipale d’Ocosingo, où ils n’ont pu voir que Mario Aguilar Silvano, car le délais du ministère publique pour résoudre la situation juridique était terminé, car après, vers 13h ils les ont amenés à la prison d’Ocosingo, où ils ont pu terminer de certifier les autres compagnons Juan Antonio Gómez Silvano et Roberto Gómez Hernández.

Le juge d’Ocosingo Omar Heleria Reyes, le 19 septembre 2014 a fixé une caution à nos Companeros pour 332 000 pesos chacun, et aujourd’hui à 13.25 se termine le délais pour résoudre la situation juridique de nos compagnons.

Nos compagnons prisonniers ont pu identifier que parmi les policiers municipaux de Chilon, qui les ont détenu i y avait un certain Agustin Sanchez Jimenez, qui est ami et voisin de Sebastian Mendez Hernandez qui est actuellement prisonnier dans la prison de El Amate pour l’assassinat de notre compagnon Juan Carlos Gomez Silvano, le 21 mars 2014, qui s’était déroulé le matin, près de la communauté Virgen de Dolores, où il avait été tué de plus de 20 coups de feu. C’est pour cela que nous considérons que c’est une vengeance contre l’organisation pour faire un travail de recherche des responsables de l’assassinat de notre compañero Juan Carlos.

Nous exigeons du mauvais gouvernement la libération immédiate de nos compañeros JUAN ANTONIO GOMEZ SILVANO, MARIO AGUILAR SILVANO Y ROBERTO GOMEZ HERNANDEZ qui ont été torturés par le mauvais gouvernement et qui sont prisonnier dans la prison d’Ocosingo.

Notre organisation va continuer de lutter pour la défense de son territoire des spoliations que fait le mauvais gouvernement depuis février 2011 pour imposer des projets écotouristiques, dits de classe mondiale, et qui doit donné nos terres à la Commission Nationale des Aires Naturelles Protégées, bien que cette partie de nos terres ne fasse pas partie dans le décret d’Agua Azul, avec toute la complicité de l’ex commissaire ejidal Francisco Guzman Jimenez alias el goyito, et l’actuel commissaire ejidal Alejandro Moreno Gomez.

Ainsi donc, nous exigeons la libération de nos compagnons SANTIAGO MORENO PEREZ prisonniers depuis 2009 dans la prison de Playas Catazaja pour un délit qu’il n’a pas commis, mais aussi pour EMILIO JIMINEZ GOMEZ, prisonniers depuis juillet 2014 dans cette même prison pour un délit qu’il n’a pas commis et du compañero ESTEBAN GOMEZ JIMENEZ, prisonnier depuis 2013 dans la prison de Playas Catazaja et ensuite transférer dans la prison d’El Amate pour des délits qu’il n’a pas commis.

Depuis la zone nord de l’état du Chiapas nous envoyons un salut combatif à tous les compañeros et companeras qui défendent la terre mère, et les projets capitalistes de spoliation.

Plus jamais un Mexique Sans nous!

 

Cordialement,

Terre et liberté! Vive Zapata!

Hasta la victoria siempre!

Prisonnier polique: Liberté!

Vive Juan Vazquez Guzman, la lutte de Bachajon continue!

Vive Juan Carlos Gomez Silvano, la lutte de Bachajon continue!

Non à la spoliation des territoires indigènes!

 

En savoir plus: Bachajon

 

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Chiapas : un coordinateur zapatiste assassiné

Juan Carlos Gómez Silvano, coordinateur général de la sixième déclaration de la Selva Lacandona dans l’ejido de San Sebastián Bachajón, zone nord du Chiapas, a été assassiné le 21 mars au matin.
[26 Mars 2014]
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Communiqué de l’ejido(1) de San Sebastián Bachajón.

L’EJIDO DE SAN SEBASTIAN BACHAJON ADHERENT A LA SIXIEME DECLARATION DE LA SELVA LACANDONA, DENONCE L’ASSASSINAT DE JUAN CARLOS GÓMEZ SILVANO

vendredi 28 mars 2014

Aux compañer@s adhérents à la sixième déclaration de la Selva Lacandona Aux médias de communication de masse et alternatifs Aux Conseils de Bon Gouvernement A l’’Armée Zapatiste de Libération Nationale Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité Au Mouvement « Justice pour le quartier / El Barrio » de New York Aux défenseurs des droits humains mexicains et internationaux Au peuple du Mexique et du monde

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“Compañeros et compañeras de lutte, le vendredi 21 mars 2014, aux environs de 9h du matin notre compañero Juan Carlos Gómez Silvano a été pris dans une embuscade et cruellement assassiné de plus d’’une vingtaine de tirs 
d’arme de gros calibre, alors qu’il conduisait son pick-up de transport,
au niveau du carrefour de San José Chapapuyil, en direction de la 
communauté autonome “Virgen de Dolores”, fondée par notre organisation 
en 2010.
Au moment de son assassinat, Juan Carlos avait vingt-deux ans et avait la
 charge de coordinateur régional de la Sixième Déclaration de la Selva 
Landona de l’ejido San Sebastián Bachajón, et il était père d’’un bébé de 
six mois.

Des policiers de la municipalité de Chilón et de la police de l’Etat 
préventive de l’Etat du Chiapas sont arrivés sur les lieux des faits, où 
ils ont commencé à prendre photos et vidéo du corps de notre compañero,
 sans respect pour le défunt et pour sa famille. Le ministère public de 
Chilón fit alors savoir qu’ils allaient emmener le corps pour pratiquer 
une autopsie, mais nous ne l’avons pas permis, parce que notre coutume 
est ainsi, raison pour laquelle nous l’avons emmené pour son repos dans la 
communauté de Virgen de Dolores, pour lui faire ses oraisons funèbres.

Depuis que nous avons fondé les communautés de Nah Choj et de Virgen de 
Dolores en 2010, notre organisation a été harcelée à divers moments par 
l’armée et par la police fédérale préventive. Ils menacent de nous 
expulser sous la pression de ceux qui se disent être propriétaires, dont 
parmi eux un ex-président de la municipalité de Chilón, en provoquant la
 division et l’achat des consciences de quelques ex-compañeros (…).

Le mauvais gouvernement veut en finir définitivement avec nous en
 assassinant nos compañeros, comme il l’a fait le 24 avril 2013 contre Juan 
Vázquez Guzmán, en utilisant ses tueurs à gages paramilitaires, qui en 
toute impunité, de nuit comme de jour, sont capables d’assassiner vilement
 nos compañeros qui travaillent et luttent pour construire un monde où
 puissent tenir plusieurs mondes, et qui résistent au jour le jour aux
 attaques du système capitaliste qui veut nous faire disparaître pour 
récupérer notre mère-terre, l’eau, les rivières, les cascades et tout ce 
qui lui sert pour faire plus d’argent, au prix de notre vie et de notre
 souffrance.

Les véritables délinquants, assassins et corrompus sont les politiciens 
des partis qui, assis sur leur siège de gouvernants, bien qu’étant à leur 
poste grâce à la fraude et à l’achat de votes, considèrent qu’ils sont 
les propriétaires et seigneurs de ce qui existe sur nos terres. Chaque 
jour ils veulent devenir un peu plus riches et ils n’ont que faire du nombre
 d’indigènes à tuer pour y arriver. C’est le cas entre autre du 
président municipal de Chilón Leonardo Guirao Aguilar, du parti vert 
écologiste, un des responsables de la spoliation de nos terres, qui a 
financé l’achat des armes du groupe armé dirigé par Carmen Aguilar Gómez 
Primero.

Notre organisation a eu la dignité de continuer à se maintenir debout pour
 lutter et défendre son village, bien que nous ayons eu beaucoup de
 compañeros incarcérés et assassinés, nous n’avons pas peur parce que nous 
sommes sur le chemin suivi par nos grands-pères et nos grands-mères, nos 
ancêtres nous ont donné la sagesse pour lire les signaux de la vie et ceux 
des temps, les mauvais gouvernements vont et viennent, mais nous les
 villages qui avons résisté, nous sommes debout pour lutter, et nous 
continuerons quoi qu’il en coûte.

C’est ce qu’un jour a dit notre compañero Juan Vázquez Guzmán : notre lutte 
est pour la vie de notre village, parce que nous voulons continuer à être
 ce que nous sommes. A presque un an de l’assassinat de Juan Vázquez 
Guzmán, le mauvais gouvernement envoie ses assassins blesser notre 
communauté Virgen de Dolores, qui est née de beaucoup d’efforts et de 
sacrifices, mais où aujourd’hui les milpas et les fruits de la bonne
 mère-terre croissent et donnent de quoi manger à nos enfants. Le compañero 
Juan Carlos Gómez Silvano a été partie prenante dans la fondation et la
 construction de l’autonomie de la communauté Virgen de Dolores, sa
 participation et son travail pour l’organisation et la communauté ne vont
 jamais s’oublier, parce que nous l’emmenons avec nous dans nos cœurs.

Manuel Velasco Coello et Enrique Peña Nieto se trompent s’ils pensent en
 finir avec nous avec la violence et la répression, notre organisation est
 prête pour résister et continuer à construire l’autonomie qui a été niée 
par la loi et par les faits aux communautés indigènes.

Nous saluons toutes les démonstrations de solidarité et de soutien à notre 
lutte de la part d’organisations mexicaines et internationales. Nous les 
hommes et les femmes de San Sebastián Bachajón nous voulons vous dire que 
nous sommes attentifs aussi à votre parole et à votre lutte : depuis notre 
géographie nous maintenons notre poing levé en solidarité avec vous.

Depuis la zone nord du Chiapas, recevez une embrassade combative”.

Jamais plus un Mexique sans nous.

Bien à vous

Terre et liberté ! Zapata Vive ! ¡Hasta la victoria siempre ! Presos políticos ¡Libertad ! ¡Juan Vázquez Guzmán Vive, la Lucha de Bachajón sigue ! ¡Juan Carlos Gómez Silvano Vive, la Lucha de Bachajón sigue ! ¡Non à la spoliation des territoires indigènes !

(trad. siete nubS)

 

(1): l’ejido est une structure de gestion collective des terres mise en place après la révolution mexicaine au début du 20ème siècle. Bien que les terres soient le souvent cultivées dans le cadre familial, la terre ne peut théoriquement pas être vendue ni cédée, et toutes les décisions doivent être théoriquement prises par accord général de l’assemblée des ejidatarios qui le constitue.

 

http://zad.nadir.org/spip.php?article2325

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Le terrain communal de San Sebastián Bachajón : toujours en résistance en dehors et à l’intérieur de la prison.

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À six mois de l’assassinat de leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, malgré les pièges juridiques, les harcèlements constants et les intimidations systématiques, les compagnons continuent la lutte pour la défense de leur territoire. « Nous n’allons pas nous taire comme le mauvais gouvernement le souhaite, Juan Vázquez Guzmán vit, la lutte de Bachajón continue ! (…) Les mauvais gouvernements assassinent et emprisonnent tous ceux et celles qui luttent pour de meilleures conditions de vie dans leurs villages » – signalent leurs compagnons dans leurs communiqués récents.

Malgré les nombreuses dénonciations et les exigences répétées, tant au niveau juridique que par la pression sociale et la résistance locale, deux compagnons se trouvent toujours derrière les barreaux : Antonio Estrada Estrada et Miguel Demeza Jiménez. Tous les deux luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008 et contre la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique millionnaire, dit CIPP-CAA-Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul.

Antonio et Miguel continuent à rédiger des communiqués depuis la prison et à exiger leur libération. Dans son dernier communiqué du mois d’octobre 2013, Antonio Estrada Estrada, incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja depuis le 7 août 2011, s’adresse aux assemblées zapatistes de bon gouvernement, aux compagnons adhérents à la sixième déclaration zapatiste, aux défenseurs des droits de l’homme au niveau international et national, aux médias, aux peuples du Mexique et aux peuples du monde, aux peuples indigènes en résistance, au mouvement états-unien « Justice pour les quartiers de New York » et à l’opinion publique générale.

Tout d’abord et comme d’habitude, il se présente toujours comme membre du terrain communal de San Sebastián Bachajón et adhérent de la sixième déclaration de la Forêt Lacandone lancée par l’EZLN. Dans son dernier texte il dénonce publiquement le manque d’intérêt et de respect de ses droits de la part de son avocat commis d’office et du ministère public, de par leurs nombreuses absences répétées les jours des comparutions. La dénonciation souligne également le comportement du juge en charge de son dossier qui a décidé sans enquête préliminaire de le condamner à tort à sept ans de prison pour vol et délinquance organisée.

Enfin, il exige sa liberté immédiate ainsi que celle de Miguel Demeza Jiménez, arrêté le 7 octobre 2010 par la police préventive de l’Etat du Chiapas, accusé d’enlèvement et qui compte ses jours d’enfermement dans la prison N°14 « El Amate ». Le compagnon exige également la libération immédiate d’Alberto Patishtán Gómez et Alejandro Diaz Santiz, arrêté il y a 13 ans, accusé d’homicide et condamné à 29 ans de prison. Tous les deux sont incarcérés au surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Par les trois passants
Références : Enlace zapatista.

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Bachajón : Miguel Vazquez Deara a été libéré !

Ce mercredi 26 juin 2013, le compagnon  Miguel Vázquez Deara a été libéré.

IMG00311-20130626-1539Miguel, « prisonnier politique » adhérent à la sixième déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN et membre du terrain communal de San Sebastián Bachajón, a été remis en liberté par un Juge d’Ocosingo suite à un vice de procédure (le tribunal a mis trop de temps à déterminer sa situation juridique).

Miguel Vázquez Deara avait été arrêté le 25 septembre 2011, dans la ville de Palenque au Chiapas. Il a été directement dénoncé par les membres pro-gouvernement, “officialistes” du conseil des terres communales de San Sebastian Bachajón. Ces derniers ont fabriqué et mis en scène une attaque à main armée pour l’accuser de vol avec violence et d’association de malfaiteurs. Miguel a été torturé et obligé à signer des aveux auto-inculpatoires.

Deux compagnons sont encore en prison :

*Miguel Demeza Jimenez a été arrêté le 7 octobre 2010 dans la ville d’Ocosingo, Chiapas, par la police préventive de l’Etat. Il est accusé d’enlèvement. Le compagnon Miguel a été porté disparu et torturé. Miguel Demeza est enfermé dans la Prison N°14 El Amate à Cintalapa de Figueroa.

*Antonio Estrada Estrada a été arrêté le 7 août 2011, par des éléments de la police préventive qui ont mis en scène un délit pour l’accuser d’attaque à main armée. Le lendemain il a été mis à la disposition du ministère public, après avoir été torturé et obligé à signer des aveux rédigés par les autorités ministérielles. Antonio est enfermé dans la Prison N°17 de Plages de Catazajá.

Les trois compagnons luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008, et deux d’entre eux se trouvent encore enfermés pour avoir fait face à la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre, où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, dans le cadre du futur méga-projet touristique « CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul ». Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajón n’ont pas cessé de dénoncer depuis des années la persécution politique et le pillage de leurs terres. Aujourd’hui on assiste à une nouvelle vague de répression, comme celle qui s’est abattue sur Bachajón le 2 février 2011. Ce jour-là, les autorités officielles, des policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale ont expulsé, de manière violente, les compagnons en résistance qui avaient décidé de gérer eux-mêmes le guichet d’entrée des Cascades de Agua Azul, construit pour le bénéfice collectif du terrain communal. Bilan de cette répression : 117 personnes furent détenues de manière arbitraire.

Par les trois passants/correction, Myriam

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Communiqué du terrain communal de San Sebastian Bachajón, adhérent à la Sixième Déclaration de la forêt lacandone. Chiapas. Mexique.

26  juin 2013.

Aux peuples du Mexique et du Monde
Aux compagnons adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt lacandone
Aux médias massifs et alternatifs
Aux défenseurs de droits humains nationaux et internationaux
Aux assemblées du Bon Gouvernement
À l’Armée Zapatiste de Libération Nationale
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité
Aux peuples indigènes en résistance
A l’opinion publique

homenaje6Compagnons et compagnonnes en lutte au Mexique et dans le monde, nous vous envoyons nos salutations combatives de la part des femmes et des hommes de Bachajón. Nous sommes ici, toujours luttant et résistant avec espoir pour la défense de notre terre mère, contre la spoliation de nos terres de la part du maudit gouvernement qui veut uniquement semer la terreur et la destruction au sein de nos villages.

Les mauvais gouvernements assassinent et emprisonnent tous ceux et celles qui luttent pour de meilleures conditions de vie dans leurs villages. Ainsi, il y a deux mois, le gouvernement a fait assassiner notre compagnon Juan Vázquez Guzmán par le biais de ses sicaires pendant que notre compagnon se reposait tranquillement chez lui. Agissant par traîtrise, le gouvernement l’a assassiné pour en finir méprisablement avec notre lutte, mais il s’est trompé, car nous sommes ici debout, nous ne lâcherons rien et nous ne partirons jamais de nos terres, lieux où sont nés nos pères, nos mères, nos grands-pères et grands-mères, parce qu’eux aussi se sont battus et ont donné leur vie pour la terre mère.

Nous connaissons bien le jeu pervers mené par le gouvernement. Il va dire qu’il rendra justice pour la mort de notre compagnon Juan Vázquez Guzmán, qu’il mènera des enquêtes et arrêtera les responsables du meurtre, mais mettra-t-il en prison le secrétaire général Noe Castañon Leon et sa bande pour ce qui est arrivé à notre compagnon Juan Vázquez Guzmán et pour le pillage de notre territoire de San Sebastián Bachajón? Eux sont tranquilles en menant leur magouilles par leur abus de pouvoir, leur argent, en achetant les juges, comme ce fut le cas du juge Jose del Carmen Constantino Avendaño du septième district de Tuxtla Gutierrez afin de dissoudre notre recours 274/2011, en se moquant ainsi de notre village qui résiste et défend pacifiquement son territoire, comme tel est son droit.

Noe Castañon Leon et sa bande, ce sont des profiteurs qui gaspillent l’argent public de nos impôts, s’enrichissent à travers notre souffrance, notre exploitation, notre travail ; leurs familles, par piston, occupent des postes au sein du gouvernement et c’est le peuple, lui-même, qui les maintient au pouvoir. Le gouvernement est corrompu et médiocre, il est arrivé au pouvoir par l’achat de voix en profitant de la pauvreté des gens. Pour lui, c’est une bénédiction que nous soyons pauvres car ceci arrange bien ses programmes nommés « croisades contre la faim », « pro-champs », qui sont en réalité des miettes pour nous maintenir dans la pauvreté et la misère. Le gouvernement ne veut surtout pas notre autonomie en tant que peuples. C’est pourquoi il achète les autorités locales, tel Francisco Guzmán Jimenez (alias goyito) qui a trahi son peuple en échange de quelques miettes que lui a lancées le patron-gouvernement ; de même il a imposé par la fraude le commissaire local Alejandro Moreno Gomez ; de même encore il utilise nos frères indigènes de la région de Agua Azul qui deviennent paramilitaires pour attaquer la résistance de San Sebastian Bachajón et celle de Bolom Ajaw.

Notre compagnon Juan Vázquez Guzmán avait parfaitement connaissance de tout ce que le mauvais gouvernement tramait à notre encontre, il rêvait de voir notre village libre de l’oppression, des abus, de l’exploitation, il luttait pour l’autonomie de son peuple.

Nous exigeons la libération immédiate de nos compagnons ANTONIO ESTRADA ESTRADA, MIGUEL VAZQUEZ DEARA* et MIGUEL DEMEZA JIMENEZ, arrêtés injustement par le mauvais gouvernement. Antonio Estrada Estrada est emprisonné dans la prison de Playas de Catazajá, Miguel Vázquez Deara est emprisonné à Ocosingo ; tous les deux ont été désignés par les complices de l’ex-commissaire local Francisco Guzmán Jiménez (alias el goyito) tels que Carmen Aguilar Gómez Primero, Juan Álvaro Moreno, Manuel Jiménez Moreno et Miguel Ruiz Hernández. Une fois arrêtés, nos compagnons ont été emmenés par la police étatique et fédérale, ils ont été torturés, puis les délits de vol avec violence et port d’arme à feu ont été fabriqués. Depuis 2011, ils se trouvent injustement prisonniers. Miguel Demeza Jimenez est emprisonné à la prison de l’Amate, il a été également torturé et arrêté par l’unité spécialisée contre la délinquance organisée, accusé à tort de vol et séquestration. Il se trouve depuis 2010 injustement prisonnier.

Récemment, le compagnon Miguel Vázquez Deara a intenté un recours d’appellation; la procédure sera révisée et mercredi 26 juin une réponse devra être prononcée concernant sa situation juridique. Nous exigeons donc du juge mixte d’Ocosingo la libération de notre compagnon qui est innocent, qui a été torturé et dont les délits supposés ont été fabriqués de toutes pièces. Pour ce qui est de notre compagnon Miguel Demeza Jiménez, accusé à tort de vol avec violence par l’unité spécialisée contre la délinquance organisée, son recours 1478/2012 doit également être résolu par le juge du cinquième district de Tuxtla Gutierrez. Nous exigeons la liberté de notre compagnon.

Le 20 juin dernier, la confrontation qui devait avoir lieu entre notre compagnon Antonio Estrada Estrada et les policiers qui l’ont arrêté illégalement, a été suspendue du fait de l’absence d’un traducteur tseltal et d’un avocat commis d’office. Ceci constitue une atteinte à ses droits, qui s’ajoute aux nombreuses injustices dont souffrent tous nos compagnons prisonniers.

Compagnon Juan, aujourd’hui, nous nous souvenons de toi par des prières et des chants traditionnels. Cher compagnon Juan, toi qui te reposes en ce moment en meilleure vie, toi qui as donné ta vie pour ton peuple et lutté pour la libération des prisonniers politiques, nous te disons de ne pas t’inquiéter car nous ici, nous continuons à lutter, à nous organiser contre ce maudit système capitaliste. Ta vie est une semence d’espoir, de révolte qui pousse dans les cœurs de chaque enfant, chaque femme et chaque homme de San Sebastián Bachajón et aussi dans les cœurs des compagnons et des compagnonnes partout dans le monde.

Nous saluons avec joie les mots de solidarité et de soutien de nos compagnons du Mouvement de justice pour le quartier, du Grupe de Solidarité avec le Chiapas de Dorset, du Comité du mot véritable de Calcuta et Alisal, du compagnon Hugo Blanco du Perou, du Mouvement pour la paix avec justice et dignité. Recevez une embrassade solidaire et combative de notre village pour continuer votre lutte.

Demain 25 juin commence la Campagne Mondiale : Juan Vázquez Guzmán Vive, la lutte de Bachajón continue ! Notre cri de liberté et de justice résonnera dans chaque coin du monde. Nous demandons aux compagnons et compagnonnes de crier ensemble, comme vous, pour que justice soit faite à notre village et pour que la liberté soit rendue aux prisonniers politiques ANTONIO ESTRADA ESTRADA, MIGUEL VAZQUEZ DEARA*, MIGUEL DEMEZA JIMENEZ, ALBERTO PATISHTAN GOMEZ, ROSARIO DIAZ MENDEZ, ainsi qu’à tous les prisonniers politiques du Mexique et du monde.

Depuis la zone nord du Chiapas, recevez une embrassade de la part des femmes et des hommes de San Sebastián Bachajón.

Attentivement.

¡Tierra y libertad!

¡Hasta la victoria siempre!

Presos políticos ¡Libertad!

¡Juan Vázquez Guzmán Vive, la Lucha de Bachajón sigue!

Traduit par les trois passants et Valérie

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San Sebastián Bachajón, Chiapas :

juan-vasquez-guzman1 (1)À seulement un mois et demi du lâche assassinat du compagnon Juan Vázquez Guzmán, membre actif du terrain communal de San Sebastián Bachajón appartenant à l’Autre Campagne, aujourd’hui la Sexta, les compagnons de Bachajón ont lancé plusieurs appels dénonçant les agressions et les pillages systématiques qu’ils subissent de la part des trois niveaux du gouvernement, « les grands délinquants » comme les compagnons de Bachajon les décrivent : Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et Leonardo Guirao Aguilar.

« Ces gouvernements corrompus nous expulsent de nos terres et territoires indigènes afin de mener à bien leurs projets transnationaux et continuent à s’enrichir sur notre souffrance. Ils disent que leurs projets favorisent la création d’emplois et la sortie de la pauvreté, mais en réalité le seul intérêt qu’ils poursuivent est d’exproprier nos terres et nous rendre esclaves. C’est eux, les gouvernements corrompus qui ont fait assassiner lâchement notre compagnon de lutte Juan Vázquez Guzmán, le 24 avril 2013 » (1)

Le mauvais gouvernement achète les autorités communautaires inconscientes qui se laissent vendre pour quelques pesos en voyant uniquement leurs intérêts personnels. Cependant une autorité qui gouverne sans obéir à son peuple et sans le défendre n’est pas une autorité, elle n’a simplement aucune légitimité et c’est  pour cette raison là que le peuple lui-même a le droit de défendre ce qui de droit lui appartient -signalent les membres des terres communales de Bachajon adhérents à la Sexta.

Dans toute cette région les autorités officialistes sont manipulées par le gouvernement permettant ainsi et plus facilement le pillage et l’expulsion des terres communales. Ce sont eux les officialistes qui permettent la militarisation de la zone et la présence de la police étatique préventive sur ce territoire à fin de continuer à bénéficier de l’enrichissement personnel « ce sont eux qui ont signé des documents avec le gouvernement pour la remise de nos terres sans consulter la plus haute représentation qui est l’assemblée générale communautaire. Ce sont eux qui sont libres, récompensés et protégés par le mauvais gouvernement. Mais nous les indigènes qui nous battons pour notre territoire, nous sommes torturés et punis par l’enfermement en prison, condamnés à de lourdes peines comme c’est le cas d’Antonio Estrada Estrada, Miguel Vázquez Deara et Miguel Demeza Jiménez ». (2)

bachajonresLes trois compagnons luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008, et se trouvent aujourd’hui enfermés pour avoir fait face à la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul. Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Aujourd’hui on assiste à une nouvelle vague de répression comme celle qui s’est abattu sur Bachajon le 2 février 2011 quand de manière violente les autorités officielles, des policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale ont expulsé les compagnons en résistance qui avaient décidé de gérer eux-mêmes le guichet d’entrée des Cascades de Agua Azul construit pour le bénéfice collectif du terrain communal. Bilan de cette répression : 117 personnes furent détenues de manière arbitraire.

Face à cet arbitraire les compagnons du terrain communal de Bachajon en résistance ont présenté légalement un recours contre le pillage de leur territoire (recours 274/2011), recours qui a été refusé le 30 janvier 2013 par un juge du 7e district de Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, or le 16 mai 2013 le 3e tribunal de Tuxtla a annulé l’ordre du 7e district dû au fait qu’il s’est avérée illégale et a ordonné la révision de la procédure.

Les compagnon-e-s de Bachajon en résistance déclarent dans leur dernier communiqué émis le 6 juin 2013 que, malgré l’assassinat de leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, malgré les pièges juridiques, les harcèlements constantes et les intimidations systématiques, la lutte continuera pour la défense de leur territoire «  nous n’allons pas nous taire comme le mauvais gouvernement le souhaite, Juan Vázquez Guzmán vive, la lucha de Bachajón sigue! » (3)

Les compagnons exigent également la libération d’Antonio Estrada Estrada , Miguel Vázquez Deara, Miguel Demeza Jimenez, celle d’Alberto Patishtan et Rosario Díaz Méndez de l’organisation de la Voix de l’Amate, celle des prisonniers de l’organisation de solidaires de la voix de l’Amate, ainsi que la libération de tous et toutes les prisonnières politiques au Mexique et dans le monde, et finissent leur communiqué par le slogan : A bas les murs de toutes les prisons !

Bachajon y Juan frances GrandeSolidairement, un appel a été lancé par des organisations nationales et internationales telles que le Groupe de Solidarité avec le Chiapas de Dorset, le comité de la parole véritable de Calcuta, Inde et du Mouvement Justice pour le quartier de New- York à participer à la semaine d’action globale :” Juan Vázquez Guzmán Vive, la lucha de Bachajón Sigue!” du 25 juin au 2 juillet 2013. (4)

Sources :
(1,2) Denuncia del Ejido San Sebastían Bachajón por las injusticias y despojos realizados por el mal gobierno, 28 mai, 2013 sur Enlace Zapatista.
(3) Communiqué de l’Ejido San Sebastian Bachajon, adhérentes à la sexta, Chiapas, 6 juin 2013, reçu par mail de la part du Réseau contre la Répression et pour la solidarité.
(4) Plusieurs sources dont un blog dédié à cette campagne “vivabachajon”

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Dénonciation des adhérents à la Sexta sur l’assassinat de Juan Vazquez.

bachajonlibCintalapa de Figueroa, Chiapas 06/05/13
Prison Nº 14 “EL AMATE”

Aux adhérents à la Sexta du terrain communal de San Sebastián Bachajón, Chiapas.

Aujourd’hui 6 mai 2013, j’élève ma voix face aux injustices qui existent dans cet État du Chiapas, telles que la privation de ma liberté depuis deux ans et demi. Le gouvernement m’accuse d’un délit que je n’ai pas commis, de la même façon que mes compagnons qui se trouvent enfermés à Ocosingo : Miguel Vazquez de Ará, et à Playa de Catazajá : Antonio Estrada Estrada*, ainsi que tous les prisonniers politiques solidaires de la voix de l’Amate enfermés dans plusieurs prisons de l’État du Chiapas.

Tous ces détenus sont privés de liberté, comme moi. Pour cette raison j’exige du gouverneur Manuel Velasco Coello notre remise immédiate en liberté.

D’autre part, j’exige des autorités qu’elles trouvent les responsables de l’assassinat de mon compagnon, Juan Vazquez Guzman, du terrain communal de San Sebastián Bachajón. Assassiné le 24 avril 2013 pour avoir défendu la terre et son peuple, le compagnon participait à différentes activités, mobilisations, actions, événements… Pour tout ceci j’exige du gouverneur de l’État qu’il prenne en consideration tous ces faits.

Compagnons de lutte, je vous invite à continuer à lutter pour la terre et contre l’injustice qui existe ici dans cet État, dans tout le pays et partout dans le monde.

Fraternellement
Miguel Demeza Jimenez

*Miguel Demeza Jimenez a été arrêté le 7 octobre 2010 dans la ville d’Ocosingo, Chiapas, par la police préventive de l’Etat, accusé d’enlèvement. Le compagnon Miguel à été porté disparu et torturé. Miguel , Antonio Estrada et Miguel Vazquez sont adhérents à l’Autre Campagne du territoire communal de San Sebastian Bachajón, ils luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008. Ils font face à la stratégie du gouvernement étatique qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul. Celui-ci veut se les approprier pour des intérêts économiques provenant du tourisme.Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul.

estrellita**************************************************************

Dénonciation des adhérents à la Sexta de San Sebastián Bachajón sur l’assassinat de Juan Vazquez.

San Sebastián Bachajón Adhérents à l’Autre Campagne de la Sixième Déclaration de la forêt lacandone, Chiapas , Mexique, 27 avril 2013

juanÀ L’ASSEMBLÉE DU BON GOUVERNEMENT ;
AU CONGRES NATIONAL INDIGÈNE, CNI ;
AUX ADHÉRENTS À LA SEXTA DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE
AU NIVEAU NATIONAL ET INTERNATIONAL ;
AUX CENTRES DE DROITS HUMAINS NATIONAUX ET INTERNATIONAUX ;
AUX ORGANISATIONS CIVILES AU NIVEAU NATIONAL ET INTERNATIONAL ;
AUX COMPAGNONS DE L’AUTRE CAMPAGNE DE NEW YORK : JUSTICE POUR LES QUARTIERS ;

Compagnons et compagnonnes, par ce communiqué, nous voulons vous expliquer qui était :JUAN VAZQUEZ GUZMÁN.

Il était un membre actif de notre terrain communal de San Sebastián Bachajón qui appartient à l’Autre Campagne, et nous avons cheminé pendant sept ans à son côté suite à la Déclaration de la forêt lacandone.

Après avoir été membre de notre organisation, Juan avait été nommé le 18 avril secrétaire général des trois centres communaux.

Le 24 décembre 2011, en rentrant chez lui, Juan avait été arrêté sans mandat d’arrêt par des policiers municipaux et judiciaires.Ensuite, il avait été amené à la prison numéro 16 d’Ocosingo. Quelques heures plus tard, le commissaire de l’époque, Francisco Guzmán Guzmán, avait présenté un dossier qui signalait le compagnon Juan comme leader de l’opposition au projet néolibéral. Ce fut grâce à la mobilisation de différentes organisations et à l’intervention du Centre de droits de l’homme que Juan avait été remis en liberté et ramené chez lui le soir du même jour, vers 23h, sans qu’il ait signé aucun document concernant sa remise en liberté et sans que lui soient demandées des excuses pour le dérangement.

Le 26 et 27 novembre 2011, le compagnon Juan Vázquez Guzmán accompagné de Domingo García Gómez avait participé à l’atelier intitulé “dialogue et réflexion”, organisé par le Congrès National Indigène -CNI- à San Mateo del Mar, État d’Oaxaca. Au même moment le compagnon suivait le recours juridique (numéro 274/2011) concernant le rejet du projet néolibéral de pillage de leur terre, et accompagnait également le cas des trois compagnons prisonniers rattachés au terrain communal de Bachajon. Juan avait participé aux rencontres sur la prison politique ainsi qu’aux mobilisations pour la liberté des prisonniers politiques au Chiapas, et pour la liberté d’Alberto Patishtan au Mexique.

Le compagnon avait également pris part, aux côtés des compagnons et compagnes de San Sebastián Bachajón, aux mobilisations pour la défense de la terre – comme celles qui ont eu lieu le 7 mai 2011 à San Cristobal de Las Casas, Tila, Mitziton et à la ville de Mexico. Juan avait aussi participé à l’accompagnement et à la lutte pour la libération des 5 derniers prisonniers de Bachajon, et on se souvient de sa participation dans les vidéo – messages qui diffusaient la lutte pour la libération des prisonniers politiques du terrain communal de Bachajon et pour la défense de la terre mère, pour ne citer que quelques exemples de sa participation.

Il y a 4 jours

Le 24 avril 2013 à 10h08 du soir -heure de Dieu-, le compagnon Juan Vázquez Guzmán se reposait chez lui, quand à l’improviste une personne a sonné à sa porte ; ensuite Juan a été criblé de 6 balles de haut calibre, et la personne a pris la fuite dans une camionnette rouge en direction de Sitalá Chiapas.

Nous exigeons que cet assassinat ne reste pas impuni.

Nous, des hommes, des femmes et des enfants appartenant aux terres communales de San Sebastián Bachajón, adhérentes à l’Autre Campagne, lançons un appel pour la solidarité et la justice suite à l’assassinat de notre compagnon. La lutte ne cessera pas, nous continuerons à la mener car nous savons que cette mort n’a pas été vaine. Juan est mort pour la défense de notre terre mère, car les montagnes et les sources d’eaux appartiennent à ceux et celles qui les gardent avec soin.

¡ LA LUCHA SIGUE, SIGUE !
¡ZAPATA VIVE!
¡JUAN VIVE!

Des hommes, des femmes et des enfants appartenant aux terres communales de San Sebastián Bachajón

Traduit par les trois passants et Valérie.

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Assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón

 28/04/2013

images (3)Le Réseau contre la Répression du Chiapas reçoit avec rage et indignation la nouvelle de l’assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Juan a été pris dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui le 24 avril 2013, il a été atteint de cinq balles qui l’ont tué immédiatement.

Après cette agression, les auteurs de ce lâche et infâme assassinat ont fui dans une camionnette rouge.

Tout au long de ces années, Juan Vázquez nous a accompagnés lors de nombreuses mobilisations, actions, évènements,forums etc. Il a toujours été en première ligne dans la protection de son ejido pour la défense du territoire et contre le méga-projet touristique des cascades d’Agua Azul, et pour la liberté des prisonnières et des prisonniers politiques, dans le cadre de la Sixième Déclaration.

Nous attendons plus d’informations, mais dans tous les cas il est évident qu’il s’agit d’un assassinat politique à cause des multiples intérêts entrepreneuriaux, politiques et économiques dans cette zone.

Nous nous solidarisons avec ses proches et sa communauté et nous exprimons notre plus profonde douleur pour cette grande perte. Même ainsi nous ne nous décourageons pas et organisons cette rage pour renforcer notre lutte et maintenir toujours vivants notre compagnon Juan et son exemple de résistance.

Réseau contre la Répression du Chiapas

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CONTEXTE

aguaazul2005 Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection », ce que l’institution de l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

C’est le miroir de la valorisation de la nature, au niveau de sa richesse génétique, sa capacité de captage de carbone, l’abondance d’eau et son potentiel touristique, comme c’est le cas de la « Réserve de la Biosphère les Cascades d’Agua Azul ». C’est le résultat de cette stratégie d’accaparement territorial, la démagogie de « l’écotourisme » que le mauvais gouvernement de Juan Sabines promeut de manière complément absurde.

Le complexe touristique a été depuis 20 ans l’objet de la spéculation financière par les grandes associations hôtelières. Carlos Rojas, chargé du Secrétariat de Développement Social (SEDESOL) durant la présidence de Salinas, a commencé à projeter ses rêves dans cette zone de la forêt. La manière de valoriser le pillage des ressources était focalisée sur l’exploitation des paysages naturels à travers le tourisme. Le point de référence était les Cascades d’Agua Azul, avec la proposition d’en faire un centre qui ferait concurrence à Cancún au niveau touristique : le Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul (CIP-CAA).

Cependant, ce projet a été brisé par le soulèvement de l’EZLN en 1994, qui a mis en place la « loi agraire révolutionnaire ». Plus tard, avec la création des Municipalités Autonomes Rebelles Zapatistes, on a pu constaté la reconfiguration géographique de la résistance zapatiste. C’est en évoquant une partie de la proposition de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, en 2008 que plus de 1800 paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne décident d’autogérer le péage du dit complexe touristique en exerçant leur droit à l’usage et à la jouissance de leur territoire.

Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hotels-resorts dans lesquelles investiront les chaînes les plus luxueuses en matière de tourisme mondial : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européenne cinq étoiles, le Resort avec hôtel, centre de conférences et de golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin.

De la même façon, la stratégie du gouvernement fédéral se met en place par le biais du Fonds National pour le Tourisme (FONATUR) en collaboration avec des institutions étatiques et fédérales tel que le ministère du Tourisme de l’État du Chiapas, le ministère du Tourisme et des Relations Internationales, le ministère des Communications et du Transport (SCT), la Procure Fédérale de la Protection de l’Environnement(PROFEPA), l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH).

On réussit à établir que le gouvernement de l’État du Chiapas a comme tâches principales :

a) promouvoir, créer et gérer huit circuits touristiques – à l’intérieur desquels se trouvent le Couloir Palenque-Cascades d’Agua Azul-Toniná- San Cristóbal de las Casas ;

b) élaborer des diagnostics et mettre en application des politiques environnementales comme instrument de gestion des réserves territoriales, en particulier pour le Centre Intégralement planifié des Cascades d’Agua Azul ;

c) gérer par le biais du SCT la construction de l’autoroute San Cristobal-Palenque, ainsi que l’agrandissement ou le déplacement de l’aéroport de Palenque, qui serait la route pour transférer les touristes.

En ce qui concerne les Municipalités chargées de participer à l’exécution de ce mégaprojet, elles doivent :

a) contribuer à l’image et à l’architecture du paysage ;

b) étendre le périmètre de sécurité publique dans les zones et les circuits touristiques ;

c) faciliter l’obtention de permis et de licences pour le développement des projets écotouristiques.

road signLa criminalisation comme politique d’État et la répression comme instrument de contrôle, ainsi que le clientélisme, ont été rendus visibles d’une manière cynique en février 2010 et continuent aujourd’hui, quand des militants du Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) ont fait irruption dans la communauté zapatiste de Bolón Ajaw de manière paramilitaire, avec l’ordre d’expulser et de provoquer le déplacement des familles.

Un an après et à quelques jours près de la visite de Felipe Calderón dans cette zone touristique, une expulsion violente a eu lieu contre les compagnons de San Sebastían Bachajón. Depuis février 2011, la répression, l’impunité, la criminalisation, et le clientélisme (propre aux conjonctures électorales), se découvrent encore une fois, avec le mensonge et la démagogie bon marché qui, cette fois-ci, revêtent la barbarie du gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Sabines, et de son serviteur Noé Castañón.

Le discours de « durabilité » et/ou de « tourisme responsable » ainsi que les soi-disant « tables de négociation » que le mauvais gouvernement utilise font partie du discours attrape-bobos et de la mise en scène montée de toutes pièces dont se sert aujourd’hui le gouverneur, ainsi que tous ceux qui obéissent à ses ordres et tous ceux pour qui importent peu les coûts environnementaux et la spéculation sur la biodiversité et les connaissances culturelles de cette région.

Nommer non seulement les sujets mais aussi les institutions qui promeuvent et gèrent le tourisme en criminalisant des compagnons, les rendre responsables et les engager face à leurs actions : la SEMARNAT, la CONANP, l’INAH doivent se charger des zones régionales et de la possession de la terre, ainsi que d’établir des critères et des programmes à l’ordre et pour le profit du tourisme. Le FONATUR, se chargera de formuler un business plan et le Plan Maître du CIPP-CAA et de participer au Programme de Développement Touristique de la Région-Forêt de l’État du Chiapas …

Bref : ce que nous présentons ici n’est qu’une partie de l’action spéculative dans la région. Cela démontre que les stratégies politiques du gouvernement fédéral, étatique et local ne sont pas si naïves. Dans la région, Juan Sabines et les partis politiques (PRI, PAN, PRD, PVEM), répètent la même politique : assistancialisme, clientéliste, la cooptation et la criminalisation de celui qui résiste, avec comme objectif de créer des conflits entre les communautés de la région afin d’administrer le territoire et de le remettre au capital financier et spéculatif.

Il est clair pour nous que le contexte où est né le conflit pour la gestion du péage d’Agua Azul, représente un miroir de la dispute entre ceux qui sympathisent avec les intérêts du grand capital, les transnationales et le système médiocre des partis politiques et ceux qui défendent le territoire qui donne la vie, qui représente un soutien économique, culturel et politique pour les communautés indigènes mayas, lesquelles construisent avec dignité des alternatives autonomes qui font face à un système de mort, le capitaliste.

Dans ce contexte de lutte et de résistance, trois compagnons de Bachajon se trouvent toujours incarcérés :

Antonio Estrada Estrada, est incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja
Miguel Vazquez Deara, est incarcéré dans la prison numéro 16 à Ocosingo
Manuel Demeza Jimenez, est incarcéré dans la prison numéro 14 à l’Amate.

Source : noestamostodxs

Traduit par les trois passants

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Vidéo – Témoignage des habitants de Bachajon, Chiapas

Témoignage des habitants de San Sebastian Bachajon, Chiapas, dont Juan Vázquez

Première partie

Deuxième partie

Vidéo sur la situation à San Sebastian Bachajón

Témoignage des habitants de San Sebastian Bachajon, Chiapas, suite à la répression qu’ils ont subis, et messages aux femmes qui luttent, recueillis par El Movimiento Justicia por el Barrio de New York.

 

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La détention des paysans a mobilisé des dizaines d’organisations nationales et internationales qui par des actions globales ont permis la libération des tous les compagnons.

Le 5 février 107 ejidatarios furent libérés et 10 compagnons furent transférés à la prison de Playas de Catazajá, sous les accusations d’homicide volontaire, tentative d’homicide, attentat contre la paix, l’intégrité corporelle et le patrimoine de l’Etat. Postérieurement grâce aux actions de nos compagnes et compagnons au Mexique et dans d’autres pays, cinq compagnons furent libérés, et restent donc emprisonnés:

ssb8Mariano Demeza Silvano (mineur, âgé de 17 ans)
Domingo Pérez Álvaro (membre de la comission de promotion)
Domingo García Gómez (membre du Conseil de Défense des Droits)
Juan Aguilar Guzmán (Trésorier principal)
Jerónimo Guzmán Méndez (ejidatario)

Pour plus d’informations autour de San Sebastian Bachajon cliquez ici

Les paysans sont restés en prison pendant plus de cinq mois accusés d’assassinat.
Le 6 et 23 juillet les prisonniers de Bachajon, Chiapas ont été libérés!

 

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La Municipalité de San Sebastian Bachajon et d’autres comme Montes Azules et Mitziton sont menacées par un méga-projet touristique nommé Centre Intégralement Planifié Palenque-Agual Azul (CIPP).Ce projet prévoit : l’extension de l’aéroport de Palenque pour répondre aux normes internationales, la construction d’une autoroute entre les deux villes touristiques de San Cristobal de la Casas et Palenque, la construction d’hôtels et d’un train éco-touristique. Le CIPP affectera un nombre important de communautés zapatistes et de l’Autre Campagne.

L’assemblée de la communauté de San Sebastián Bachajón qui fait partie de l’Autre Campagne s’est toujours opposée aux projets néo-libéraux qui les expulsent de leurs territoires et impliquent la destruction des ressources naturelles.

En exerçant leur autonomie, les adhérentEs de l’Autre Campagne de San Sebastian Bachajon administrent le guichet d’entrée des Cascades de Agua Azul car il s’agit de leur terre, l’argent récolté du guichet sert aux besoins de la collectivité, cependant les tentatives d’expulsions ont été constantes et ils ont été menacés de manière directe par la police et par les paramilitaires de l’OPPDIC.

C’est dans ce contexte que les ejidatarios et ejidatarias veillaient sur la terre et l’accès aux cascades depuis une petite installation attaquée le 2 février 2011 par les priistes et les paramilitaires, aidés en cela par les autorités priistes de Chilón. Dans les heurts un des agresseurs mourut, victime d’une balle tirée par ses propres compères.

Le 3 février lorsque les ejidatarios et ejidatarias de Bachajón se réunirent au niveau de l’entrée des cascades d’Agua Azul afin de s’accorder sur la réponse à donner au gouvernement de l’Etat par rapport à l’offre d’une table de dialogue entre les groupes en conflit, ils furent attaqués de manière traître par des centaines de policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale qui réalisèrent des détentions massives. 117 personnes furent détenues de manière arbitraire.

Le 5 février, 107 ejidatarios furent libérés et 10 compagnons furent transférés à la prison de Playas de Catazajá, sous les accusations d’homicide volontaire, tentative d’homicide, attentat contre la paix, l’intégrité corporelle et le patrimoine de l’Etat. Postérieurement grâce aux actions de nos compagnes et compagnons au Mexique et dans d’autres pays, cinq compagnons furent libérés, et restent donc emprisonnés:

Mariano Demeza Silvano
Domingo Pérez Álvaro
Domingo García Gómez
Juan Aguilar Guzmán
Jerónimo Guzmán Méndez

Voir le Contexte : les territoires stratégiques du Chiapas ici

Liberté pour les ejidatarios de San Sebastián Bachajón et pour tous les prisonniers de l’Autre Campagne

A l’Autre Campagne
A la Zezta Internazional
Aux personnes honnêtes du monde

Les kompas de San Sebastián Bachajón sont de l’Autre Campagne et défendent leur terre et leur territoire qu’on veut leur enlever car elles sont très jolies et les chefs d’entreprises et le mauvais gouvernement veulent faire des projets sur les cascades d’Agua Azul qualifiés d’« écotouristiques », mais en réalité ils sont seulement au bénéfice des intérêts de ceux d’en haut ici et des multinationales. C’est pour cela que, comme pour les kompas de l’ejido Tila, ils veulent leur enlever leurs terres.

Les ejidatarios et ejidatarias veillaient sur la terre et l’accès [aux cascades] depuis une petite installation attaquée le 2 février dernier par les priistes et les paramilitaires, aidés en cela par les autorités priistes de Chilón. Dans les heurts un des agresseurs mourut, victime d’une balle tirée par ses propres compères.

Le 3 février lorsque les ejidatarios et ejidatarias de Bachajón se réunirent au niveau de l’entrée des cascades d’Agua Azul afin de s’accorder sur la réponse à donner au gouvernement de l’Etat par rapport à l’offre d’une table de dialogue entre les groupes en conflit, ils furent attaqués de manière traître par des centaines de policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale qui réalisèrent des détentions massives, poursuivant ceux qui cherchaient refuge dans les maisons du voisinage. 117 personnes furent détenues de manière arbitraire, indigènes tzeltales de San Sebastián Bachajón, et durant le processus légal elles ne purent pas compter sur la présence d’un avocat défenseur des droits de l’homme, ni sur celle d’un interprète de leur langue et culture, et furent de plus menacées par des policiers de l’Etat et harcelés par le ministère public.

Le 5 février 107 ejidatarios furent libérés et 10 kompas furent transférés à la prison de Playas de Catazajá, sous les accusations d’homicide volontaire, tentative d’homicide, attentat contre la paix, l’intégrité corporelle et le patrimoine de l’Etat.

Postérieurement grâce aux actions de nos compagnes et compagnons au Mexique et dans d’autres pays, cinq compagnons furent libérés, et restent donc emprisonnés:

Mariano Demeza Silvano (mineur, âgé de 17 ans)
Domingo Pérez Álvaro (membre de la comission de promotion)
Domingo García Gómez (membre du Conseil de Défense des Droits)
Juan Aguilar Guzmán (Trésorier principal)
Jerónimo Guzmán Méndez (ejidatario)

Faisons de cette lutte une manifestation de l’autre amour, l’amour solidaire pour la terre, pour les compas, pour un monde meilleur…

Nous appelons à manifester et à réaliser des actions de propagande et de diffusion à l’heure et le jour convenant à chacun, chacun à sa manière, dans tous les lieux possibles du Mexique et du monde, afin d’exiger la liberté immédiate de nos compagnons.

Traduction faite par liuvan
(traduction d’un extrait d’un communiqué du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité de l’Autre Campagne, en date du 10 mars 2011)
http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2011/03/10/convocatoria-a-tres-actividades-por-la-libertad-de-nuestros-companers-presos-politicos/)

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Dernier communique en date des adherents de l autre campagne bachajon, 8 mars 2011 :

Ejido San Sebastián Bachajon
Adhérents à l’Autre Campagne de la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone Chiapas, Mexico

Aux peuples du Mexique et du monde
A la presse nationale et internationale
A la société civile nationale et internationale
Aux organismes des droits humains
Aux grands médias et aux medias alternatifs
Aux compagnes et compagnons de l’Autre Campagne nationale et internationale

A travers cet écrit nous tenons à dénoncer publiquement le gouverneur de l’Etat du Chiapas Juan Sabines Guerrero et son secrétaire de gouvernement Noé Castañón león ainsi que le conseil aux droits humains de l’Etat du Chiapas, pour l’expulsion violente de nos compagnons le 2 février 2011 dernier par un groupe de priistes organisé par le gouvernement lui-même et par son secrétaire, à travers [la création] d’un groupe d’autorités indiennes de la municipalité de Chilon financé par les trois niveaux de gouvernement [municipal, chiapanèque et fédéral]. Cela leur permit d’arriver à leur objectif d’obtenir un accord avec les autorités de Tumbala et des officialistes de San Sebastian Bachajon afin que grâce aux accords signés soit concédé au gouvernement le centre écotouristique des cascades d’Agua Azul, qui será donc administré par la direction immobilière de l’Etat du Chiapas. Selon le rapport diffusé dans plusieurs médias le 8 mars dernier le conseil des droits humains de l’Etat du Chiapas a diffusé dans son communiqué que le problème qui a surgi du fait de la non présence de l’Autre Campagne [aux négociations] n’a pas résolu le conflit, et selon ce qui est écrit le [centre des droits humains] “FrayBa” ne doit pas intervenir dans le conflit car il ne fait que semer la división dans l’ejido, les accords étant réalisés par 2785 ejidatarios et 375 habitants [de l’ejido] d’Agua Azul qui ont donné à l’Etat un paquet de noms et de signatures des habitants des deux ejidos.

Si on prend en considération le fait que cet accord a été pris par l’assemblée du 3 au 5 février, normalement comme ejidatarios la coutume est de 15 jours de notification pour une convocation à l’assemblée, affichée dans des lieux visibles, et selon la loi agraire il doit y avoir 8 jours mínimum de délai, mais cette fois-ci la stratégie du mauvais gouvernement a été de deux jours, tout un processus honteux un accord sans valeur qui n’est qu’un mécanisme pour tromper la société et ainsi prendre possession de nos terres et de leurs ressources et malheureusement à cause de tout ça des compagnons à nous sont emprisonnés. [C’est pour cela que] les 7 et 8 mars de 2011 dernier des hommes et des femmes ejidatarios de San Sebastián Bachajon adherents à l’Autre Campagne nous avons réalisé un blocage de route au chef-lieu de San José en rebeldía au croisement d’Agua Azul de la route Palenque-Ocosingo, afin d’obtenir la libération immédiate de nos prisonniers injustement emprisonnés dans la prison Cereso n. 17, Playas de Catazajá, Chiapas et d’un mineur enfermé dans le centre de réadaptation pour mineurs délinquants de Villa Crisol, détenus le 3 février dernier par différentes autorités du gouvernement.

Et malheureusement pour tout cela nos compagnons sont incarcérés. En réponse à notre activité les 7 et 8 mars passés le conseil des droits de l’homme de l’Etat du Chiapas a diffusé un communiqué disant que des participants de l’Autre Campagne réalisaient un blocage armés de machettes et de bâtons, perturbant l’ordre public et commettant un délit sur des tiers selon la version du conseil, quand les compagnons qui manifestaient avaient pour meilleure arme leurs slogans et leurs exigences mais malheureusement pour ce conseil c’est honteux qu’en étant un organisme des droits humains il ne soit qu’un masque pour le mauvais gouvernement. Cet organe de défense du gouvernement a caché la véritable intention de spolier les terres avec violence, cruauté et haine. Courage pour ceux qui défendent leur dignité pour la terre, le territoire et leur autonomie. (…)

Afin que le gouvernement comprenne bien qu’ici c’est un territoire autonome et pas un endroit pour les projets des transnationales nous allons défendre nos terres et nos ressources sans se soucier des conséquences et si nous devons mourir pour cela il en será ainsi. Nous sommes dignes nous sommes les propriétaires originels et légitimes de ces terres héritage de nos ancêtres. Pour cette raison nous avons décidé de suspendre l’activité [de blocage de route] que nous étions en train de réaliser et nous allons chercher d’autres alternatives plus dures afin de continuer à exiger la liberté inconditionnelle de nos compagnons prisonniers politiques. Nous continuerons à démasquer ce mauvais gouvernement corrompu qui au travers de son armée voudrait nous intimider, comme les 7 et 8 mars où sont arrivés des policiers de différents services du gouvernement ainsi que l’agence fédérale d’investigation, tournant autour du chef-lieu où étaient concentrés les hommes femmes et enfants. On voit bien l’intention évidente du mauvais gouvernement d’en finir avec nos luttes sans se soucier de l’intégrité physique et mentale des hommes et des femmes, utilisant la violence et la cruauté afin d’arriver à son objectif donnant tout son sens à cette année de 2011. Les dernières années de gouvernement de Juan Sabines closent avec une broche en or tout une épopée de spoliation violente semant la mort et principal négociateur des transnationales.

Compagnons et compagnes adhérents de l’Autre Camapgne nationale et internationale cela n’est qu’une petite démonstration du mauvais gouvernement afin d’en finir avec nos luttes. C’est le moment le plus approprié pour mieux nous organiser et continuer à démontrer au gouvernement qui nous sommes réellement et pourquoi nous luttons, en démontrant au conseil des droits humains de l’Etat que nous sommes une organisation pacifique qui luttons pour nos terres nos territoires et nos ressources, qu’ils ne nous confondent pas avec leurs autorités du mauvais gouvernement.

SALUTATIONS

Tierra y Libertad
Zapata Vive la Lucha Sigue
Hasta La Victoria Siempre

Traduction faite par liuvan

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Déclaration du Réseau contre la Répression suite à la répression au Chiapas
Solidarité avec Bachajón, Mitzitón et le Conseil Autonome Régional de la Côte -Chiapas

Nous dénonçons avec indignation la nouvelle escalade de violence et de répression contre les communautés organisées de l’Autre Campagne au Chiapas. Nous sommes alarmés par les agressions dont nous avons été témoins durant le mois de février. Ces attaques ont été réalisées par l’État et par ses groupes paramilitaires contre les adhérents de la Sixième Déclaration de la forêt Lacandonne :

Le 2 et 3 février, 117 personnes des terres communales de  San Sebastian Bachajón ont été arrêtées. Actuellement 10  compañeros sont encore prisonniers : Mariano Demeza Silvano (mineur, il a 17 ans), Domingo Pérez Álvaro (faisant partie de la Commission de promotion), Pedro Hernández López (secrétaire du commissariat des terres communales), Miguel López Deara (suppléant du conseil des terres communales), Domingo García Gómez (membre du Comité de défense des droits), Juan Aguilar Guzmán (trésorier principal), Pedro García Álvaro (ayant un handicap mental), Jerónimo Guzmán Méndez (membre des terres communales), Pedro López Gómez (membre des terres communales) et Miguel Álvaro Deara (membre des terres communales)

Les adhérents de Bachajón ont été emprisonnés parce qu’ils ont exigé que soient respectés leurs droits historiques collectifs en tant que peuples indigènes. Le 12 février 2011 cinq agents du gouvernement de l’Etat sont venus à San José en Rebeldía pour négocier la libération des dix adhérents séquestrés par l’État en échange de l’administration du péage d’Agua Azul. En plus de cela ils prétendaient marchander le renoncement à la libre détermination du territoire alors que celle-ci est un droit non négociable.

Le Village Organisé de Mitzitón n’a cessé d’être agressé depuis qu’il s’est opposé au mégaprojet de l’autoroute San Cristobal-Palenque en mars 2009. Harcèlement et menaces récurrentes de la part du groupe paramilitaire  Ejército de Dios Alas de Aguila sont à l’origine de la mort d’Aurelio Díaz Hernández l’année dernière. Ces derniers temps et en particulier le 13 février 2011 les agresseurs sont revenus attaquer les adhérents, parmi lesquels deux ont été séquestrés et sévèrement frappés. Par la suite les paramilitaires de l’Ejército de Dios ont tiré vers la communauté. Carmen Jiménez Heredia a été touchée par une balle et a été admise à l’hôpital de Las Cultutas dans un état grave.

Le Conseil autonome de la région de la Côte et le Centre des droits humains Digna Ochoa.

Le 22 février, 56 personnes ont été retenues alors qu’elles effectuaient un blocage de solidarité dans le cadre de la journée de protestation régionale de l’Autre Campagne pour l’arrêt de la répression contre les adhérents de San Sebastian Bachajon, les prisonniers de La Voz del Amate, les personnes solidaires en jeûne et le Village Organisé de Mitzitón. Jusqu’a présent nous savons que sur 16 personnes détenues, il reste trois compañeros en prison. Il s’agit de Nataniel Hernández, José María Martínez Cruz y Eduardo Alonso, qui sont des défenseurs des droits humains, à qui, il a été refusé la visite de leurs familles et de leurs avocats. C’est pourquoi, nous craignons qu’on tente de leur faire signer des aveux sous la torture physique ou psychologique.

Face à cette escalade de violence de la part de l’État, de l’armée mexicaine, des forces de sécurité, des groupes paramilitaires et des médias officiels, il est plus qu’évident qu’une offensive est en cours contre les communautés, les organisations, les collectifs et les personnes qui luttent pour un Mexique avec une justice pour tous et qui s’opposent à la mise en place des projets néolibéraux comme le projet Méso-Amérique, qui implique le dépouillement et la privatisation du territoire indigène.

Nous lançons donc un appel à toutes les personnes qui ont un cœur en bas et à gauche pour qu’elles se manifestent selon leurs modes et formes d’actions. Selon les temps et les espaces où chacune et chacun choisira sa tranchée de lutte en solidarité avec Bachajón, Mitzitón, le Conseil autonome régional de la Côte et le Centre des droits humains Digna Ochoa.

Les dernières informations signalent que les trois avocats du Centre de Droits de l’Homme Digna Ochoa ont été libérés le mercredi 2 mars pendant la nuit.

Source : http://www.redcontralarepresion.org/

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